BE-WAL211181Enacted

Circular Wallonia — strategy for deploying the circular economy (2021)

Jurisdiction:
BE-WAL
Type:
Other · EPR · Incentives · Organics Diversion · Labeling
Last action:
Jan 1, 2021
Plastic PackagingPaper PackagingGlassMetalsElectronicsBatteriesTextilesConstructionOrganicsBiobasedAgricultureWaterBiodiversity
Next steps for producers

Review this measure’s obligations and confirm whether they reach your products

Applies toNot explicitly defined in this strategic document; the strategy addresses producers, manufacturers, construction sector actors, industrial operators, agri-food actors, and public contracting authorities (pouvoirs…

Obligations under this law
  • ·Construction sector actors must integrate circularity principles into design, construction, renovation, and demolition projects.
  • ·Public contracting authorities must integrate circular economy principles into public works contracts for construction, demolition, maintenance, and renovation, as well as subsidised similar works.
  • ·Producers and construction companies must organise sorting and valorisation of construction site waste.

No designated program action is recorded for this measure yet — treat the above as the general obligation and verify against the source text.

Comprehensive regional circular-economy strategy (2021) establishing multi-axis framework across production, consumption, waste management, and five priority value chains (construction, water, metallurgy, textiles, plastics, food systems); advances circular principles through producer engagement, resource management, source-separation, and biological-cycle integration (soil, biomass, organics).
Covered Products
  • ·Construction materials and buildings
  • ·Water and wastewater resources
  • ·Textiles and fibres
  • ·Plastics
  • ·Metals (including rare metals and batteries)
  • ·Food and agri-food products
  • ·Wood and derived products
  • ·Mineral/inert construction waste (concrete, insulation, etc.)
  • ·Biosourced materials for eco-construction
Producer Obligations
  • ·Construction sector actors must integrate circularity principles into design, construction, renovation, and demolition projects.
  • ·Public contracting authorities must integrate circular economy principles into public works contracts for construction, demolition, maintenance, and renovation, as well as subsidised similar works.
  • ·Producers and construction companies must organise sorting and valorisation of construction site waste.
  • ·Producers of construction materials are encouraged to develop reusable/reversible products and integrate reuse channels for their own products.
  • ·Industrial operators are encouraged to participate in water reuse (ReUse) programmes for treated wastewater.
  • ·Agri-food and industrial actors are encouraged to adopt circular practices within their value chains.
  • ·Actors in the textile sector are encouraged to use local, recycled, or natural fibres and adopt eco-design.
  • ·Public and private prescribers are encouraged to use locally sourced recycled fibres in textiles.
  • ·Actors must participate in pre-deconstruction inventory obligations linked to transposition of EU Waste Directives into Walloon law.
  • ·Enterprises wishing to evolve toward greater circularity may undergo company diagnostics by designated advisors.
Key Deadlines
—other: Annual launch of 'Chantiers Circulaires' call for projects (construction sector), with two categories: circular construction sites and circular products/services. No specific calendar year given.
—other: Selection of 5 demonstrator projects in circular construction via a call for projects. No specific date given.
—other: Development of a pre-deconstruction inventory tool linked to transposition of EU Waste Directives into Walloon law. No specific date given.
—other: Integration of circularity indicators into the TOTEM tool and generalisation of its use for public projects. No specific date given.
—other: Adaptation of 'Qualiroute' specifications and the standard building specifications (CCTB) to integrate circular economy. No specific date given.
Producer Definition
Not explicitly defined in this strategic document; the strategy addresses producers, manufacturers, construction sector actors, industrial operators, agri-food actors, and public contracting authorities (pouvoirs adjudicateurs) broadly.
Fee Structure
Unknown: No fee structure is defined in this strategic document. The strategy mentions that fiscal and taxation mechanisms should be rethought to promote circular models and penalise non-circular models, but no specific fee structure or amounts are set out.
Enforcement
Not specified in this document.: Not specified. The strategy mentions possible regulatory modifications following lessons from pilot projects, but no enforcement penalties are defined.
Preemption Notes
This is a regional strategic framework document, not binding legislation. It signals intent to develop future regulatory measures. Producers should monitor subsequent Walloon regulatory instruments that may implement binding obligations.
Compliance Dimensions
Recycled-Content MinimumsConstruction works (public procurement)

“Une réflexion sera menée sur la définition d'un taux de matières recyclées à exiger dans les marchés de travaux et sur les modalités pour le rendre réglementaire.”

Tracking dates like these across a whole portfolio of jurisdictions is what Upcoming Deadlines does.

Full bill text

CIRCULAR
WALLONIA
Stratégie de déploiement
de l’économie circulaire
2021

2
TABLE DES
MATIÈRES
3
I. INTRODUCTION 4
II. ÉTAT DES LIEUX ET OPPORTUNITÉS 9
III. LA WALLONIE CIRCULAIRE 14
IV. CHEMIN VERS UNE ÉCONOMIE CIRCULAIRE 17
PREMIER AXE Production et offre de biens et services circulaires 20
AMBITION 1 : Être une Région avec un écosystème économique et
industriel engagé dans l’économie circulaire 22
AMBITION 2 : Être une Région pionnière dans les innovations
circulaires et leader au niveau européen 27
AMBITION 3 : Être une Région qui gère et exploite ses ressources
naturelles de manière circulaire (eau, bois, sols, biomasse, etc.) 31
DEUXIÈME AXE Demande et consommation de biens
et services circulaires 35
AMBITION 4 : Mettre en capacité les consommateurs 36
AMBITION 5 : Faire de la Région un acteur exemplaire 40
TROISIÈME AXE Mobilisation de tous les acteurs 42
AMBITION 6 : Informer, éduquer et former tous les acteurs
à l’économie circulaire 43
AMBITION 7 : Mettre en place une dynamique pérenne avec
les acteurs de la Région 47
QUATRIÈME AXE Gestion des déchets-ressources 49
AMBITION 8 : Faire de la prévention des déchets
une opportunité pour tous 52
AMBITION 9 : Améliorer les connaissances relatives
aux déchets-ressources 54
AMBITION 10 : Amplifier la politique de tri à la source
et le meilleur traitement des déchets 56
CINQUIÈME AXE Chaînes de valeur prioritaires 58
> La construction et les bâtiments  68
> L’eau 74
> La métallurgie (en ce compris métaux rares et batteries) 80
> Les textiles 85
> Les matières plastiques  90
> L’industrie alimentaire et les systèmes alimentaires 94
V. GOUVERNANCE 97
Les instances de gouvernance de la Stratégie 98
Une approche qui favorise l’animation, la mobilisation,
et le networking 103
Monitoring de la Stratégie et du déploiement
de l’économie circulaire en Wallonie 104
GLOSSAIRE 105
ACRONYMES 108
4
1
INTRODUCTION
5
a Wallonie nourrit une triple ambition :
une ambition sociale, une ambition
écologique et une ambition économique1.
Le déploiement d’une économie circulaire
contribuera à l’atteinte de cette triple ambition.
L’économie circulaire peut, en effet, permettre à la
Wallonie de gagner en prospérité tout en apportant
une solution aux défis sociétaux auxquels elle
fait face, qu’il s’agisse de la pauvreté, des change -
ments climatiques, de la perte de la biodiversité ou
de l’épuisement des ressources naturelles.
Plus de résilience face aux crises
La récente pandémie mondiale a mis en exergue la
vulnérabilité de notre économie face à des éléments
externes liés à la mondialisation des chaînes de
valeur. Le déploiement de l’économie circulaire
dans le contexte économique actuel peut et doit
contribuer à la relance de l’économie et à la mise
en place d’une économie régénérative qui opère
dans les limites de la planète.
Cette transition permettra également à la Wallonie
d’améliorer sa résilience face aux futures crises, en
intégrant pleinement le changement de cap imposé
notamment par le dérèglement climatique, et en
s’assurant notamment une plus grande indépen -
dance en termes de ressources et par rapport à
des chaînes logistiques globales. Elle permettra
également un impact réduit sur l’environnement
grâce à la diminution de l’extraction des ressources
et une meilleure prise en compte de la capacité de
charge de la planète.
Dans ce cadre-là, une réflexion sur la relocalisation2
de certaines filières, comme le secteur de la santé
(dont la production de médicaments et d’équipe -
ments), les productions agricoles, l’alimentation et
1 Phrase d’introduction de la Déclaration de Politique Régionale (DPR) 2019-2024. https://www.wallonie.be/sites/default/files/2019-09/declaration_politique_regionale_2019-2024.pdf
2 La relocalisation de certains secteurs produisant des biens essentiels ne doit pas être confondue avec une « démondialisation ». Cette dernière reste indispensable pour assurer le
niveau de vie de la population et apporter des solutions aux problématiques existantes (environnementales, sociales, etc.).
le textile, et sur la sécurité d’approvisionnement de
secteurs prioritaires wallons, doit être amorcée.
L’économie circulaire a par ailleurs été mise en avant
par les participants aux travaux de « Get Up Wallonia !»
lancés par le Gouvernement wallon le 22 avril 2020.
Elle fait également partie intégrante du Plan de relance
impulsé par l’Europe au travers de la « Facilité pour la
reprise et la résilience » (ou Resilience and Recovery
Facility – RRF). Elle est également au cœur de la mise
en œuvre du Plan wallon des déchets-ressources
(adopté par le Gouvernement wallon le 22 mars 2018)
et de la Stratégie de Spécialisation intelligente (S3 )
wallonne renouvelée et de ses ‘Domaines d’Inno -
vation Stratégiques’. Enfin, cette transition s’inscrit
pleinement dans l’atteinte des Objectifs de dévelop-
pement durable adoptés au niveau des Nations unies.
Des opportunités économiques à saisir
L’économie circulaire contribue à la croissance
économique et à la compétitivité, en accélérant
et renforçant les démarches déjà entreprises par les
« early movers », et en développant de nouveaux
produits, procédés ou encore services, dont certains
à forte valeur ajoutée. Les pratiques d’économie
circulaire permettent de découpler croissance
économique et utilisation des ressources
naturelles, de manière à réduire les impacts
environnementaux associés et à contribuer à la
restauration de l’environnement, tout en renfor -
çant la compétitivité des entreprises et en créant
des emplois.
L’économie circulaire est une source d’innovation
pour les entreprises ; elle offre une opportunité de
produire différemment, de proposer des services
variés, de réutiliser efficacement les ressources
existantes, de favoriser le recours aux ressources
renouvelables, de consommer différemment,
L
6
I. Introduction I. Introduction
d’éviter les pertes et les gaspillages, et de gagner
ainsi en rentabilité. De nouveaux modèles écono -
miques, qui bousculent les modes de pensées et les
secteurs d’activités traditionnels, apparaissent. Les
entreprises wallonnes gagneront à se positionner
en pionnières sur le marché belge et européen,
voire mondial.
Ainsi, à travers de nouvelles technologies et
pratiques innovantes, l’économie circulaire contri -
buera à la transition énergétique et à celle vers le
« zéro-déchet », en réduisant la consommation
de matières premières et d’énergie. Elle permet
notamment la préservation des ressources dites
stratégiques. Pour les déchets qui sont difficilement
ou non évitables, la stratégie visera à ce que ceux-ci
soient valorisés au maximum, dans le respect de la
hiérarchie des modes de gestion des déchets, qui
privilégie en premier la réutilisation et la prépa -
ration au réemploi avant la valorisation matière et
ensuite la valorisation énergétique.
La transition numérique et l’économie circu -
laire sont fortement liées. D’un côté, les outils et
usages numériques constituent des leviers ou des
accélérateurs pour mettre en œuvre la transition
vers l’économie circulaire. De l’autre, les gains de
productivité sur les ressources apportées par l’éco -
nomie circulaire ainsi que la récupération et la
valorisation des matières contenues dans le maté -
riel électronique (entre autres métaux et terres
rares) sont indispensables afin de permettre aux
citoyens de bénéficier du potentiel de la révolu -
tion numérique tout en respectant les limites de
la planète.
De la création d’emplois et d’entreprises
en Wallonie
Mettre en œuvre une stratégie d’économie circu -
laire, c’est également mettre en place les conditions
de relocalisation d’activités, et saisir ainsi des
opportunités de nouvelles activités à haut potentiel
d’emplois. Les emplois créés par l’économie circu -
laire seront en très grande partie non délocalisables
car basés sur l’offre de services, d’échanges et de
coopérations ou sur de l’animation territoriale ; ils
peuvent aussi offrir des voies de reconversion pour
les travailleurs de secteurs en déclin. Une atten -
3 L’économie circulaire est un élément incontournable du Plan Air Climat Énergie (PACE) qui doit permettre à la Wallonie d’accélérer sa transition vers une société bas carbone, au travers
d’un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de -55% par rapport à 1990 en 2030 et l’atteinte de la neutralité carbone en 2050, de façon à rencontrer les objectifs
de l’Accord de Paris de 2015.
tion particulière sera portée aux très petites (TPE) et
aux petites et moyennes entreprises (PME) afin de
les soutenir face à ces défis. Par ailleurs, une atten -
tion sera également portée aux grandes entreprises
qui peuvent induire un effet levier important en
termes d’emplois et d’activités économiques avec un
effet d’entraînement important pour les PME et TPE.
Dans le cadre de la nouvelle stratégie Alternativ’ES
Wallonia (2019-2024), l’économie sociale et coopé-
rative sera aussi au cœur de cette stratégie et aura
pour ambition notamment de soutenir l’innovation
sociale et de faciliter le processus de création d’en -
treprises d’économie sociale dans cinq secteurs
prioritaires (économie circulaire, circuits-courts
alimentaires, énergie renouvelable, logement social
et secteur culturel).
L’économie sociale sera aussi au cœur de cette
stratégie : les initiatives déjà prises depuis plusieurs
années méritent d’être poursuivies et renforcées
pour favoriser la réutilisation, et soutenir le déve -
loppement et l’insertion sociale par l’accès à l’emploi
des personnes moins qualifiées, en rupture sociale
ou ayant un handicap.
Pour un environnement préservé et régénéré
Au travers du déploiement de l’économie circu -
laire, la Wallonie entend évoluer vers une société
prospère et durable, dans laquelle les aspects
économiques, sociaux et environnementaux de
son développement se renforceront.
La Région consommera les ressources natu -
relles, renouvelables et non renouvelables, en
respectant les limites planétaires. L’air, l’eau, les
minerais et métaux, les sols, la biomasse, la biodi -
versité et les services écosystémiques seront pris en
compte dans cette stratégie pour éviter au maximum
les impacts négatifs des modes de consommation et
de production sur l’environnement, pour progressi-
vement régénérer la biodiversité et les écosystèmes,
et pour réduire les émissions atmosphériques de
polluants et de gaz à effet de serre Le modèle circu -
laire permettra de diminuer la consommation des
énergies fossiles et le prélèvement des ressources
naturelles, et de les substituer par des énergies
renouvelables3.
7
I. Introduction
L’économie circulaire visera également à promou -
voir les solutions fondées sur la nature, c’est-à-dire
des actions visant à protéger, à gérer de manière
durable et à restaurer des écosystèmes, naturels
ou modifiés, pour relever directement les défis
sociétaux de manière efficace et adaptative, tout
en assurant le bien-être humain et en produisant
des bénéfices pour la biodiversité et le climat. Ces
solutions constituent une excellente opportunité
d’optimisation de l’utilisation des ressources.
L’aspect territorial est un maillon essentiel pour
déployer les solutions promues par l’économie
circulaire et pour offrir des opportunités de créa -
tion de valeur tout en valorisant les potentialités
et ressources locales. Toutes les ressources du
territoire seront ainsi mobilisées, notamment
en repensant la planification et l’aménagement
en termes d’optimisation de flux de matières et
d’énergie, de synergies, de substitution, d’optimi -
sation de l’usage des espaces par la mutualisation,
le partage ou la multiplication des fonctions asso -
ciées aux lieux, et en bénéficiant de la multitude de
services rendus par les écosystèmes. La transition
vers une économie circulaire aura également un
impact sur la mobilité et le transport, dont celui des
marchandises.
Une dynamique européenne et internationale
Cette transition vers une économie circulaire s’inscrit
pleinement dans l’atteinte des 17 Objectifs de déve-
loppement durable4 adoptés au niveau des Nations
unies, en particulier dans l’atteinte des objectifs 8
« Travail décent et croissance économique  » et 12
« Modes de consommation et production durables  ».
Elle vise également à contribuer aux engagements
internationaux en matière de protection de l’envi -
ronnement ; citons en particulier l’Accord de Paris
sur les changements climatiques et la Convention
des Nations unies sur la biodiversité.
L’économie circulaire est aujourd’hui un thème
majeur de l’agenda international et européen. Elle
figure notamment parmi les thèmes prioritaires du
Pacte vert européen (qui en a fait un de ses axes
de base : «  Mobiliser l’industrie pour une économie
4 La Commission européenne compte également atteindre les objectifs de développement durable des Nations unies d’ici 2030. L’Union européenne a d’ailleurs commencé à intégrer
ces objectifs dans son analyse annuelle des politiques budgétaires nationales, dans ce que l’on appelle le Semestre européen. Les questions liées à l’économie et à l’emploi y sont
analysées avec une attention particulière.
5 Définition de la Commission européenne.
propre et circulaire  »), et des nouvelles directives en
matière de déchets, et elle a fait l’objet en mars 2020
d’un deuxième plan d’action de la Commission
européenne.
Avec cette stratégie, la Wallonie veillera à s’inscrire
dans cette dynamique, ainsi qu’à renforcer et coor -
donner les politiques publiques en son sein et avec
les autres niveaux institutionnels.
Les principes de l’économie circulaire
S’il existe de nombreuses manières de définir l’éco-
nomie circulaire, il existe néanmoins un consensus
des experts sur le fait que les éléments suivants
constituent le cœur de ce modèle :
> L’optimisation de l’utilisation des ressources,
quelles qu’elles soient ;
> Le découplage de la croissance économique et de
la consommation de ressources naturelles.
La Commission européenne définit l’économie
circulaire comme une économie dans laquelle «  les
produits et les matières conservent leur valeur le
plus longtemps possible ; les déchets et l’utilisation
des ressources sont réduits au minimum et, lors -
qu’un produit arrive en fin de vie, les ressources qui
le composent sont maintenues dans le cycle écono-
mique afin d’être utilisées encore et encore pour
recréer de la valeur  »5.
Ainsi, l’économie circulaire touche à l’ensemble
du cycle de vie des produits et services. Elle vise
à maintenir la valeur et l’utilité des produits et des
ressources à leur plus haut niveau de valeur, en
dépassant la vision de la seule gestion des déchets
ou de l’efficacité des ressources dans les modes de
production. Un principe également associé à la
mise en œuvre de l’économie circulaire est d’en -
courager le recours aux ressources renouvelables
tout en veillant à la préservation et la régénéra -
tion du capital naturel dont la biodiversité et les
écosystèmes.
Une notion s’intégrant en partie dans l’économie
circulaire est l’économie biobasée. L’économie
biobasée renvoie à l’ensemble des activités de
8
I. Introduction
I. Introduction
production et de transformation de la biomasse en
produits et matériaux ou en bioénergie 6.
Une dynamique régionale à renforcer
La Wallonie ne part pas d’une page blanche.
Depuis plusieurs années, une variété d’initiatives et
de dispositifs ont vu le jour notamment en matière
d’accompagnement, de financement de projets,
de réutilisation, de réemploi et de gestion des
déchets-ressources.
Le Plan wallon des Déchets-Ressources (PWD-R),
adopté le 22 mars 2018, a marqué une évolution
dans la politique de gestion des déchets en y inté -
grant les principes de l’économie circulaire.
Une résolution visant à soutenir le développement
de l’économie circulaire en Wallonie a été adoptée
à l’unanimité par le Parlement wallon le 3 mai 2019.
Les travaux réalisés dans le cadre de cette réso -
lution ont mis en avant l’importance d’adopter
une Stratégie régionale rassemblant les différents
acteurs et exploitant le potentiel considérable de
l’économie circulaire pour la Wallonie.
6 European commission, 2018, A sustainable bioeconomy for Europe : strengthening the connection between economy, society and the environment
7 Une liste de ces stratégies et plans en lien avec l’économie circulaire est consultable dans la note préparatoire de la Stratégie.
Les travaux réalisés préalablement pour la mise en
place d’une stratégie de développement de l’éco -
nomie biobasée en Wallonie ont permis d’identifier
des actions de soutien qui sont incluses dans la
présente stratégie.
Vu la transversalité des enjeux, d’autres plans et
stratégies de la Région abordent certains pans de
l’économie circulaire, notamment : le Plan wallon
des Déchets-Ressources, le Plan Air Climat Énergie,
l’initiative Get Up Wallonia !, la Stratégie de déve -
loppement durable, la Stratégie de Spécialisation
intelligente, la Stratégie Régionale de mobilité,
la Stratégie à long terme pour la rénovation éner -
gétique des bâtiments, les Alliances Emploi
Environnement, la Stratégie de la Wallonie pour
soutenir le développement de l’économie sociale
« Alternativ’ES » 7.
Cette Stratégie se veut cohérente avec ces autres
documents stratégiques, et entend renforcer et
amplifier la dynamique régionale en économie
circulaire.
Le chemin tracé dans les chapitres suivants contri -
buera à une Wallonie prospère, durable et motrice
du progrès en Belgique et en Europe.

La transition vers une économie circulaire nécessite une approche systémique et participative. Ainsi, la stratégie a été
construite en intégrant des préoccupations économiques, sociales et environnementales et en suivant une démarche
à la fois top-down et bottom-up.
Le Gouvernement wallon a lancé les travaux le 21 janvier 2020. De février à mai, la Direction du développement durable
et la Direction de la politique économique, cellule de coordination de Circular Wallonia, ont rencontré 31 parties
prenantes et consulté 23 administrations. Un travail d’analyse de ressources documentaires et d’expériences issues
d’autres pays et régions a également été mené. Un condensé de ces travaux se retrouve dans le rapport préparatoire
de la Stratégie.
Ces travaux ont abouti à un avant-projet de stratégie, qui a été présenté le 3 juillet 2020 à 74 organisations, avant
d’être adopté par le Gouvernement le 16 juillet 2020.
En été, des consultations auprès des Wallons et des parties prenantes, ont été menées afin d’enrichir et de compléter
l’avant-projet. En parallèle, des tables rondes avec les acteurs clés des filières concernées ont permis de définir les
actions prioritaires pour les six chaînes de valeur et de créer une dynamique régionale. La méthodologie suivie pour
les chaînes de valeur est explicitée dans l’axe 5.
Ces différents processus ont abouti à l’élaboration de la présente Stratégie.
PROCESSUS PARTICIPATIF D’ÉLABORATION DE CIRCULAR WALLONIA
9
I. Introduction
2
ÉTAT DES LIEUX ET
OPPORTUNITÉS
10
II. État des lieux et opportunités II. État des lieux et opportunités
ette section présente un bref état des lieux
et des opportunités de l’économie circulaire
en Wallonie. Une analyse plus détaillée
figure dans le rapport préparatoire.
Activité économique et marché du travail
en Wallonie
Malgré une légère stabilisation ces dernières
années, l’industrie voit sa part dans l’économie
diminuer au profit d’une tertiarisation de l’éco -
nomie. Néanmoins, cette situation n’est pas propre
à la Wallonie ou à la Belgique ; elle se produit dans
nombre de pays européens et il s’agit d’une tendance
de long terme. En 2018, l’industrie wallonne repré -
sentait 23 % de la valeur ajoutée brute et 18 % de
l’emploi intérieur total.
En outre, sur les années récentes, ce sont les
services qui ont contribué le plus à la croissance
de l’activité économique wallonne. Certaines
branches d’activités industrielles contribuent
grandement à la croissance de la valeur ajoutée brute
wallonne avec une importance notable du secteur
de la construction, des industries alimentaires, de
l’industrie pharmaceutique et de la fabrication de
produits métalliques.
L’emploi total, était de 1 281 208 personnes en
Wallonie en 2018, se ventilant entre personnes
salariées et indépendantes (respectivement 82 % et
18 %). La situation observée pour la valeur ajoutée se
remarque aussi au niveau de l’emploi intérieur wallon
au cours des années récentes. Un plus grand nombre
d’emplois a été créé dans le secteur des services et
plus de 80 % de l’emploi total se retrouvent dans
ce même secteur.
Alors que nous assistons à de profonds change -
ments économiques (tertiarisation, fragmentation et
mondialisation des processus de production de biens
8 L’utilisation des ressources naturelles est mesurée par l’indicateur appelé « consommation intérieure de matières » (en anglais « Domestic Material Consumption », DMC) qui corres-
pond aux prélèvements locaux de matières utilisées et aux importations internationales auxquelles on soustrait les exportations internationales.( http://etat.environnement.wallonie.
be/contents/indicatorsheets/RESS%201.html)
et services, récession mondiale), l’industrie se doit
d’être au cœur de notre économie. En effet, l’in -
dustrie reste un facteur clé de notre développement
économique et de notre résilience, pour innover,
pour améliorer notre productivité, pour construire
la croissance de demain et pour exporter davantage.
Consommation en matières et productivité
des ressources
La consommation intérieure de matières 8 porte
notamment sur les matières suivantes : les métaux,
les minéraux non-métalliques (minéraux de construc-
tion, minéraux industriels), la biomasse (production
agricole, production sylvicole, co-produits / résidus
organiques) et les combustibles et matières d'origine
fossile. En Wallonie, elle était estimée à 20,6 tonnes
par habitant en 2013, un niveau plus élevé que celui
de la Belgique (13,6 tonnes/habitant) ou de l’UE-28
(13 tonnes/habitant). Celle-ci a diminué en Wallonie
de près de 7 % entre 2002 et 2013, passant de 78,6 à
73,3 millions de tonnes sur la période, ce qui s’explique
par une évolution globale à la baisse des exportations.
Ces chiffres doivent cependant être nuancés, la
consommation intérieure de matières ne tient
compte que des flux de matières apparents et serait
donc supérieure si on intégrait les flux indirects qui
ne sont pas physiquement importés ou exportés et
qui prennent part au cycle de vie d’un produit. Dans
ce cas, la consommation totale de matières pour la
Région wallonne passerait d’après certaines études
à 133 millions de tonnes à la place de 73 millions de
tonnes.
Toute activité économique nécessite des ressources
et de l’énergie. Cette relation entre l’activité écono-
mique et les ressources utilisées peut se quantifier à
l’aide d’indicateurs, souvent harmonisés au niveau
européen. Parmi ceux-ci, figure la productivité des
ressources.
C
11
II. État des lieux et opportunités
La productivité des ressources9 reflète la valeur de
l’activité économique (PIB) par unité de ressource
consommée (DMC) par l’économie et s’exprime en
euros par kilogramme de matières. Plus la producti-
vité des ressources est élevée, plus l’utilisation des
ressources est jugée efficiente.
9 Source : https://www.iweps.be/indicateur-statistique/productivite-des-ressources/
En Wallonie, sa valeur était de 1,18 €/kg en 2013.
Elle était en légère augmentation sur 10 ans mais de
loin inférieure à la valeur belge ou européenne
(graphique 1).
Figure 1 : Productivité des ressources en €/kg
Source : ICEDD, Eurostat ; Calculs IWEPS (juin 2020)
Génération de déchets en Wallonie
Environ 26 500 kilotonnes de déchets sont générées annuellement en Wallonie. Le graphique ci-dessous illustre
la part importante du secteur tertiaire (y compris de la construction) dans la quantité totale de déchets produits.
Figure 2 : Estimation du gisement total de déchets en Wallonie par Catégorie de déchets (2012-2013)
5,8%
1.526.444
1,4%
358.055
0,4%
95.225
3,7%
981.679
2,2%
574.809
1,3%
339.000
1,6%
424.079
0,1%
29.150
0,2%
43.503
1,4%
369.618
17,5%
4.636.000
19,5%
5.143.6246,9%
1.829.300
37,8%
10.000.000
0,1%
23.933
0,2%
48.598
Déchets ménagers - Activité usuelle des ménages
(Déchets ménagers - Assimilés)
(Autres déchets collectés par les communes (corbeilles, marchés, voiries, dépôts clandestins…)
(Déchets non dangereux, non inertes et non ménagers assimilables (~ DIB) : estimation basse)
(Déchets non dangereux, non inertes et non ménagers assimilables (~ DIB) + estimation haute)
Déchets industriels (secteur secondaire) non dangereux
Déchets industriels (secteur secondaire) dangereux
(Déchets dangereux des secteurs primaire et tertiaire)
(Déchets de construction et de démolition (hors parcs à containeurs) : estimation basse)
(Déchets de construction et de démolition (hors parcs à containeurs) + estimation haute)
(Terres excavées)
Sédiments extraits des voies d'eau navigables
Boues de station d'épuration collectives
Déchets agricoles (bâches, PPNU, animaux morts)
Pneus usés
Véhicules hors d'usage
Les gisements de déchets pour lesquels persistent des incertitudes
sont indiqués en italique et entre parenthèses
2003 20072004
Wallonie Belgique EU-28
2008 20112005 2009 20122006 2010 2013
2,50
2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
12
II. État des lieux et opportunités II. État des lieux et opportunités
Concernant les déchets industriels 10 en particu -
lier, les valorisations matières 11 et énergétiques
représentaient respectivement 67 ,8 % et 22 % du
gisement de 2556 kt de déchets industriels gérés
en 2017 (sur base des résultats obtenus pour
un échantillon d’entreprises 12). Sur la période
1995 - 2016, ces proportions étaient estimées en
moyenne à 89,5 % et 10,1 %. Les principaux flux de
10 État de l'environnement wallon http://etat.environnement.wallonie.be/contents/indicatorsheets/DECHETS%205.html?thematic=b1275a06-3531-44d0-a8d4-42d3d9ddb93c.
11 Valorisation des déchets pour leur contenu en matières métalliques, minérales, organiques, etc.
12 Ces données sont issues des résultats de l’Enquête intégrée environnement. Dans le cadre de cette enquête, les 116 établissements répondants issus de l’industrie manufacturière,
extractive et de production d’énergie en Wallonie doivent renseigner les types de déchets que leur activité génère, les quantités de déchets générées et le traitement final qui leur est
appliqué.
13 B.E.FIN, 2017, Étude stratégique — Économie Circulaire
14 Dans cette étude, les répercussions de ce type de projet sont estimées par des intervalles donnés, 0 à 5 % ou 5 à 10 %. Ces intervalles présentés au dans le tableau 4, traduisent la
part de la valeur ajoutée générée par des projets d’économie circulaire pour différents secteurs d’activité.
déchets valorisés étaient des résidus d’opérations
thermiques (laitiers, scories ou cendres volantes)
valorisés en cimenterie ou en génie civil, des
déchets végétaux (pulpes, radicelles ou mélasse)
valorisés en tant que nourriture pour le bétail et
des déchets métalliques ferreux (mitrailles, pailles
et chutes diverses) recyclés en métallurgie et
production métallique.
Tableau 1: gestion des déchets industriels en Wallonie, par mode de gestion (2017) - Etat de l'environnement wallon
MODES KT %
Valorisation matières non métalliques 1 384 54.1%
Valorisation matières métalliques 349 13.7%
Valorisation énergétique 562 22.0%
Autres valorisations 4 0.2%
Incinération 3 0.1%
Mise en centre d'enfouissement technique 222 8.7%
Autres éliminations 32 1.3%
Total 2556 100.0%
Le taux moyen de valorisation des déchets industriels dans l'échantillon est important (90 %), mais reste
néanmoins tributaire de l’existence de tonnages suffisants de flux de déchets homogènes, de l’organisation
d’un tri à la source, de la connaissance des caractéristiques physico-chimiques des déchets, de la présence
de filières de valorisation adéquates et de la valeur économique des déchets.
Bénéfices potentiels de l’économie circulaire en Wallonie
Les bénéfices potentiels de l’économie circulaire en Wallonie ont été estimés, entre autres, dans le cadre
d’une étude réalisée sur l’économie circulaire en 201713. Il est supposé que les retombées des projets d’éco -
nomie circulaire sont proportionnellement identiques aujourd’hui14.
Dans le cadre de cette étude, une enquête effectuée auprès d’entreprises a montré qu’en moyenne 32 %
des entreprises interrogées étaient actives en économie circulaire, avec des disparités selon les
secteurs : 22% des entreprises au niveau du secteur de la construction et 25 % au niveau de la métallurgie,
notamment.
En Wallonie, les projets d’économie circulaire dans l’industrie contribueraient à la création de valeur
ajoutée variant de 173 à 488 millions d’euros (ce qui représente entre 1 et 2 % de la valeur ajoutée totale de
l’industrie wallonne). Par ailleurs, ils généreraient 3 500 emplois, soit 1,5 % de l’emploi industriel wallon.
13
II. État des lieux et opportunités
Tableau 2 : Impacts potentiels de l'économie circulaire sur la création de valeur ajoutée
BRANCHES D'ACTIVITÉ INDUSTRIELLES Part de la valeur
ajoutée (en %)
Industries extractives (BB) 0 à 5
Fabrication de denrées alimentaires, de boissons et de produits à base de tabac (CA) 0 à 5
Fabrication de textiles, industrie de l'habillement, industrie du cuir et de la chaussure (CB) 0 à 5
Travail du bois, industrie du papier et imprimerie (CC) 0 à 5
Cokéfaction et raffinage (CD) 0 à 5
Industrie chimique (CE) 5 à 10
Industrie pharmaceutique (CF) 0 à 5
Fabrication de produits en caoutchouc et en plastique ainsi que d'autres produits minéraux non métalliques (CG) 3,5 à 8,5
Métallurgie et fabrication de produits métalliques, à l'exception des machines et des équipements (CH) 5 à 10
Fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques (CI) 0 à 5
Fabrication d'équipements électriques (CJ) 0 à 5
Fabrication de machines et équipements n.c.a. (CK) 0 à 5
Fabrication de matériels de transport (CL) 3,8 à 8,8
Autres industries manufacturières; réparation et installation de machines et d'équipements (CM) 0 à 5
Production et distribution d'électricité, de gaz, de vapeur et d'air conditionné (DD) 5 à 10
Production et distribution d'eau; assainissement, gestion des déchets et dépollution (EE) 5 à 10
Construction (FF) 5 à 10
Source : B.E.FIN, 2017, Étude stratégique — Économie Circulaire
15 Fondation Roi Baudouin, 2019. https://www.kbs-frb.be/fr/Activities/Publications/2019/20190919avc
16 B.E.FIN, 2017, Étude stratégique — Économie Circulaire
En suivant ces hypothèses et en les appliquant aux derniers chiffres disponibles dans les comptes régionaux relatifs à l’emploi total
17 Ellen MacArthur Foundation, 2019, Completing the Picture: How the Circular Economy Tackles Climate Change. https://www.ellenmacarthurfoundation.org/publications/completing-
the-picture-climate-change
Actuellement, la Wallonie présente un léger retard
par rapport à ses voisins européens en ce qui
concerne la part de l’économie circulaire dans
sa main d’oeuvre. L’économie circulaire emploie
directement 14.243 personnes en Wallonie 15 (soit
1,05% de l’emploi total contre 1,73% en moyenne en
Europe). Si l’on tient compte des emplois indirects,
on arrive à une estimation de 56.000 emplois en
Wallonie. L’économie circulaire occupe principa -
lement des employés dans le secteur secondaire
(dans le recyclage, la réparation et la maintenance)
mais elle crée également un nombre d’emplois
important dans le secteur des technologies digi -
tales (6.000 emplois) ainsi que dans le design et
l'ingénierie (2.500 emplois). Charleroi, Namur et
Liège sont les principaux foyers de ces emplois.
Par ailleurs, il est possible, moyennant un certain
nombre d’hypothèses16, d’estimer la création d’em-
plois liée au développement de projets en économie
circulaire dans l’industrie. Ceux-ci permettraient
la création de 3.456 emplois, soit 1,5 % de l’emploi
industriel wallon.
En outre, selon la fondation Ellen MacArthur 17,
un modèle de développement circulaire pourrait
permettre de diviser par deux les émissions de
dioxyde de carbone d’ici 2030. Le déploiement de
l’économie circulaire devrait permettre ainsi de
contribuer à la réduction des émissions de gaz à
effet de serre programmée par la Wallonie.
Face à ces constats, l’économie circulaire offre donc
à la Wallonie une triple opportunité :
> sociale : créer de nouveaux emplois ;
> économique : favoriser la création de valeur,
maintenir les industries circulaires locales et
réindustrialiser durablement la Wallonie ;
> environnementale : diminuer la quantité de
matières premières primaires utilisées et la
quantité de déchets produite, améliorer la
productivité des ressources, et ce faisant réduire
les émissions de gaz à effet de serre et contribuer
à la préservation et à la restauration de la biodi -
versité et des écosystèmes.
III. La Wallonie circulaire III. La Wallonie circulaire
14
3
LA WALLONIE
CIRCULAIRE
15
III. La Wallonie circulaire
n embrassant l’économie circulaire, la
Wallonie aura capitalisé sur les oppor -
tunités économiques, sociales et
environnementales afin de devenir une
Région prospère, inclusive, attractive et à l’envi -
ronnement préservé. Elle aura aussi contribué à la
préservation de l’environnement à l’étranger. Ainsi,
les Wallons auront adopté des pratiques circulaires
et tendant vers le zéro déchet. Les porteurs de
projets et les entreprises contribueront à la transi -
tion énergétique, environnementale et circulaire.
La Région fera partie des pionniers du progrès
et de l’innovation en Europe grâce à ses parties
prenantes telles que les acteurs économiques et les
acteurs de la recherche et de l’enseignement. Les
pouvoirs publics joueront leur rôle d’exemples en
matière d’économie circulaire.
Cette vision d’une Wallonie circulaire repose sur les
objectifs et ambitions explicités dans les prochains
chapitres.
La vision de la Wallonie repose sur les objectifs
suivants :
> Évoluer vers une économie neutre en carbone,
compatible avec les objectifs en matière de
biodiversité, efficace, optimalisée et régéné -
rative dans l’utilisation des ressources grâce
à une utilisation raisonnée des ressources du
sol et du sous-sol, une baisse significative de
l’extraction et de l’importation de matières et
d’énergie fossile, une concrétisation d’initiatives
durables intégrant la production de biomasse et
sa transformation en matériaux et/ou énergies,
une baisse significative des quantités de déchets
générés et de leur dangerosité, une meilleure
gestion et valorisation des ressources mobilisées,
une préservation et régénération des écosystèmes
liés aux ressources.
> Evoluer vers une économie résiliente et
inclusive face aux crises, à la volatilité des prix,
aux risques de manque d’approvisionnement,
découplée des impacts environnementaux et
sociaux négatifs, et qui contribue à réduire la
pauvreté, à créer des emplois locaux, durables
et de qualité favorisant l’insertion et l’inclusion
sociale.
> Stimuler l’innovation en développant des
solutions (par exemple en termes de produits,
services, modèles économiques, et comporte -
ments) permettant de diminuer les émissions de
gaz à effet de serre (et d’autres polluants atmos -
phériques) et l’intensité dans l’utilisation des
ressources, stimulant la création d’emplois et
s’appuyant notamment sur les solutions fondées
sur la nature et sur la transition numérique. Le
numérique devra contribuer à la transition vers
une économie neutre en carbone et régéné -
rative, notamment au travers d’infrastructures
numériques sobres en énergie et peu impactantes
d’un point de vue environnemental, permettant
de prendre des décisions fondées, de renforcer
notre capacité de comprendre et de relever les
défis sociétaux et environnementaux.
La Wallonie fera en sorte que ses activités écono -
miques s’inscrivent le plus possible dans une
approche d’économie circulaire.
La Wallonie intégrera l’économie circulaire aux
outils et services publics, tant via ses politiques
d’aide, de soutien, de financement que via ses
modalités d’accompagnement des entreprises, et
en fera une opportunité de développement pour
l’économie wallonne. La démarche s’appuiera
également sur l’apport du secteur de l’économie
sociale et des entreprises de travail adapté qui
sont déjà actives dans la transition vers l’économie
circulaire.
Tant les grandes entreprises que les (très) petites
et moyennes entreprises, auxquelles sera portée
une attention particulière, seront incluses dans la
transition.
E
16
III. La Wallonie circulaire
III. La Wallonie circulaire
Cette vision de la Wallonie circulaire repose sur des objectifs opérationnels associés aux différents
axes de la Stratégie, ainsi que sur les objectifs stratégiques listés ci-après18.
18 Certains objectifs portent sur des horizons temporels différents car ils proviennent de documents distincts : soit de la Déclaration de politique régionale, soit du Plan wallon des
déchets-ressources, soit de l’Accord de coopération interrégional du 5 mars 2020 concernant la prévention et à la gestion des déchets d'emballages, soit de fiches FEDER, soit encore
d’objectifs définis au niveau de l’OCDE.
19 Sur base des résultats de l’étude de 2019 de la Fondation Roi Baudouin sur l’emploi dans l’économie circulaire en Belgique : actuellement, 6.8% des emplois de la Région sont en lien avec
l’économie circulaire avec une grande majorité de ces emplois circulaires qui appartiennent à l’économie circulaire de base et aux secteurs qui soutiennent indirectement l’économie circulaire
(respectivement, 40 % et 45 % du nombre total d’emplois circulaires). Circular Wallonia au travers de ses différents axes permettra d’augmenter le nombre d’emplois directement et indirectement
circulaires. L’ensemble des études prospectives réalisées en Europe montrent une croissance de l’emploi lors de la prise en compte de l’économie circulaire. Au niveau européen, une étude de
la Commission Européenne prédit la création de 2 millions d’emplois d’ici 2030, basée sur une hypothèse d’amélioration de la productivité des ressources de 2 % par an.
20 La baseline sera connue en 2021.
> Remplacer les ressources fossiles ou produites
de manière non durable, par des ressources
renouvelables et largement disponibles, partout
où cela est possible pour 2050 ;
> Augmenter de 25 % la productivité des ressources
(rapport entre le produit intérieur brut et la
consommation intérieure de ressources en
Wallonie) entre 2020 et 2035, ce qui implique un
découplage absolu entre l’évolution du PIB et celle
de la consommation de matières premières ;
> Diminuer de 25 % la demande directe en
matières (DMI) et la consommation intérieure
de matières (DMC) de la Wallonie d’ici 2030 par
rapport à l’année 2013 ;
> Augmenter de 20 % les emplois wallons contri-
buant directement et indirectement à l’économie
circulaire d’ici 202519 (c’est-à-dire une évolution
de 6,8 % en 2017 à 8,2 % en 2025) ;
> Doubler le nombre d’entreprises wallonnes ayant
des pratiques d’économie circulaire d’ici 2025 ;20
> Faire passer la production moyenne d’ordures
ménagères brutes en Wallonie sous la barre des
100 kg/hab.an à l’horizon 2025 ;
> Réduire de 2 kg/hab les déchets des équipements
électriques et électroniques d’ici 2025 (c’est-
à-dire de 22,5 kg/habitant à 20,5 kg/habitant)
grâce la réparation et à l’économie de la fonction-
nalité ;
> Atteindre une quantité de biens réutilisés de
minimum 8 kg/hab.an à l’horizon 2025 ;
> Collecter et recycler au minimum 95 % des
emballages ménagers d’ici 2025 ;
> En ce qui concerne les matériaux d’emballages
ménagers et industriels, atteindre des pourcen-
tages de recyclage supérieurs à 90 % en poids
pour le verre, le papier/carton, les cartons à
boissons et les métaux ferreux, à 75 % en poids
pour l’aluminium et à 80 % en poids pour le bois
à l’horizon 2025 ;
> Atteindre un pourcentage minimal de recyclage
de 70 % en poids pour les déchets d’emballages
en plastique d’origine ménagère et de 65 % en
poids pour les déchets d’emballages en plastiques
d’origine industrielle à l’horizon 2030 ;
> Atteindre un taux de valorisation des véhicules
hors d’usage supérieur à 95 % à l’horizon 2025 ;
> Utiliser au moins 30 % de granulats recyclés
dans les chantiers publics ;
> Diminuer l'incinération des déchets de
minimum 50 % entre 2019 et 2027.
L’atteinte de ces objectifs sera évaluée au niveau du tableau de bord de la stratégie. Une nouvelle formu-
lation des objectifs pourra être proposée lors du monitoring de la mise en œuvre de la stratégie.
Cette stratégie contribuera également aux objectifs suivants de la Déclaration de politique régionale
2019-2024 :
> Réduire les émissions de gaz à effet de serre
(GES) de 55% par rapport à 1990 d'ici 2030 ;
> Enrayer le déclin de la biodiversité d’ici 2030 en
Wallonie ;
> Améliorer le taux d’emploi de 5 % à l’horizon
2025 ;
> Faire progresser le secteur secondaire de 15 à
20 % du PIB.
17
III. La Wallonie circulaire
4
CHEMIN VERS
UNE ÉCONOMIE
CIRCULAIRE
18
IV. Chemin vers une économie circulaire
e champ des possibles en matière de
déploiement de l’économie circulaire
est gigantesque et plusieurs chemins
peuvent être suivis. Afin d’assurer la
transition vers une économie circu -
laire, la vision décrite précédemment est précisée
par 5 axes d’action :
PRODUCTION ET OFFRE DE BIENS ET SERVICES : ce domaine
porte notamment sur la production et l’offre de
services au travers d’un approvisionnement durable
en ressources21 (incluant l’économie biobasée) qu’elles
soient renouvelables ou non, à l’écoconception, au
développement de la symbiose industrielle et au
renforcement de l’économie de la fonctionnalité ;
CONSOMMATION ET DEMANDE DE BIENS ET SERVICES : ce
domaine porte notamment sur la consommation
responsable, la consommation collaborative, l’allon-
gement de la durée d’usage (notamment le recours
au réemploi et à la réparation), et les changements
de comportements ;
MOBILISATION DES ACTEURS : ce domaine est relatif
au rôle des acteurs dans la transition vers une
économie circulaire. La mise en œuvre de cette
transition nécessite l’implication de différents
acteurs tels que le secteur public, les entreprises,
le secteur associatif, les citoyens, les villes et les
communes. Tous les acteurs ont un rôle à jouer et il
est essentiel de les inclure dans le déploiement des
boucles de valeur, et d’encourager les partenariats
dans les projets en économie circulaire.
GESTION DES DÉCHETS-RESSOURCES 22 : ce domaine
porte sur les différentes stratégies de prévention et
de gestion des déchets et matières en se basant sur
l’échelle de Lansik et l’échelle de Moerman (pour
les déchets alimentaires). Même si la production et
la consommation responsables, ainsi que la gestion
efficiente des sous-produits, sont de nature à limiter
la production des déchets (prévention, réduction à la
source), la gestion des déchets générés doit favoriser
la valorisation de la matière (recyclage, compostage) et
quand c’est pertinent, la valorisation énergétique.
21 Par approvisionnement durable, nous entendons le fait de prendre en compte les impacts environnementaux et sociaux des ressources utilisées, en particulier ceux associés à leur
extraction et exploitation, mais également ceux associés à leur stockage et à la logistique.
22 Mise en œuvre via certaines actions prioritaires du Plan wallon des déchets-ressources, avec potentiellement certaines actions renforcées et/ou complétées pour assurer des syner-
gies avec les autres champs d’actions de la Stratégie.
MISE EN PLACE DE CHAÎNES DE VALEURS PRIORITAIRES : ce
domaine porte sur six chaînes de valeurs identifiées
comme prioritaires pour la Wallonie, c’est-à-dire la
construction et les bâtiments, l’industrie alimen -
taire et les systèmes alimentaires, les matières
plastiques, la métallurgie et les batteries, l’eau et les
textiles.
Ces 5 axes couvrent les 10 ambitions de la Wallonie
en économie circulaire, tel qu’illustré dans le
schéma ci-après. Les axes et les ambitions de la
Stratégie sont interconnectés et leurs mesures se
renforcent. Par exemple, l’éco-conception et la
prévention sont à la fois abordées dans l’axe relatif
à la production de biens et services et dans l’axe
concernant la gestion des déchets.
Les 10 ambitions wallonnes sont les suivantes :
> Ambition 1 : Être une Région avec un
écosystème économique et industriel engagé
dans l’économie circulaire
> Ambition 2 : Être une Région pionnière dans
les innovations circulaires et leader au niveau
européen
> Ambition 3 : Être une Région qui gère et
exploite ses ressources naturelles de manière
circulaire (eau, bois, sols, biomasse, etc.)
> Ambition 4 : Mettre en capacité les consomma-
teurs
> Ambition 5 : Faire de la Région un acteur
exemplaire
> Ambition 6 : Informer, éduquer et former tous
les acteurs à l’économie circulaire
> Ambition 7 : Mettre en place une dynamique
pérenne avec les acteurs de la Région
> Ambition 8 : Faire de la prévention des déchets
une opportunité pour tous
> Ambition 9 : Améliorer les connaissances
relatives aux déchets-ressources
> Ambition 10 : Amplifier la politique de tri à la
source et le meilleur traitement des déchets
La Stratégie actionnera neuf leviers d’action pour
déployer l’économie circulaire :
L
IV. Chemin vers une économie circulaire
19
> Les normes et les réglementations ;
> Le financement ;
> Les marchés publics ;
> La démonstration, l’innovation et le numérique ;
> L’accompagnement ;
> Les réseaux et les démarches volontaires ;
> L’éducation et la formation ;
> L’information et la sensibilisation ;
> La collaboration et la représentation aux niveaux
belge, européen et international.
Ces leviers se retrouvent dans les cinq axes de
Circular Wallonia.
IV. Chemin vers une économie circulaire
Production et offre
Demande et consommation
Chaînes de valeur prioriatires
Mobilisation de tous les acteurs
Gestion des déchets
Collaboration et
représentation belge,
UE et internationale
Marchés
publics
Normes et
réglementation
Démonstration
innovation et
numérique
Accompagnement
Education
et formation
Information et
sensibilisation
Réseaux et
démarches
volontaires
Financement
Déploiement
de l’économie
circulaire
• Être une Région avec un écosystème économique et industriel
engagé dans l’économie circulaire
• Être une Région pionnière dans
les innovations circulaires et leader au niveau européen
• Être une Région qui gère et exploite ses ressources naturelles de
manière circulaire (eau, bois, sols, biomasse, etc.)
• Matières plastiques
• Construction et bâtiments
• Eau
• Industrie alimentaire
• Métallurgie/transport
• Textiles
• Mettre en capacité les
consommateurs
• F aire de la Région un acteur
exemplaire
• Informer, éduquer et former tous les acteurs
à l’économie circulaire
• Mettre en place une dynamique pérenne
avec les acteurs de la Région
• F aire de la prévention des déchets
une opportunité pour tous
• Améliorer les connaissances relatives
aux déchets-ressources
• Amplifier la politique de tri à la source
et le meilleur traitement des déchets
IV. Chemin vers une économie circulaire
PREMIER AXE
Production et offre de biens
et services circulaires
IV. Chemin vers une économie circulaire
21
ans le contexte actuel de consomma-
tion des ressources, la Wallonie veut
devenir une Région dans laquelle une
offre vaste en produits et services
circulaires est présente, et devient,
progressivement, la norme. Les entreprises réfléchi-
ront au design circulaire de leurs produits (intégrant
la gestion de leur fin de vie dès la conception) et de
leurs processus (fabrication, logistique intégrant
notamment l’optimisation de leur usage en intrants et
en énergie). Les entreprises recourront, dans la mesure
du possible, à un approvisionnement durable en
ressources, peu importe leur origine.
Les modèles économiques circulaires, tels que l’éco-
nomie de la fonctionnalité et de la coopération, seront
courants. Cette évolution renforcera l’attractivité et
le dynamisme économique et industriel de la Région
(création et pérennisation d’activités).
À cette fin, la Wallonie soutiendra tous les acteurs
économiques, les grands industriels ainsi que les
PME et TPE, pour déclencher ou accélérer leur tran-
sition vers un modèle circulaire et innovant. Les
accompagnements contribueront également à créer un
réseau de projets et d’acteurs à travers le territoire
régional. La Wallonie développera un écosystème
dynamique, attractif, accompagnant la transition
des acteurs économiques et suscitant la création de
boucles d’économie circulaire ouvertes et fermées, au
niveau régional, notamment à travers une implication
des fédérations industrielles, des clusters et des pôles
de compétitivité.
23 Par exemple : pour soutenir le marché des matières secondaires.
24 Les deux premiers objectifs opérationnels ont un horizon 2023 car ils sont issus d’une Fiche FEDER.
25 Le budget wallon mobilisé strictement sur l’économie circulaire entre 2018 et 2020 atteint 21 millions d’euros approximativement, soit près de 7 millions d’euros/an. A ces budgets, il
faut rajouter également les financements européens mobilisés dans le cadre du FEDER ainsi que les apports privés.
26 « Soutenir l’innovation wallonne par les marchés publics innovants, notamment en fixant des objectifs de durabilité », DPR 2019-2024.
La Wallonie sera également un environnement
propice à la créativité et à l’innovation, où les
échanges d’idées et le développement de projets indi-
viduels et collaboratifs sont possibles et accompagnés,
jusqu’à la mise sur le marché d’un nouveau produit ou
service. Ceci passera notamment par l’implication des
structures intermédiaires qui favorisent la diffusion de
l’innovation telles que les Pôles de compétitivité, les
clusters, les écosystèmes numériques, les organismes
de transfert de technologie, les incubateurs, etc.
Une attention particulière sera également portée aux
outils et usages numériques, tout en tenant compte
de leurs impacts énergétique et environnementaux,
qui constituent des leviers ou des accélérateurs pour
la transition vers l’économie circulaire, notamment
à travers la mise en œuvre de plateformes numé -
riques recréant partage et proximité, de plateformes
de gestions des flux 23, de technologies de traçabi -
lités et d’optimisations logistiques, de la technologie
blockchain, ainsi qu’à travers les enjeux liés au trai -
tement et au partage des données, les enjeux liés à la
dématérialisation des ressources et à leur accessibilité,
et les smart cities.
La Wallonie préservera, restaurera et exploitera de
manière durable ses propres ressources naturelles
et limitera sa dépendance aux flux de ressources
entrants en favorisant le bouclage de flux de
ressources et de gisements territoriaux au profit de
l’économie locale. La Wallonie soutiendra notamment
le développement d’une économie bio-basée circulaire
et durable, et s’assurera que ses matières premières
importées et chaines d’approvisionnements respectent
la protection et la restauration de l’environnement et
de la biodiversité.
Les mesures de cet axe permettront d’atteindre les objectifs opérationnels suivants :
> Plus de 1000 entreprises accompagnées en vue de leur transition vers une économie circulaire d’ici fin
202324 ;
> Plus de 1000 entreprises ayant finalisé un diagnostic sur l’utilisation efficace des ressources d’ici fin
2023 et plus de 600 entreprises ayant initié un plan d’actions d’utilisation efficace des ressources
visant la circularité d’ici fin 2023 ;
> Doubler le budget Recherche, développement et innovation (RDI) consacré au soutien des approches
d’économie circulaire afin d’atteindre sur la période 2020-2025 un budget annuel de 14 millions d’euros25 ;
> Plus de 150 entreprises ayant optimisées leur processus logistique d’ici 2025 ;
> Lancer au moins 25 marchés publics innovants et/ou pré-commerciaux d’ici 2025 26.
D
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
22
AMBITION 1 ÊTRE UNE RÉGION AVEC UN ÉCOSYSTÈME ÉCONOMIQUE ET INDUSTRIEL ENGAGÉ
DANS L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
Afin de favoriser sa transition verte et numérique, la Wallonie renforcera et adaptera les dispositifs
d’accompagnement existants afin de soutenir les entreprises actives en économie circulaire, ou les
entreprises classiques voulant intégrer des logiques circulaires dans leur modèle et réduire leur empreinte
carbone et environnementale. La réduction et la suppression des pertes en énergie, eau, matières premières
diverses au sein des processus en vigueur dans les infrastructures et les entreprises publiques et privées
seront au cœur des actions soutenues. Les entreprises évolueront progressivement vers des modèles
économiques plus résilients et participatifs. Le climat d’attractivité et de soutien de la Région s’en trouvera
ainsi renforcé.
Mesures et actions :
1. Adapter et renforcer les dispositifs existants en matière d’accompagnement et de financement
pour y intégrer davantage l’économie circulaire
Leviers : information et sensibilisation, financement, accompagnement, numérique, normes et réglementations
Actuellement, ces dispositifs sont utilisables dans
certains cas pour des logiques d’économie circu -
laire. À l’avenir, ils seront davantage structurés
de façon à accompagner les entreprises dans la
mise en œuvre des différents piliers de l’économie
circulaire (par ex. économie de la fonctionnalité,
symbiose industrielle, économie biobasée, circuits
courts, réutilisation). Une attention particulière
devra être portée à l’information et l’orientation des
différents acteurs vers les outils les plus pertinents
en fonction des projets, ainsi que sur l’accessibilité
de ces dispositifs pour les projets liés aux chaînes
de valeur prioritaires (cf. Axe 5). La communica -
tion par rapport à ces dispositifs sera améliorée
notamment grâce à la stratégie de communication
(cf. Ambition 6).
> Adapter les dispositifs de financement suivants
en y intégrant les différentes composantes et les
différents types d’entreprises actives dans l’éco -
nomie circulaire :
• Comme indiqué dans la DPR, ces adaptations
seront réalisées dans le cadre d’une évolution
vers un dispositif de financement unique pour la
transition énergétique et l’économie circulaire
au sein des outils publics de financement, qui
proposeront une offre globale et cohérente en
matière d'accompagnement et de financement.
Ces outils (la SOWALFIN, la SRIW en ce
compris NEXT, W.ALTER, la SOGEPA et les
Invests) porteront une attention particulière
dans leur analyse aux besoins des projets d’éco-
nomie circulaire en vue d’offrir des produits
adaptés à ceux-ci et renforcer les synergies entre
les outils financiers. Un mécanisme permettant
d’avoir une vue d’ensemble des projets financés
sera mis en place en collaboration avec les Pôles
de compétitivité, les clusters et les fédérations
afin d’adopter une approche globale et de mieux
utiliser les ressources de tous les acteurs de
financement.
• Un réseau d’acteurs financiers privés et
publics sera mis en place et coanimé par les
outils financiers de la Région wallonne. Ce
réseau aura pour mission la diffusion de l’in -
formation, le partage d’expériences, de bonnes
pratiques de financement et surtout visera à
l’émergence de nouveaux outils de financement
en soutien à l’économie circulaire au sein du
monde bancaire. Le réseau sera notamment
alimenté par les études de faisabilité techni -
co-économiques réalisées dans le cadre de
l’ambition 7, notamment avec le soutien de la
cellule de veille de la SOGEPA.
• Les aides financières (notamment celles à
l’investissement) qui sont à destination des
PME actives dans une gestion circulaire des
flux seront adaptées.
• Les aides à l’Environnement (ENV) et à
l’Utilisation Durable de l’Énergie (UDE), qui
sont des primes à l’investissement destinées à
inciter les entreprises (PME & GE) à réaliser
des investissements dans les énergies renou -
velables et les économies d’énergies dans le
processus de production et des investissements
IV. Chemin vers une économie circulaire
23
visant à dépasser les normes environnemen -
tales, ou des investissements permettant une
adaptation anticipée aux futures normes euro -
péennes seront également adaptées.
• Les subventions réglementées et faculta -
tives soutenant les entreprises actives dans le
secteur de la réutilisation et la préparation au
réemploi en vue de la réutilisation de déchets,
produits ou composants de produits seront
aussi adaptées, notamment dans le secteur de
l’économie sociale.
> Adapter les dispositifs d’accompagnement
suivants en y intégrant les différentes compo -
santes de l’économie circulaire :
• Les chèques entreprises dans leur globalité
afin d’accompagner les porteurs de projet, entre-
prises et start-up actifs dans l’économie circulaire
selon leurs besoins : création, développement,
transmission, internationalisation, innovation
et numérique. Il s’agira également d’optimiser les
chèques économie circulaire de sorte à veiller à
ce qu’ils soient également accessibles aux projets
multi-acteurs. Une attention particulière sera
portée à la possibilité pour les entreprises de
réaliser un audit couplé « ressources, énergie et
eau » afin d'optimaliser leurs consommations et
de définir les mesures à prendre pour entrer en
transition vers un modèle circulaire.
27 Portefeuille intégré d'aides en Région wallonne, destinées aux porteurs de projets et aux petites et moyennes entreprises en vue de soutenir des services promouvant l'entrepreneuriat
ou la croissance
• Le réseau des référents en économie circu -
laire portera une attention particulière à
l’optimisation des consommations en énergie,
eau, et matières premières diverses au sein des
processus des entreprises.
• Les projets d’animation économique cofi-
nancés par les Fonds structurels européens
(FEDER) mis en œuvre par des opérateurs d’ani-
mation économique à destination des créateurs
d’entreprises et TPE/PME en phase de dévelop -
pement, dont les missions couvrent également
les besoins spécifiques à l’utilisation durable de
l’énergie
• Les accompagnements des designers et
des entreprises afin de favoriser l’adoption de
l’éco-conception, de réaliser une analyse globale
du cycle de vie de l’activité, de mener une
réflexion sur la rentabilité ainsi que des conseils
en matière de transition vers de nouveaux
modèles économiques circulaires (par ex :
économie de la fonctionnalité, circuits courts,
symbiose industrielle, management environne -
mental, solutions fondées sur la nature)27.
> Une réflexion sera menée afin d’ouvrir les dispo-
sitifs de soutien (notamment les chèques) et
de financement aux entreprises d’économie
sociale (ce qui inclut des sociétés coopéra -
tives et des asbl), entre autres.
>
2. Renforcer l’approche territoriale du développement de l’économie circulaire
Leviers : information et sensibilisation, formation, financement, accompagnement, réseaux et démarches volon -
taires, numérique
Le croisement de l’aménagement du territoire avec les
objectifs de l’économie circulaire, permet de mettre
en place de nouvelles organisations du territoire,
en repensant la gestion des flux et de la mobilité,
en privilégiant des approches transversales, à diffé -
rentes échelles géographiques. L’approche territoriale
permettra ainsi d’amplifier les liens entre les entre -
prises, leurs activités économiques et les territoires,
de créer plus de valeur économique à l’échelle locale
et de réduire l’impact sur l’environnement. Ainsi,
la spatialisation et la mixité des fonctions doit, par
exemple, permettre autant que possible de déve -
lopper des boucles de matière ouvertes et fermées.
Les solutions fondées sur la nature seront promues
notamment en tant qu’outils d’aménagement du
territoire économiquement viables et durables, et ce
afin de favoriser la multitude de services écosysté -
miques pouvant être délivrés.
> La Wallonie lancera des appels à projets en
symbiose industrielle (ressources « matières »
et énergétiques), en écodesign et en économie
de la fonctionnalité. Ces appels à projets seront
ouverts à différents types d’acteurs, et notamment
aux pouvoirs locaux dont les agences de dévelop -
pement territorial ainsi qu’aux coopératives. Une
attention particulière sera portée sur l’impact des
projets sélectionnés en matière d’emplois circu -
laires, locaux et de qualité.
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
24
> Le maillage entre les entreprises et leur mise en
réseau seront notamment favorisés au travers des
référents bas carbone/économie circulaire actifs
sur tout le territoire.
> Les initiatives de diagnostics de maturité
logistique au sein des entreprises wallonnes
et « Multimodal Wallonia » seront évaluées et
éventuellement renforcées, le cas échéant, afin
d’inciter davantage les entreprises à intégrer les
principes d’économie circulaire à leur supply
chain.
> Mettre en place une filière logistique et indus -
trielle utilisant les terrains portuaires de manière
à privilégier le transport par voie d’eau.
> La fonction de « Park Manager Économie
Circulaire » sera expérimentée sur plusieurs
grappes de parcs d’activités économiques ou par
secteur. Cela permettra de systématiser le réflexe
« Économie circulaire  » au sein des entreprises
et entre elles (qu’elles soient implantées en parc
d’activités économiques ou pas). Des ateliers
synergétiques pourront compléter la démarche
afin de renforcer cette dynamique favorisant le
développement de « Circular Business Parks ».
Une complémentarité dans l’implantation des
entreprises sera recherchée. Ces Parks Managers
pourront notamment soutenir le développement
de la récupération de la chaleur fatale rejetée par
des entreprises présentes dans le parc d’activités
économiques.
> Afin de faciliter les collaborations multi-ac -
teurs indispensables à l’économie circulaire, la
Wallonie favorisera l’animation et la mise en
réseau des entreprises et des acteurs à travers
l’ensemble du territoire régional, notamment via
un groupe spécifique dans la Plateforme rassem -
blant les entreprises engagées ou souhaitant
s’engager dans l’économie circulaire, afin de
favoriser notamment les symbioses industrielles,
les projets collaboratifs, l’identification de problé -
matiques transversales. D’autres acteurs tels que
les cellules de sensibilisation de l’UWE (Cellule
Environnement, Cellule Parcs d’activité durables),
les Chambres de commerce et d’industrie ont
un rôle important à jouer en la matière. Cette
fédération des acteurs sera facilitée par la plate -
forme collaborative virtuelle (cf. Ambition 7) et le
Digital Monitoring tool.
> La Wallonie mettra en place un « Digital
Monitoring Tool », en capitalisant sur les outils
existants (notamment Digital Wallonia ainsi que la
Plateforme Craft). Cet outil territorial proposera :

• Une cartographie des acteurs et des projets
collaboratifs en cours. Cela permettra de
mettre en évidence les principaux acteurs de
l'économie circulaire dans différents domaines
thématiques et les liens entre ceux-ci à travers
des mises en synergie d’entreprises et/ou de
technologies (avec un focus sur les chaînes de
valeur prioritaires, voir Axe 5) ;
• Une cartographie des flux liés aux chaînes
de valeur prioritaires reposant sur l’existant et
sur des études de métabolisme à mener (avec
un focus sur les chaînes de valeur prioritaires,
voir Axe 5). Cette cartographie devrait permettre
d’optimiser l’utilisation des flux de matières
ainsi que leur transport (en lien avec les objec -
tifs de la Stratégie régionale de mobilité).
Il permettra de réaliser le suivi et le monitoring du
développement de filières.
3. Accélérer le déploiement de l’économie circulaire et la résilience des chaines
d’approvisionnement à travers la transition numérique
Leviers : réseaux et démarches volontaires, financement, démonstration, innovation, numérique
La Wallonie mettra la transition numérique au service
de l’économie circulaire tout en veillant à ce que la
transition numérique soit compatible avec les objec-
tifs wallons, européens et internationaux en matière
d’environnement, de climat et de biodiversité.
> À travers Digital Wallonia, la Wallonie veillera à
mieux identifier les technologies numériques
qui apportent de réelles solutions à l’économie
circulaire. Dans ce cadre, la plateforme
digitalwallonia.be mettra à disposition des outils
tels que la cartographie dynamique des usages du
numérique en Wallonie (secteur de l’e-commerce,
smartcities, etc.), en portant une attention
particulière à la durabilité du numérique.
> La thématique « économie circulaire  » sera
identifiée pour un prochain appel à projets
IV. Chemin vers une économie circulaire
25
«  Smart Région  » de la stratégie Digital
Wallonia28. Plusieurs projets numériques ont
déjà été développés par les pouvoirs locaux sur le
territoire wallon : applications mobiles, éclairage
intelligent, plateforme participative, capteurs
de mesures de la qualité de l’air, etc. Un appel à
projets de ce type stimulera le développement
de projets numériques territoriaux favorisant le
déploiement de l’économie circulaire.
> Dans le cadre du programme Made Different
Digital Wallonia qui propose un Diagnostic
approfondi « industrie du futur » et dont l’accom-
pagnement se concentre sur la transformation
28 La description ce type d’appel est disponible en ligne https://www.digitalwallonia.be/fr/publications/appel-a-projets-territoire-intelligent.
des processus de production (dont l’éco-pro -
duction), un appel à projets Industrie du Futur
sera lancé avec un focus sur "l'eco-factory et le
numérique". Cet appel à projets visera l'intégration
et l'utilisation de technologies de rupture et/ou
permettant la réalisation de ‘quick wins’ au sein
des entreprises manufacturières dans le domaine
de l'économie circulaire. En collaboration avec
l’AdN, Unipso et ConcertES, un appel à projets sur
la transition numérique des économies sociales
en Wallonie sera également lancé afin d’accom -
pagner les porteurs de projets à implémenter un
plan de transformation digitale notamment dans
les chaînes de valeurs de Circular Wallonia.
4. Soutenir auprès des instances pertinentes l’élaboration de normes et réglementations qui
assurent l’essor des produits durables de qualité
Leviers : normes et réglementation, collaboration et représentation au niveau belge, européen et international
La mise en place d’un marché intérieur perfor -
mant pour les matières premières secondaires de
qualité est une des ambitions du dernier plan d’ac -
tion de l’Union européenne en économie circulaire.
La Région soutiendra l’élaboration de normes de
qualité applicables aux matières premières, notam -
ment pour renforcer la confiance des opérateurs au
sein du marché unique.
> La Région soutiendra les propositions législatives
de l’Etat Fédéral et de la Commission européenne
sur la politique des produits durables afin que les
produits mis sur le marché de l'Union soient conçus
pour durer plus longtemps, soient plus faciles à
réutiliser, à réparer et à recycler et contiennent
autant que possible des matériaux recyclés plutôt
que des matières premières primaires. En effet, de
telles dispositions réglementaires seront de nature
à limiter les usages uniques, permettront de lutter
contre l'obsolescence prématurée et réduiront la
destruction des marchandises durables invendues.
> La Région accueillera favorablement la possibilité
que ces dispositions visent également des services.
> La Région souhaite que soit prise en compte la possi-
bilité d’introduire des exigences liées aux aspects
environnementaux et sociaux tout au long de la
chaîne de valeur et pas uniquement au niveau du
produit final, en tenant compte des règles de l’OMC.
Dans sa première phase (2014-2018), le programme NEXT a permis de jeter les bases de l’économie circulaire en Wallonie
et d’apporter un conseil spécialisé à une centaine de porteurs de projets. Un soutien a également été fourni à des actions
emblématiques structurantes telles que Reverse Metallurgy (partenariat et financement toujours en cours) ou les études
de symbiose industrielle sur les zonings de Feluy et de Manage (IDEA).
Fin 2018, la mission de NEXT a été modifiée par le Gouvernement wallon qui souhaitait se doter d’un outil public spécifique
dédié uniquement au financement de projets d’économie circulaire. Aujourd’hui, NEXT investit en prêt et/ou capital pour
financer des PME ou des grandes entreprises dans leurs phases de croissance, de scale-up, d’industrialisation ou encore
pour soutenir la création de chaînes de valeur. Citons par exemple : DHK, IsoHemp, Bewood, et Pur Ver.
Chaque financement est conçu sur mesure, en fonction des besoins du projet et en tenant compte des spécificités des
modèles économiques circulaires. Les critères d’intervention qualitatifs sont ceux de la SRIW dont NEXT dépend.
LE PROGRAMME NEXT-ECONOMIE CIRCULAIRE (MISSION DÉLÉGUÉE SRIW/B.E.FIN)
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
26
Complémentairement à leur mission de sensibilisation,
les référents bas carbone constituent un premier point de
contact pour les entreprises. Afin d’évaluer leurs besoins,
un outil de diagnostic leur permet d‘aborder les différentes
thématiques concernées que sont actuellement : l’effica-
cité énergétique, les gaz fluorés et l’économie circulaire.
La mission des référents est également d’orienter les PME
vers les aides et services adéquats et de se concerter
avec la Sowalfin sur les solutions à apporter. Comme ré-
férents, ils assurent un suivi de l’entreprise sur le long
terme et assurent le dialogue avec l’ensemble des parties
prenantes.
Ces conseillers de terrain, répartis sur l’ensemble de
la Wallonie, sont issus d’opérateurs tels que La Maison
de l’Entreprise, Entreprendre.wapi, Igretec, le BEP, Cap
Innove, Eklo, IDELUX, l’UCM, la FEVIA et la CCW.
La Sowalfin les coordonne et met en place un programme
de formations spécifiques aux thématiques à aborder avec
les entreprises dans une logique d’amélioration continue.
La Sowalfin propose aussi via Easy’green une solution
de financement aux projets relevant de l’économie cir-
culaire. Ont notamment été soutenues Isohemp, Pur Ver,
aSmartWorld, KameoBikes, Brasserie Constant-Berger.
L’ACCOMPAGNEMENT DES ENTREPRISES PAR LE RÉSEAU DE RÉFÉRENTS BAS CARBONE,
COORDONNÉ PAR LA SOWALFIN VIA LE DISPOSITIF EASY’GREEN
Les référents lors du lancement du Green Deal Achats Circulaires
6600 entreprises sociales sont actives en Wallonie. Une
partie des entreprises du secteur se considèrent comme
sociales et circulaires. C’est notamment le cas des 60 en-
treprises membres de la fédération Ressources. Depuis
plus de 20 ans, elles allient impact social, service du-
rable à la collectivité, développement économique local
et préservation de l’environnement. A titre illustratif, la
fédération « Ressources » participe à un projet de digita-
lisation de leur processus logistique afin de mutualiser un
outil numérique au service des ressourceries.
Pionnières de l’économie circulaire, elles collectent,
trient, préparent en vue de la réutilisation et donnent
une nouvelle vie aux objets et matériaux. Elles testent
et mettent en œuvre de nouvelles activités comme la
réparation, l’upcycling, le remanufacturing et l’écono-
mie de la fonctionnalité. En donnant une nouvelle vie à
50.000 tonnes de déchets par an, les 60 entreprises so-
ciales et circulaires membres de RESSOURCES ont ainsi
créé 8.000 emplois locaux.
Leurs activités permettent par ailleurs la formation et
l‘insertion socio-professionnelle de centaines de bénéfi-
ciaires et de financer des projets sociaux divers comme
l’accueil et l’hébergement de personnes précarisées ou
des projets de solidarité internationale. Enfin, les entre-
prises sociales et circulaires testent également des nou-
veaux modes de gouvernance participatif et démocratique.
LES ENTREPRISES SOCIALES ET CIRCULAIRES EN WALLONIE
IV. Chemin vers une économie circulaire
27
AMBITION 2 ÊTRE UNE RÉGION PIONNIÈRE DANS LES INNOVATIONS CIRCULAIRES ET LEADER AU
NIVEAU EUROPÉEN
Afin de créer un environnement propice à l’innovation circulaire, la Wallonie va intégrer davantage l’éco -
nomie circulaire au sein des dynamiques d’innovation existantes. Pour ce faire, elle favorisera notamment
la mise en réseau, la créativité, l’incubation de nouvelles activités et le développement de l’entrepreneuriat
innovant.
Les thématiques liées à l’économie circulaire seront davantage identifiées dans les appels à projets en
recherche, développement et innovation, et en favorisant la collaboration des acteurs de la recherche de
façon interdisciplinaire avec les acteurs industriels.
L’émergence d’innovations sociales permettant de répondre aux enjeux de l’économie circulaire sera favorisée.
Des actions ciblées seront également élaborées dans le cadre du processus de la Stratégie de Spécialisation
intelligente29 et viendront enrichir les actions de Circular Wallonia.
Mesures et actions :
5. Favoriser la mise en réseau, la créativité et l’innovation, l’émergence de nouvelles activités et le
développement de l’entrepreneuriat innovant30
Leviers : accompagnement, financement, réseaux et démarches volontaires, démonstration, innovation, numé -
rique, marchés publics
29 Depuis 2014, chaque Région européenne doit mettre en place une Stratégie de Spécialisation intelligente, à la demande de la Commission européenne. Celle-ci implique une approche
de sélection d’une spécialisation dans des domaines ou secteurs technologiques spécifiques, sur lesquels prioriser et concentrer les investissements, afin d’en optimiser les retombées
économiques. Elle est une condition favorisante à l’obtention des fonds structurels européens.
30 Le soutien à l’entreprenariat innovant comportant une approche particulière pour l’entreprenariat féminin.
31 Par exemple, un projet ambitieux en économie sociale prévoit la mise en place de plateformes logistiques en circuit-court alimentaire en Wallonie afin de répondre à un maillon manquant
dans le secteur de l’alimentation durable (unité de transformation, etc.).
32 Projets pilotes basés sur la méthodologie et le modèle de Challenge « Plastics go green and circular ».
33 Exemples : en agriculture (agroécologie, permaculture) ou toute technique permettant de boucler les cycles au niveau de l’exploitation, toitures vertes (isolation des bâtiments), parkings
enherbés (économies en béton, gestion de l’eau).
> Lancer des appels à projets via les outils finan -
ciers de la Région wallonne. Ces appels viseront
à promouvoir l’émergence de maillons manquants
d’une chaîne de valeur en lien avec les projets
d’intérêt européen. Cela permettra le déploiement
d’un écosystème d’entreprises autour des chaînes
de valeur, et dynamisera l’effet d’entraînement des
projets.31
> Faire émerger des projets d’économie circu -
laire, au sein des Pôles de compétitivité
et des clusters pour financer des projets de
recherche, d’innovation et d’investissements dans
les infrastructures de recherche, par exemple
au travers d’un appel à projets spécifique. Cette
dynamique permettra également d’accroître la
coopération entre les Pôles et les clusters, en parti-
culier au niveau intersectoriel ou sur la base de
questions sociétales.
> Soutenir le développement de démonstrateurs
en mobilisant les dispositifs de recherche, dévelop-
pement & innovation, y compris européens,
notamment à travers des partenariats public-privé.
Il pourra s’agir notamment de démonstrateurs
de recherche (juste avant la phase d’industriali -
sation).
> Lancer des projets pilotes thématiques 32 visant
à répondre aux principaux défis de la transition
vers une économie circulaire de la Wallonie en
encourageant les start-ups et les PME à innover
davantage et à participer aux dynamiques colla -
boratives. L’approche adoptée tendra à faire
émerger des solutions innovantes en répondant
à des besoins de marché identifiés par les utilisa -
teurs (entreprises, collectivités, acheteurs publics,
société civile, ONG de l’environnement, etc.).
> Dans le cadre d’appels à projets, valoriser les
solutions fondées sur la nature. Ces solutions 33
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
28
sont des alternatives économiquement viables et
durables, souvent moins coûteuses à long terme
que des investissements technologiques ou la
construction et l’entretien d’infrastructures qui
permettent notamment de réduire la consom -
mation d’eau, d’énergies, de béton.
> Développer les achats publics innovants à
travers les partenariats publics d’innovation et
les achats publics avant commercialisation. La
Région mettra en place ce type de marchés pilotes
pour favoriser l’innovation circulaire, à travers
le lancement d’au moins trois marchés publics
pilotes innovants et/ou pré-commerciaux au sein
des thématiques des chaînes de valeur prioritaires
(voir Axe 5). La commande publique permettra de
développer des solutions innovantes en économie
circulaire dans les domaines tels que les services de
santé, l’éducation, les pompiers ou l’aménagement
du territoire, la construction ou la rénovation de
bâtiments publics, les infrastructures routières et
sportives avec un effet de stimulation de l’inno -
vation auprès des opérateurs économiques de la
Région.
6. Adapter et renforcer les dispositifs déjà existants en matière de recherche, développement et
innovation afin de mieux répondre aux besoins des projets innovants en économie circulaire
Leviers : accompagnement, financement, réseaux, démonstration, innovation et numérique
Une attention particulière sera portée à l’accessibi -
lité de ces dispositifs pour les projets liés aux chaînes
de valeur prioritaires (voir Axe 5), et à la cohérence
régionale de ceux-ci en s’appuyant sur les travaux
menés au sein de la Stratégie de Spécialisation intel-
ligente.
> Rendre plus lisible les dispositifs d’aide
existants :
• Easy’up de la SOWALFIN, cofinancé par le
FEDER, accélère la commercialisation d’innova-
tions de produits, de process ou de services, au
moyen d’un financement mis à disposition rapi-
dement, tant pour les projets technologiques
que non technologiques.
• Easy green de la SOWALFIN, cofinancé par le
FEDER, permet aux TPE et PME de participer,
via leurs investissements, à la transition énergé-
tique et à la diminution des émissions de gaz à
effet de serre.
• Les aides dont l’objectif est d’aider les PME à
mettre en place un projet de recherche indus-
trielle ou de développement expérimental en
coopération avec une ou plusieurs entreprises
(PME ou grandes entreprises) contribuant
notamment au développement durable.
• Les aides aux projets de développement expé-
rimental qui peuvent comprendre la création de
prototypes ou pilotes.
• Les aides visant à stimuler la recherche stra -
tégique menée au sein des universités, des
hautes écoles ou de leurs centres de recherche
associés, en amont de projets identifiés par les
entreprises wallonnes.
• Le programme Made Different Digital
Wallonia propose un Diagnostic approfondi
industrie du futur. L’accompagnement se
concentre sur la transformation des processus de
production par la digitalisation dont l’éco-pro -
duction.
• L’accompagnement des entrepreneurs
actifs dans l’économie circulaire sera renforcé.
La diversité et les synergies entre entreprises
seront recherchées.
• Les plateformes d’innovation ouverte veille -
ront à développer l’accompagnement de projets
innovants en économie circulaire. Et ce, par
exemple, à travers des ateliers de co-création et
de prototypage, concours, missions de conseil,
un accès à des équipements de prototypage, et
des projets de fin d’études.
• Les acteurs de l’accompagnement seront
sensibilisés afin de disséminer les concepts
d’éco-conception et d’économie de la fonction -
nalité au sein des entreprises.
IV. Chemin vers une économie circulaire
29
7. Renforcer l’implication des acteurs wallons dans des programmes et réseaux belges, européens
et internationaux permettant de favoriser les projets innovants, de maximiser les partenariats et
les financements européens
Leviers : financement, réseaux et démarches volontaires, démonstration, innovation, numérique, collaboration et
représentation au niveau belge, européen et international
34 La Vanguard Initiative favorise la coopération interrégionale et la gouvernance à plusieurs niveaux pour soutenir les écosystèmes régionaux afin de se concentrer sur les spécialisations
intelligentes dans les domaines prioritaires pour les industries en transformation et émergentes. https://s3vanguardinitiative.eu/
> Identifier les leviers européens où la Wallonie
veut se positionner sur base de ses forces et poten-
tiels en s’appuyant sur la Stratégie régionale de
spécialisation intelligente, organiser cette partici -
pation à des projets et actions au niveau européen,
y compris via les cofinancements nécessaires et
en accompagnant les porteurs de projet, à travers
une coordination étroite entre, notamment, le
SPW EER, les Pôles de compétitivité, les clusters et
le NCP Wallonie (soutien au montage de projets),
l’AWEX et WBI.
Les principales initiatives européennes à cibler
sont notamment :
• Les priorités de recherche d’Horizon Europe ;
• Les partenariats Horizon Europe ;
• Les appels du Green Deal liés à l’économie
circulaire dans le cadre du programme Horizon
Europe ;
• Les partenariats S3 ;
• Les Projets Communs Importants d’Intérêt
Européen (IPCEI) ;
• Les pilotes de la Vanguard Initiative34 ;
• Le Bio-based Industries Joint Undertaking (BBI
JU);
• L’Alliance européenne pour les matières
premières.
> Mobiliser les fonds européens destinés à soutenir
les investissements dans les transitions verte et
numérique pour favoriser l’économie circulaire :
FEDER, FEADER, Fonds pour une transition
juste, InvestEU, Next Generation EU, BEI bioeco-
nomie circulaire, Facilité pour la Relance et la
Résilience (RRF), etc.
> Renforcer la visibilité européenne et interna -
tionale des produits et des services circulaires
wallons, notamment à travers les activités de
l’AWEX et les réseaux internationaux d’inno -
vation mis en place par l’AWEX et WBI
> Amplifier les partenariats technologiques
internationaux via le réseau Entreprise Europe
Network (EEN) Wallonia et sa participation dans
le groupe thématique européen EEN « économie
circulaire  ».
En février 2019, le Gouvernement wallon a confié à la Sofipôle la mission de concevoir et de mettre en œuvre un appel
à projets portant sur le recyclage des plastiques. L’objectif est de compléter les maillons de la chaîne de valeur en se
concentrant sur des types de polymères complémentaires et sur la création d’unités de production permettant de créer de
la valeur ajoutée sur le territoire wallon : 25 lettres d’intention ont été déposées, rassemblant un total de 40 entreprises
– dont certaines étrangères - et représentant 428 M euros d’investissements potentiels.
Six avant-projets ont été présélectionnés par un Jury puis par le Gouvernement, représentant un potentiel de 156.000 tonnes
de déchets plastiques pour un total de 47 M euros d’investissements publics. Les projets qui, d’ici 2021, auront démontré
leur viabilité, seront financés (capital et/ou prêts).
APPEL À PROJETS PLASTIQUE (MISSION DÉLÉGUÉE SRIW/SOFIPÔLE)
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
30
Lancé mi-2020, le projet pilote « Challenge Plastics go
green and circular » vise à tester une nouvelle approche de
soutien à des projets d’innovation en matière de circularité du
plastique portés par des PME ou des start-ups, sur base d’une
approche basée sur des défis. Celui-ci s’inscrit dans le projet
pilote sur la transition industrielle soutenu par la Commission
Européenne. Le projet est mis en œuvre en collaboration
entre le SPW Economie et la plate-forme PEPIT qui regroupe
3 clusters/Pôles et plusieurs centres de recherche.
En août 2020, 10 challenges ont été sélectionnés par le jury
sur base des propositions reçues. Ces challenges portent sur
des questions diverses allant de la collecte et réutilisation
ou recyclage des masques chirurgicaux et FFP2 à la mise
en place d’une filière spécifique pour les couches-culottes.
En novembre 2020, le jury a sélectionné 9 projets qui
répondent aux challenges identifiés. Ces projets sont :
• La création d’une filière locale de valorisation des
plastiques durs collectés dans les recyparcs ;
• Le développement de granulés thermoplastiques 100%
biosourcés et biodégradables pour produire des films et
des emballages ;
• La valorisation des sachets compostables pour fruits et
légumes en recyclage organique ;
• La mise en place d’une solution pour le traitement des
couches culottes ;
• La création d’une filière de collecte, de décontamination
et de recyclage des masques ;
• La mise en place d’une logistique pour exploiter les
seaux en PP comme une ressource.
• Le développement d’une machine mobile de retraitement
des déchets plastiques en industrie (en particulier les
balayures et blocs trop larges pour être broyés par les
transformateurs)
• L’installation « d’ armoire-donnerie » dans des lieux à
public restreint pour réutiliser les objets en plastique ou
revaloriser leurs matériaux
• La revalorisation de thermoplastique pour l’utiliser dans
les infrastructures ferroviaires, la voirie et le Bitume et
travaux de voiries (BTP).
Les PME et start-up soutenant ces projets recevront un
subside de 15.000€ et un accompagnement personnalisé
pendant 6 mois pour concrétiser leur solution innovante. Cet
accompagnement par un prestataire externe aura lieu jusqu’
à mai 2021.
LE CHALLENGE PLASTICS GO GREEN AND CIRCULAR
La Région wallonne soutient des projets pilotes en économie sociale dont certains en lien avec l’économie circulaire.
Ce coup de pouce permet de faciliter le lancement d’une activité particulière.
C’est par exemple le cas du projet « Amélioration des conditions de récupération d’appareils électroménagers invendus
dans les magasins » porté par la coopérative CYREO. Le but de ce projet était d’améliorer les collectes de petits électros
à réutiliser en allant les collecter directement chez les détaillants et en mettant en place des partenariats avec ceux-ci
pour préserver la qualité et le potentiel de réutilisation des appareils. Dans ce cadre, des partenariats ont été mis en
place entre CYREO et des entreprises telles que Carrefour et Médiamarkt. Le projet a également été élargi afin de traiter et
recycler les déchets électroniques journaliers des magasins. En plus de ce travail, de la sensibilisation et de la formation
ont été réalisées par CYREO dans les structures partenaires. Le projet est maintenant soutenu par un projet européen sur
3 ans et qui comprend 17 partenaires.
PROJETS PILOTES EN ÉCONOMIE SOCIALE
IV. Chemin vers une économie circulaire
31
AMBITION 3 ÊTRE UNE RÉGION QUI GÈRE ET EXPLOITE SES RESSOURCES NATURELLES
DE MANIÈRE CIRCULAIRE (EAU, BOIS, SOLS, BIOMASSE, ETC.)
35 Les services écosystémiques sont « les bienfaits que les êtres humains obtiennent des écosystèmes » (MA, 2005).
36 Le Plan Wallon des Déchets-Ressources, les plans d’aménagement forestier, les plans de gestion des districts hydrographiques, le schéma régional des ressources en eau, le schéma
de développement du territoire, le plan air climat énergie, la stratégie de développement de l’agriculture biologique, le plan wallon de développement rural, le programme wallon de
réduction des pertes et gaspillages alimentaires, plan de gestion des risques d’inondation, etc.
37 Coq vert, 2018, Mémorandum : Recommandation pour le développement d’une économie biobasée en Wallonie
38 Innovity, 2020, Document de synthèse : stratégie biobasée pour la Région Wallonne.
39 European Commission, 2018, A sustainable bioeconomy for Europe : strenghthening the connection between economy, society and the environment
40 État de l’environnement wallon « Ressources forestières », « indicateurs de biodiversité en forêt » et « état de santé des forêts » .
41 Friches industrielles et décharges.
42 Un site marginal est une surface délaissée qui ne peut accueillir de projet immobilier ou de culture alimentaire ou de sauvegarde d'une faune/flore de haut intérêt, mais qui peut être
valorisée grâce à une production de biomasse végétale. Une fois le site valorisé, sa marginalité devient une opportunité économique et environnementale pour son gestionnaire. On parle
alors de site à potentiel de production de biomasse.
Afin d’éviter les impacts négatifs des modes de
consommation et de production sur l’environne -
ment et le climat, et de restaurer la biodiversité et
les écosystèmes, la Wallonie optimisera l’usage de
l’air, des sols, des eaux, de la biomasse et des services
écosystémiques35. D’autres stratégies et plans
de la Région 36 abordent les différents aspects liés
aux ressources naturelles. Vu la transversalité des
enjeux, la Stratégie de déploiement de l’économie
circulaire s’intégrera dans les orientations de
ceux-ci et n’abordera que certains points spécifiques.
Concernant la bioéconomie, plusieurs travaux ont
été réalisés au niveau wallon, notamment un mémo-
randum37 et une mission spécifique liée à l’élaboration
d’une stratégie relative à l’économie biobasée 38 :
les mesures et actions relevées dans ces travaux ont
été intégrées dans cette ambition. Cela permet d’ali-
gner les objectifs wallons aux priorités européennes,
notamment à la stratégie relative à la bioéconomie
adoptée par l’Europe en 2013 et renouvelée en 201839.
L’enjeu est de limiter la dépendance de la Wallonie
aux flux de ressources entrants en favorisant
le bouclage de flux de ressources et de gisements
territoriaux. Il s’agira de préserver ou d’exploiter
de manière plus durable les ressources naturelles
stratégiques (ressources rares, non renouvelables
ou fragiles) dans l’optique de renforcer l’autonomie
du territoire, et de limiter le recours aux ressources
non renouvelables, et d’analyser si des acteurs écono-
miques souhaitent se positionner sur de nouvelles
activités issues de ces ressources.
Pour la Wallonie, la biomasse forestière et agri -
cole, les eaux souterraines, les eaux de surface et
les ressources minérales présentent des enjeux
spécifiques et des atouts pour le territoire. En
effet, les forêts wallonnes, qui occupent près d’un
tiers du territoire 40, fournissent divers services
environnementaux et constituent également une
composante majeure des paysages de Wallonie et
une ressource socioéconomique de première impor-
tance. La préservation et la gestion des ressources en
sols (non renouvelables) sont également essentielles.
En effet, le sol est le support d'une grande partie
des activités humaines, notamment : agriculture et
horticulture, sylviculture, jardinage amateurs, parcs
d'activités économiques, réaffectation des friches
industrielles, urbanisme (villes et villages, zones
récréatives).
Mesures et actions
8. Revaloriser les sites41 et les carrières de Wallonie
Leviers : financement, démonstration, innovation, numérique, normes et réglementation
> Mettre en place une gestion des sites marginaux
au niveau de la Wallonie à travers un plan d’actions.
> Poursuivre les actions relatives à la reconversion
des sites marginaux 42 par la production durable
de biomasse grâce au savoir-faire wallon établi,
notamment au travers de projets appliqués
antérieurs (Wallphy, New-C-Land).
> Contribuer à la formation et à l’accompa -
gnement des parties prenantes dans la
reconversion des sites marginaux en production
durable de la biomasse (notamment Brownfield
IV. Chemin vers une économie circulaire
32
Academy, Services ValBiom, Midi de la biomasse
ValBiom).
> Exercer le couplage de fauchage tardif et la valori -
sation de l'herbe en énergie ou matériaux afin de
promouvoir une gestion durable et circulaire
des linéaires routiers en Wallonie.
> Identifier les sources de matière et les filières
aptes à favoriser la valorisation des déchets
(enfouis dans les décharges et/ou présents sur
les sites industriels désaffectés). Cela se concré -
tisera notamment à travers des projets de ‘landfill
mining/urban mining’ ainsi qu’à travers la carto -
graphie des sources des matières à valoriser
(par rapport aux sites et à leur historique) et des
filières de valorisation pour certaines catégories
de déchets/ressources secondaires présents sur
les sites industriels désaffectés. Cette action est
également en lien avec les ambitions 9 et 10 de
Circular Wallonia.
> Permettre/favoriser l’utilisation temporaire
des sites/décharges/carrières dans le but de tirer
profit des terrains, en attendant le développement
d’autres projets à long terme. Cela se concrétisera
à travers la mise en place d’outils, la simplification
de procédures de conversion des sites, l’identi -
fication et la mise en pratique des techniques de
prise de décision efficaces, l’identification des
43 Inventaire réalisé par la CPDT.
acteurs clés ainsi que le développement de parte -
nariats polyvalents.
> Se baser sur l’inventaire des superficies dispo -
nibles temporairement43 en vue d’y développer des
projets innovants de conversion.
> Adapter les structures d’inventaire des sites
et décharges wallons, en incluant des indicateurs
sociaux, économiques et environnementaux en
vue de bénéficier des outils d’aide à la décision
performants et basés sur l’IA.
> Identifier les barrières dans le développement
et la reconversion des sites et des carrières,
notamment par rapport à leur usage actuel et futur
et au changement des plans de secteurs.
> Développer une offre de terrains publics régionaux
ou locaux, de façon coordonnée entre acteurs, au
départ de l’assainissement de friches industrielles
et de décharges dans le but d’éviter de nouvelles
artificialisations de terrains et de plutôt recycler
l’existant.
> Travailler à l’harmonisation et à l’adaptation
des normes qualitatives appliquées aux sols
contaminés et aux eaux usées en fonction des
différentes possibilités ou options de réutilisation
de ces ressources.
9. Organiser les réseaux régionaux des acteurs de l’économie biobasée dans une logique de filières
et les inscrire dans leur contexte belge et européen
Leviers : réseaux et démarches volontaires, accompagnement, collaboration au niveau belge, européen et interna-
tional
Cela permettra d’avoir une approche inter filières,
d’établir une liste des capacités de chaque acteur et
de s’inspirer d’expériences étrangères. Cette logique
de filières se développera à travers les activités
suivantes :
> Mettre en place et assurer la mise à jour d’un
annuaire et d’une cartographie des acteurs
de l’économie biobasée en Wallonie (à travers le
Digital Monitoring tool – voir mesure 2).
> Mise en place d’une activité d’accompagnement
(ou Business development) pour détecter les
besoins des marchés et stimuler les demandes
pour les produits biobasés, déployer les filières
et soutenir les initiatives. Plus particulièrement,
dans les chaines de valeur prioritaires de la
présente stratégie.
> Optimiser les chaines de valeur existantes et
développer des voies de valorisation complémen-
taires pour les industries wallonnes employant de la
biomasse afin de renforcer leur connexion avec les
filières de plus haute valeur ajoutée (e.g. : extraction
de molécules d’intérêts, au départ de connexes de
la filière forêt-bois, destinées aux marchés cosmé-
tiques et nutraceutique).
> Organiser, annuellement par zone géographique,
en partenariat avec les intercommunales de
IV. Chemin vers une économie circulaire
33
IV. Chemin vers une économie circulaire
développement économique, des réunions inter-
sectorielles afin de favoriser les échanges et les
synergies potentielles entre les acteurs des filières
de l’économie biobasée.
> Organiser annuellement des colloques relatifs à
l’économie biobasée, afin de favoriser les échanges
et les collaborations entre les acteurs.
> Elaborer et mettre en œuvre en collaboration avec
l’AWEX un programme de communication et de
promotion des filières de l’économie biobasée
en Wallonie afin de favoriser l’attraction des
investissements étrangers.
44 Fondation Ellen MacArthur.
> Communiquer aux acteurs de l’économie biobasée
les aides et les dispositifs existants concernant
l’accompagnement et le financement de projets
innovants, au travers de newsletters spécifiques
et lors d’évènements.
> Former des experts de l’économie biobasée à
travers de nouveaux programmes techniques pour
les écoles, des cours académiques et des masters
exécutifs en économie biobasée pour les univer -
sités, éventuellement en partenariat avec des
acteurs industriels.
> Etudier les pistes d’évolution des missions des
acteurs de l’animation de la filière bois.
10. Soutenir les actions de préservation et de restauration de la biodiversité et des services
écosystémiques dans le cadre des projets en économie circulaire
La régénération des écosystèmes et de leurs services écosystémiques est un des éléments clés de l’économie
circulaire44. Ainsi, il est essentiel que les projets en économie circulaire qui seront mis en œuvre en Wallonie
intègrent cette question et améliorent ainsi la qualité des services écosystémiques de la Région.
IV. Chemin vers une économie circulaire
34
IV. Chemin vers une économie circulaire
L’asbl ValBiom organise annuellement les Rencontres de
la Biomasse, ayant chaque année un focus sur une thé-
matique différente liée à l’économie biobasée : les dé-
chet-ressources en 2017, l’éco-construction en 2018 (en
partenariat avec le Cluster Eoc-construction), le biogaz en
2019, et la production de biomasse en 2020.
GreenWin organise annuellement le colloque scientifique
international « Chimie verte et Biotechnologies blanches »
avec une thématique différente liée à l’économie biobasée
– Les Bioplastiques en 2019 et La bioraffinerie: au cœur des
nouveaux procédés de production en bioéconomie en 2020.
La filière bois, par le truchement de l’Office économique wal-
lon du bois, organise chaque année les « Rencontre Filière
Bois ». La 11e édition en 2016 avait ainsi comme thématique
« La filière en révolution, vers une économie circulaire ».

Le Cluster Eco-construction, via notamment sa participation
à plusieurs projets Interreg (Bati C2, FAI-Re, etc) organise
régulièrement des conférences sur des sujets tels que
éco-matériaux et circuits courts, rénovation efficiente, ren-
contres « Journée du bâtiment durable ». De plus, soutenu
par la Wallonie, le Cluster a lancé fin 2019 le label « Produit
biosourcé » qui permet de prouver la teneur en matières
biosourcées d’un matériau de construction ou d’isolation.
ORGANISATION DE COLLOQUES RELATIFS À L’ÉCONOMIE BIOBASÉE
La SPAQuE en collaboration avec la plateforme « Reverse metallurgy » est le chef de file de ce projet. Il vise à la
récupération des matériaux et métaux, tout en réduisant les coûts de réhabilitation des anciens sites de l’industrie
métallurgique, qui sont dans la plupart des cas très pollués. Son but final est la conception et la mise en place d’un
nouveau modèle économique, facile à mettre en application par les sociétés privées et publiques, permettant la
réintégration de matières minérales et de terrains dans l’économie régionale.
LE PROJET EUROPÉEN NWE-REGENERATIS
L'IPRFW a pour mission essentielle de dresser un état des
lieux de la forêt wallonne de façon continue au cours
du temps. Les objectifs poursuivis lors du lancement de
l’inventaire en 1994 étaient essentiellement politiques et
économiques. Toutefois, ces objectifs se sont rapidement
diversifiés et couvrent la politique forestière, l’industrie du
bois, la gestion de durable des forêts.
Cet inventaire est réalisé par le Département de la Nature
et des Forêts du SPW.
INVENTAIRE PERMANENT DES RESSOURCES FORESTIÈRES DE WALLONIE (IPRFW)
35
IV. Chemin vers une économie circulaire
DEUXIÈME AXE
Demande et consommation
de biens et services circulaires
36
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
L
a transition vers une économie circu-
laire ne passe pas seulement par un
changement dans la production. Elle
va de pair avec une modification du
rapport à la consommation tant
des citoyens, des pouvoirs publics que des entre-
prises. Le recours à la réparation, au réemploi, à des
produits fabriqués à partir de matières recyclées ou à
des modèles alternatifs via l’économie de la fonc -
tionnalité, le partage ou le don, deviendront
progressivement naturels et attractifs pour les
consommateurs.
45 C’est-à-dire les marchés publics de fournitures, de travaux et certains marchés de services (conception de projets, économie de la fonctionnalité, etc.).
À cette fin, la Wallonie mettra les ressources
nécessaires à la disposition des différents profils
d’acheteurs pour qu’ils puissent éclairer leurs choix
et considérer au moment de l’achat les impacts liés
à l’ensemble du cycle de vie du produit ou service.
Les marchés publics représentent un levier consi -
dérable pour augmenter la demande en produits et
services circulaires. La Région utilisera la commande
publique de ses administrations, ses villes et ses
communes pour stimuler l’offre circulaire ainsi que
pour réduire sa consommation, et jouer ainsi un rôle
d’exemplarité. Une attention particulière sera portée
à l’analyse des coûts et des délais.

Les mesures de cet axe permettront d’atteindre d’ici 2025 les objectifs opérationnels suivants :
> Atteindre une quantité moyenne d’objets réutilisés de 8 kg/hab;
> Orienter 20 % de l’achat de produits potentiellement encombrants (hors équipements électriques et
électroniques - EEE) vers la location de ces produits, soit une baisse potentielle d’environ - 0,62 kg hab;
> 50 % des marchés publics régionaux pertinents45 intégreront une réflexion ou des critères circulaires;
> 75 % des marchés d’achats de matériel ICT du SPW et des UAPs seront circulaires et éthiques;
> Tous les marchés de démolition/déconstruction du SPW et des UAPs et des marchés subsidiés
prévoiront un inventaire des matériaux et une déconstruction sélective ;
> Des matériaux de réemploi seront utilisés dans tous les marchés de travaux du SPW et progressi -
vement dans les travaux subsidiés par la Région wallonne ;
> 30 % des entreprises wallonnes réaliseront des achats intégrant les principes de l’économie circulaire.
AMBITION 4 METTRE EN CAPACITÉ LES CONSOMMATEURS
Le déploiement de l’économie circulaire passera par un changement des comportements et des habitudes
d’achats des consommateurs. Par consommateur, nous entendons dans cette section les organisations privées
et les citoyens. Les acheteurs publics sont au cœur de l’ambition 5.
Afin d’augmenter la demande en produits et services circulaires, la Région informera et mettra en capacité
les consommateurs afin qu’ils puissent acheter sur base d’une information exhaustive. Une attention parti -
culière sera portée à l’accès des citoyens plus fragilisés à la consommation circulaire lors de la mise en œuvre
des actions.
Les actions mises en place permettront aussi de renforcer l’économie de la fonctionnalité. Certaines de ces
actions sont liées à la prévention des déchets couverte par l’Ambition 8.
Ce changement dans la demande nécessite également une information et sensibilisation du consommateur.
Des actions de communication ciblées seront mises en place dans le cadre de la stratégie de communication
de Circular Wallonia (Cf. Ambition 6).
37
IV. Chemin vers une économie circulaire
Mesures et actions :
11. Renforcer la dynamique lancée en Wallonie en matière d’achats circulaires
Leviers : réseaux et démarches volontaires, accompagnement, numérique, financement, information, collaboration
et représentation au niveau belge, européen et international
46 L’upcycling (ou surcyclage) est l’action de récupérer des matériaux ou des produits dont on n’a plus l’usage afin de les transformer en matériaux ou produits de qualité ou d’utilité
supérieure.
La Wallonie a déjà mis en place et soutenu plusieurs
initiatives qui ont pour objectif d’encourager et
d’aider les entreprises et les citoyens à consommer de
manière circulaire. Cette dynamique sera renforcée
en continuant et améliorant le développement
d’outils et d’incitants spécifiques. L’évolution des
pratiques des consommateurs à l’égard des produits
circulaires sera suivie.
> Intégrer dans les missions des référents en
économie circulaire un axe lié aux achats des
entreprises accompagnées.
> La Région soutiendra les plateformes de consom-
mation collaborative favorisant les achats
circulaires.
> La Région mettra en place des marketplaces pour
permettre l’upcycling46 de produits et matériaux.
> Le réseau des repairs cafés et des ressourceries
(magasins de seconde main) sera également
renforcé afin de couvrir l’ensemble du territoire
wallon. Le secteur de l’économie sociale et des
entreprises de travail adapté sera associé à ce
développement. Cela permettra de rendre accessible
à l’ensemble des wallons des services qualitatifs et
de proximité tels que des magasins de seconde main
avec une palette variée de biens de consommation
courante. Les « acteurs conventionnels », comme la
grande distribution, seront également encouragés à
s’engager dans cette démarche.
> Les pratiques de réparation chez les consomma-
teurs seront soutenues. Une étude est actuellement
en cours et devrait proposer des mesures à mettre
en place, parmi lesquelles les chèques réparation, les
labels, les incitants fiscaux, les campagnes de sensi-
bilisation, la mise en ligne d’une cartographie des
réparateurs ainsi que la mise en place d’un portail
mutualisé pour les pièces détachées. L’évolution des
pratiques de réparation est par ailleurs suivie par
l’Observatoire de la réparation.
> Favoriser le don au travers d’un renforcement du
maillage de points d’apport.
> La Région soutiendra les pouvoirs locaux qui
souhaitent encourager leurs habitants à acheter de
manière circulaire, par exemple via des dispositifs
tels que des appels à projets par quartier.
> Les évènements organisés dans le cadre de
subventions octroyées par la Région wallonne
respecteront une check-list durable comprenant
des éléments circulaires , lorsque cela est possible.
Cette liste contiendra des lignes directrices claires
quant aux éléments à respecter (pour le décor et
les stands, en termes de gaspillage alimentaire,
d’utilisation d’ustensiles réutilisables, etc.) par
les organisateurs d’évènements subsidiés. Cette
liste sera intégrée dans un modèle d’AGW pour
les subventions d’évènements. Cette liste sera
également utilisée dans le cadre de l’organisation
d’évènements par le SPW.
> La Région soutiendra des actions favorisant une
démarche d’innovation circulaire, centrée sur
l’expérience utilisateur. Inciter les entreprises à
améliorer la disponibilité d’informations sur
les caractéristiques des produits non alimentaires
vendus. Cela se fera via un passeport électronique,
tel que prôné dans le plan d’action européen, qui
fournira des informations sur leur origine, leur
composition, leurs possibilités de réparation et de
démontage, ainsi que sur leur traitement en fin de
vie.
> Encourager et soutenir les initiatives visant à
diminuer les déchets telles que les démarches
« zéro déchets », les possibilités d’achats en vrac,
les alternatives réutilisables aux produits à usage
unique à travers la mise en œuvre effective des
mesures et des actions figurant dans le programme
de prévention (cahier 2) du Plan wallon des
déchets-ressources (voir ambition 8 de l’axe 4).
38
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
> Etudier l’opportunité de mettre en place un
label « produits circulaires » afin de renforcer la
dynamique d’achat et l’information au consom -
mateur.
> La Région soutiendra le développement du
récent label « Produit biosourcé », qui permet
de prouver le pourcentage de matières biobasées
au sein, d’un matériau de construction ou d’iso -
lation. En prenant des mesures pour encourager
les prescripteurs privés et le grand public à utiliser
des éco-matériaux, l’utilisation, la transformation
et la réutilisation locales de ressources naturelles
locales seront accélérées.
12. Appuyer au niveau belge et européen la mise en place d’actions qui stimuleront la
consommation circulaire
Leviers : collaboration et représentation au niveau belge, européen et international, normes et réglementations
Certaines actions essentielles au déploiement de
l’économie circulaire doivent être prises au niveau
fédéral et européen.
> La Région wallonne soutiendra la mise en place
de mesures fiscales au niveau fédéral pour
stimuler l’économie circulaire.
> Elle sera également attentive à l’élaboration et
à l’adaptation de normes produits au niveau
européen.
> La Région wallonne plaidera auprès de l’Union
européenne pour renforcer les actions de
changement de comportements des consomma -
teurs.
Depuis 2015, la Wallonie soutient Repair Together, l’asbl
qui coordonne le réseau des Repair Cafés de Wallonie et de
Bruxelles-Capitale. Les 2000 bénévoles des 145 Repair cafés
existants en Wallonie accueillent en moyenne 56 visiteurs par
événement.
Les objets réparés sont, par ordre d’importance, le petit
électroménager (46%), l’IT (20%), le textile (16%), les vélos
(7%), et dans une moindre mesure le petit mobilier. En 2019,
pas moins de 175 tonnes de déchets ont été évitées grâce aux
Repair cafés, soit l’équivalent de 1750 tonnes de CO2.
Par ailleurs, Repair Together sensibilise un large public aux
enjeux environnementaux, économiques et sociétaux liés aux
modes de production, à l’économie circulaire, à la réparation
et au réemploi. À ce titre, Repair Together mène des actions
sur l'obsolescence programmée et le droit à la réparation.
RÉSEAU DE REPAIR CAFÉS
Chaque année au début du mois de mai, la Fédération RESSOURCES organise la fête de la récup’. Véritable vitrine du secteur
de la réutilisation, cet évènement permet aux entreprises sociales et circulaires membres de la Fédération de montrer leur
dynamisme et leur diversité. Elles sont actuellement au nombre de 60.
Dans leurs 150 boutiques de seconde main, elles proposent à leurs clients diverses activités et animations afin de les
informer des enjeux sociaux et environnementaux de la réutilisation des biens et des matières et leur présenter le travail de
l’ombre et les innovations, qui aboutissent à la réutilisation de plus de 45.000 tonnes de déchets chaque année.
La fête de la récup’ est également l’événement qui permet à RESSOURCES de publier l’Observatoire de la Réutilisation qui
présente les résultats, les perspectives et les défis du secteur de la réutilisation.
FÊTE DE LA RÉCUP’
39
IV. Chemin vers une économie circulaire
Lancé fin novembre 2019, le Green Deal Achats Circulaires a pour objectif d’accompagner les organisations publiques et
privées dans l’intégration de principes de l’économie circulaire dans leurs achats.
Ce sont plus de 160 organisations qui se sont engagées dans ce projet en tant qu’acheteur ou facilitateur. Elles sont
rassemblées pour 3 ans au sein d’un réseau d’apprentissage qui leur permet d’apprendre, d’échanger et de s’inspirer.
GREEN DEAL ACHATS CIRCULAIRES

40
IV. Chemin vers une économie circulaire
AMBITION 5 FAIRE DE LA RÉGION UN ACTEUR EXEMPLAIRE
La Région wallonne agira de manière exemplaire en intégrant les principes de l’économie circulaire dans
ses actions, que ce soit dans ses relations en plaidant au niveau belge et européen pour plus de circularité
(cf. Ambition 2,3,4), ou plus particulièrement dans ses achats et ses marchés publics. La Région utilisera le
levier que constitue la commande publique, pour stimuler la demande en produits et services circulaires, et
insufflera l’envie d’agir aux différentes parties prenantes. La Région associera les critères circulaires à des
critères sociaux et éthiques.
Mesures et actions
13. Renforcer la dynamique lancée en matière de marchés publics circulaires
Leviers : marchés publics, sensibilisation, formation, collaboration belge, européenne et internationale
La Région amplifiera les initiatives existantes afin
d’inciter les acheteurs soumis à la législation sur les
marchés publics, en particulier le SPW, les pouvoirs
locaux et les UAPs, à intégrer des critères circulaires
dans leurs marchés publics. Une attention particulière
sera portée afin de garantir l’accès aux TPE et PME. Les
outils nécessaires seront mis à disposition des ache-
teurs afin de les mettre en capacité. L’intégration de
la circularité dans les marchés publics de la Région
sera suivie en collaboration avec l’Observatoire de la
Commande Publique.
> Continuer et améliorer le développement
d’outils spécifiques pour aider les pouvoirs adjudi-
cateurs (clauses-types, facilitateurs circulaires,
etc.). Une attention particulière sera portée sur la
mise à disposition d’outils sur les thématiques des
6 chaînes de valeur prioritaires.
> Intégrer une section sur les aspects circulaires
dans les formations aux marchés publics, en
collaboration notamment avec l’Ecole d’adminis -
tration publique (EAP).
> Obliger progressivement l’insertion des principes
et de critères circulaires au sein des marchés
du SPW et des UAP faisant office de centrales
d’achats pour les pouvoirs locaux.
> Mettre en place une gestion des équipements
TIC circulaire au SPW notamment au travers de
la mise en œuvre des engagements liés au Pacte
international initié par les Pays-Bas.
> Renforcer la collaboration avec les autres
régions belges sur le sujet afin de capitaliser sur
les expériences similaires.
> Collaborer et s’inspirer en participant à des
projets et réseaux européens et internationaux
tels que le futur réseau international en marchés
publics circulaires (C-Prone).
> Proposer des formations aux éco-conseillers ou
autres personnes en charge du Développement
durable au sein des communes afin qu’ils puissent
plus facilement intégrer l’économie circulaire au
sein de leur commune.
> Initier une réflexion afin de favoriser les
donations des biens déclarés désaffectés en
bon état, et ainsi permettre leur recondition -
nement pour d’autres usages.
> Les marchés publics durables seront soutenus et
renforcés dans le secteur de l’économie sociale via
des appels à projets.
IV. Chemin vers une économie circulaire
41
IV. Chemin vers une économie circulaire
En 2019, le SPW a lancé une étude qui a permis d’identifier une série d’éléments de réemploi courants dans le secteur
de la construction, ainsi que des pistes pour accélérer le réemploi dans les marchés publics. Cette étude est poursuivie
par le développement de clauses techniques qui seront insérées dans le Cahier des Charges Type Bâtiments (CCTB) afin
de favoriser le réemploi des matériaux de construction.
DÉVELOPPEMENT DE CLAUSES DE RÉEMPLOI POUR LES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION
DANS LES MARCHÉS PUBLICS
La Province de Namur poursuit son processus de
modernisation en investissant dans un nouvel outil de
travail : un bâtiment modulable et durable capable de
s’adapter aux nouvelles réalités de travail. La Maison
Administrative Provinciale (la MAP) rassemblera dès 2021
près de 500 collaborateurs actuellement disséminés dans
17 implantations namuroises.
L’accent est mis sur l’engagement environnemental et
la Province vise une certification environnementale de
premier ordre : BREEAM avec critère d’excellence. Ainsi,
par exemple, les matériaux utilisés ont un faible impact sur
l’environnement tout au long du cycle de vie du bâtiment
(bois local) et le bâtiment est à énergie positive (ombrelles
photovoltaïques, géothermie, ventilation naturelle, etc.).
Le concept d’économie circulaire constitue un réel moteur
dans ce projet. Ainsi, la MAP peut être totalement démontée
et ses matériaux réutilisés L’agriculture urbaine y a aussi sa
place : potager entretenu et gérer par le personnel, soupe
« maison » et retour à la terre des déchets organiques.
Même approche en termes de mobilité avec la mise en place
d’un atelier de réparation pour les vélos des employés.
Grâce à la MAP et avec la constitution d’un nouveau service
regroupant les experts en marchés publics de la Province,
celle-ci ambitionne dorénavant une généralisation d’une
politique d’achats « circulaires » de biens et services.
De nombreuses actions sont également mises en œuvre
avec les agents provinciaux en matière de consommation
responsable.
MAISON ADMINISTRATIVE DE LA PROVINCE DE NAMUR
Le SPW, Bruxelles Environnement et l’OVAM ont travaillé pendant 5 ans en collaboration avec
plusieurs universités et bureaux d’études à la réalisation de l’outil TOTEM. Cet outil a pour
ambition de permettre, de manière totalement objective et transparente, à tous les acteurs
du secteur belge du bâtiment (architectes, bureaux d’études, entrepreneurs, promoteurs
et pouvoirs publics) d’identifier et de limiter les impacts environnementaux du
bâtiment dès la phase de conception du projet. A terme, la volonté est d’intégrer cette approche dans les critères
d’attribution des marchés publics.
OUTIL D’ANALYSE DE L’IMPACT ENVIRONNEMENTAL DES MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
42
TROISIÈME AXE
Mobilisation de tous les acteurs
IV. Chemin vers une économie circulaire
43
L
a transition vers une économie circu-
laire nécessite l’implication et
l’engagement de l’ensemble des
acteurs de la Région. En effet, le
déploiement des six chaînes de
valeur impliquera la mise en place de partenariats
sectoriels et avec l’ensemble des acteurs de la chaîne
de valeur ou, plutôt, de la « boucle de valeur ». Une
approche par territoire ou par ressource fera inter -
venir une multitude de filières différentes et
s’intéressera également à l’implication des citoyens
au-delà de leur rôle de consommateurs.
Cette implication des acteurs nécessite une sensibi-
lisation et compréhension de l’économie circulaire
et ses enjeux.
Pour fonctionner ensemble, il est essentiel qu’une
dynamique émerge et que les acteurs wallons
puissent échanger régulièrement. Cela permettra
de croiser les compétences, de constituer et fédérer
des réseaux d’experts en économie circulaire et de
partager les bonnes pratiques.
Les mesures de cet axe permettront d’atteindre les objectifs opérationnels suivants :
> 80 % des entreprises wallonnes connaîtront le concept d’économie circulaire d’ici 2025 ;
> 2000 opérateurs économiques seront sensibilisés à l’économie circulaire via des évènements de
formation et de sensibilisation d’ici 2025 ;
> 5000 personnes seront formées sur un sujet en lien avec les métiers de l’économie circulaire d’ici 2025 ;
> 10 000 demandeurs d’emploi seront mis à l’emploi dans un métier en lien avec l’économie circulaire
d’ici 2030 ;
> Plus de 5000 personnes participeront à la 2e édition de la semaine de l’économie circulaire en 2022.
AMBITION 6 INFORMER, ÉDUQUER ET FORMER TOUS LES ACTEURS À L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
La prise de conscience sur les enjeux et les opportunités de développement de l’économie circulaire est un
préalable au passage à l’action des acteurs. Parmi les leviers mobilisateurs, il s’agira d’informer, d’éduquer et
de former la société civile, les entreprises, les acteurs publics et les citoyens.
Mesures et actions :
14. Développer une stratégie de communication autour du déploiement de l’économie circulaire en
Wallonie
Leviers : communication, sensibilisation, réseaux et démarches volontaires, numérique
Cette stratégie permettra de cultiver et diffuser la
vision d’un monde circulaire pour donner envie aux
citoyens et aux entreprises de s’impliquer dans la
transition. Une vision partagée est un élément clé
pour garantir la transition vers une économie circu -
laire et mobiliser les acteurs. La Région mènera,
en collaboration avec les parties prenantes, des
campagnes de sensibilisation et d’information à
l’économie circulaire adaptées aux différents publics
cibles. Cette stratégie de communication améliorera
également la valorisation des actions déjà menées au
sein de la Région. Elle permettra de communiquer de
manière coordonnée sur toutes les actions relatives
à Circular Wallonia, y compris celles des chaînes de
valeur et ayant trait à l’économie biobasée.
> Renforcer le site economiecirculaire.wallonie.
be. Ce site deviendra le site centralisateur des
informations inhérentes à l’économie circulaire
en Wallonie, dans tous ses aspects. Il recensera
les bonnes pratiques et il renverra vers les actions
et campagnes existantes, les résultats d’études
financées par la Région, les projets et actions des
pôles et des clusters relatifs à l’économie circu -
laire, les appels à projets, les outils. Les rubriques
toucheront les différents types de publics cibles.
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
44
> Mettre en place une cartographie digitale des
acteurs, en collaboration avec l’AdN (« Digital
Monitoring tool »), au sein du site economiecircu-
laire.wallonie.be.
> Valoriser et diffuser les initiatives menées par
les acteurs de la Région notamment via les
réseaux sociaux et les partenaires.
> Organiser annuellement une semaine de l’éco -
nomie circulaire avec des activités et des
évènements touchant les différents publics cibles
(par exemple en même temps que des initiatives
similaires européennes). Le point culminant de
cette semaine sera l’organisation d’une conférence
annuelle sur l’économie circulaire. Cette confé -
rence permettra de partager l’état d’avancement
et les réalisations, de communiquer les ajuste -
ments des plans régional et européen en matière
d’économie circulaire et d’assurer la visibilité de
l’écosystème wallon, notamment via une initiative
de trophées et pionniers de l’économie circulaire.
> Sensibiliser et informer les pouvoirs locaux,
les organismes publics, la société civile et les
citoyens au travers d’« ambassadeurs » ou
« point focaux » de l’économie circulaire pour
mobiliser et sensibiliser les parties prenantes. Au
sein des entreprises, cela passera par les référents
bas-carbone/économie circulaire.
> Etablir une concertation avec la Fédération
Wallonie Bruxelles afin de sensibiliser et
informer les écoles dès l’enseignement primaire
pour mobiliser et sensibiliser les enfants, les
enseignants, les directions d’établissements, les
associations de parents et autres parties prenantes.
> Inclure des composantes de l’économie circu -
laire dans les stratégies de communication
pertinentes de la Région et dans les actions subsi-
diées par la Région.
15. Renforcer le développement des connaissances et des compétences en économie circulaire
Leviers : éducation, formation, sensibilisation et communication
> Identifier les métiers qui vont se développer
dans l’écosystème de l’économie circulaire à
travers les études prospectives du FOREM, en
lien avec Wallonie compétences d’avenir, afin
d’adapter l’offre de prestations (formation,
animation, accompagnement, etc.) aux grands
domaines de transformations attendus. Une
attention particulière sera portée à la mise en place
de mécanismes de transition entre les métiers qui
disparaitront et ceux qui apparaitront, dans une
perspective incluant le genre. L’offre de formation
du FOREM, de l’IFAPME et d’autres organismes
sera renforcée et adaptée pour répondre aux
besoins en compétences de l’économie circu -
laire. Les fonds européens, notamment Feder
et FSE pourront contribuer au financement de
ces nouvelles formations, en particulier pour les
aspects « équipements » nécessaires à la formation
ainsi que pour les aspects « d’incorporation accrue
des compétences adhoc » dans les équipes forma -
tives.
> Initier, en collaboration avec la Fondation Roi
Baudouin, un projet favorisant les emplois
dans l’économie circulaire, dans les secteurs les
plus porteurs et avec une attention particulière
portée sur les entreprises issues de l’économie
sociale.
> Établir une concertation avec la Fédération
Wallonie Bruxelles afin d’enseigner la
réparation dès l’enseignement secondaire, en
cours de technologie.
> Établir une concertation avec la Fédération
Wallonie-Bruxelles afin d’intégrer l’économie
circulaire au sein des cursus scolaires de l’ensei-
gnement professionnalisant/ technique avec
une valorisation de certains métiers en pénurie, des
métiers d’avenir et des nouveaux métiers indispen-
sables pour assurer le succès d’une transition vers
une économie circulaire.
> Établir une concertation avec la Fédération Wallonie
Bruxelles afin de mettre en place une chaire
inter-universitaire relative à l’économie circulaire.
> Établir une concertation avec la Fédération
Wallonie Bruxelles afin de développer un ensei-
gnement sur l’origine, le mode d’exploitation et
de production, la durabilité, l’impact environne -
mental des matériaux utilisés, et notamment sur les
principes et limites d’une économie biobasée.
IV. Chemin vers une économie circulaire
45
> Prendre en considération l’économie circulaire
dans les travaux du Service Francophone des
Métiers et des Qualifications et du Consortium
de Validation des compétences.
> Intégrer des notions d’économie circulaire dans les
référentiels de formation (en ce compris en alter-
nance) de l’IFAPME et du FOREM.
> La promotion des potentiels nouveaux métiers,
des métiers impactés et/ou des filières de l’éco-
système de l’économie circulaire sera aussi assurée
au niveau du Dispositif d’orientation tout au long
de la vie (CEFO et CDM) et dans le cadre de jobdays
réalisés par le FOREM.
> Une dynamique de validation des compé -
tences dans les entreprises du secteur sera initiée.
> Intégrer l’économie circulaire au sein des
actions de sensibilisation à l’entreprenariat
notamment dans l’axe entreprenariat du Dispositif
d’orientation tout au long de la vie (CEFO et
CDM), des structures d’accompagnement à l’auto-
création d’emploi (SAACE), de l'IFAPME et à
l’université.
> Développer l’accompagnement pédagogique
des porteurs de projets en économie circulaire à
l’IFAPME, dans les structures d’accompagnement
à l’auto-création d’emploi (SAACE) ainsi qu’au
FOREM et dans les Centres de compétences.
> Dans le cadre des actions du dispositif
Générations entreprenantes, renforcer ou
actualiser la dimension liée à l’économie circulaire
dans des actions d’éducation à l’entrepreneuriat,
vers les jeunes (écoliers et étudiants) et vers les
enseignants. La thématique relative aux solutions
numériques en faveur de l’économie circulaire
sera également intégrée.
IV. Chemin vers une économie circulaire
46
Cette formation a été lancée en septembre 2019. Elle est issue de la
collaboration de 4 centres de compétences. Le facilitateur en économie
circulaire ou Circular Business Developer pourra à la fois guider le management
dans ses décisions opérationnelles sous un angle de développement durable
tout en mesurant l’impact de ces choix sur les matières premières, les
stocks, les produits, les déchets, l’énergie consommée.
Cette formation s’adresse aux personnes sans emploi dotées au minimum
d’un bachelier dans les domaines scientifique, économique, ou managérial,
ou qui ont une expérience préalable en entreprises. Cette formation de
9 mois permet aux participants de développer de nouvelles compétences,
comme l’analyse du cycle de vie, l’écoconception des produits, l’économie de la fonctionnalité, ainsi qu’un projet d’économie
circulaire durant trois mois de stage en entreprise.
La première édition de la formation a permis à 11 stagiaires d’être formés (dont 3 à l’emploi avant la fin de la formation), d’avoir
plus de 900 heures de cours théoriques, d’écouter plus de 60 experts et professionnels de l’économie circulaire.
LA FORMATION DE FACILITATEUR ET FACILITATRICE EN ÉCONOMIE CIRCULAIRE DU FOREM

Un valoriste généraliste est un professionnel œuvrant à la
valorisation des déchets-ressources. Il/elle réalise des
opérations de collectes préservantes, de tri, de traitement et
de valorisation d’objets (meubles, jouets, électroménagers,
vêtements) et de matériaux de construction (bois, pierres)
selon les règles de sécurité, de respect de l’’environnement
et des critères de valorisation.
Le métier de valoriste généraliste est reconnu par le Service
Francophone des Métiers et des Qualifications (SFMQ), qui
a également validé le référentiel métier. Déjà en place à
Bruxelles, la formation de valoriste sera bientôt mise sur pied
en Wallonie par le FOREM.
L’une des perspectives d’évolution du métier est la
reconnaissance de spécialisation. Les différentes opérations
effectuées par un valoriste sont, dès lors, considérées
comme des compétences, relatives à la gestion des déchets/
ressources d’une filière bien spécifique. Plusieurs métiers
sont visés, dont prioritairement les métiers de valoriste
technicien gros électroménagers, valoriste réparateur IT et
valoriste déconstructeur.
DÉVELOPPEMENT D’UN CURSUS DE VALORISTE GÉNÉRALISTE

En Wallonie, les formations en apprentissage/alternance et de chef d’entreprise de l’IFAPME comprennent déjà l’acquisition de
compétences contribuant au déploiement d’une économie circulaire. A titre d’exemples, dans le secteur de l’alimentation, des
outils pédagogiques liés au gaspillage alimentaire, à l’utilisation et à la valorisation des ressources ont été réalisés dans le
cadre du plan Régal. La formation de maraîcher-bio comprend un module consacré à la gestion de la commercialisation basée
notamment sur les circuits courts, les groupements d’achats, etc.
ALIMENTATION DURABLE, IT ET RÉDUCTION DES DÉCHETS
IV. Chemin vers une économie circulaire
47
IV. Chemin vers une économie circulaire
AMBITION 7 METTRE EN PLACE UNE DYNAMIQUE PÉRENNE AVEC LES ACTEURS DE LA RÉGION
Pour mobiliser l’ensemble des acteurs du territoire sur la durée, il est essentiel de développer une culture
commune et de rassembler l’ensemble des acteurs régionaux. La volonté de la Wallonie est de structurer
les actions et de mobiliser les acteurs en s’assurant de leur adhésion et de leur accompagnement. Les
leviers mobilisateurs reposeront entre autres sur l’identification des forces régionales, la veille straté -
gique et la mise en place d’une gouvernance partenariale qui donnera l’opportunité d’échanger sur les
attentes, les besoins ou les réticences éventuelles de la part de tous les acteurs.
Mesures et Actions :
16. Assurer une veille stratégique et politique, notamment en prenant part aux travaux
européens et internationaux sur l’économie circulaire et par le biais d’études
Leviers : information, réseaux et démarches volontaires, collaboration et représentation au niveau belge,
européen et international
> Le SPW-DD et le SPW EER assureront et
diffuseront une veille sur les évolutions en
économie circulaire en étroite collaboration
avec le SPW ARNE, les outils financiers (la
SOWALFIN et la SRIW, notamment), l’AWEX
et WBI. Cette veille portera sur les aspects straté-
giques et technologiques ainsi qu’au niveau de
politiques publiques..
> La Wallonie veillera à prendre part aux travaux
européens et internationaux sur l’économie
circulaire. Une présence wallonne (adminis -
trations, UAP, etc.) sera assurée et coordonnée
dans les différents groupes de coordination,
et réseaux d’experts au niveau européen et
international. Les informations seront ensuite
échangées au sein des mécanismes de gouver -
nance explicités dans le chapitre dédié à la
gouvernance.
> La Wallonie mettra en place un groupe de
travail d’identification et de levée des
barrières à l’économie circulaire. Il fera le
lien avec les travaux menés à ce sujet en colla -
boration avec les autres régions et le fédéral au
sein de la Plateforme intra-belge.
Ce groupe de travail s’insérera dans les groupes
de travail thématiques de la Plateforme
(cf. chapitre Gouvernance).
> Les besoins en études spécifiques (études
prospectives, études de focus sectoriel, études
de faisabilité technico-économiques, etc.) seront
identifiés.
Un état des lieux des ressources disponibles en
Wallonie et de la dépendance de la Wallonie
vis-à-vis des ressources dites stratégiques devra
être élaboré.
Des études prioritaires de métabolisme
(industriel, urbain, territorial) permettront de
caractériser les flux de ressources, connaître
leurs origines et leurs destinations, les cartogra-
phier afin d’identifier des synergies, les maillons
manquants dans les chaînes/boucles de valeur.
Elles permettront d’alimenter d’autres actions
de la Stratégie, notamment le Digital Monitoring
tool et seront potentiellement en lien avec les
5 Domaines d’Innovation stratégiques identifiés
dans la Stratégie de Spécialisation Intelligente
(« S3 »).
La future cellule d’Analyse économique et straté-
gique de la Région au sein des outils financiers
de la Région (située anciennement au niveau de
la Sogepa contribuera à mener une étude systé -
matique et exhaustive des chaines de valeur, tout
en mettant en évidence les interactions exis -
tantes entre celles-ci. Cela permettra de mettre
en exergue l’éventuel manque d’entreprises
actives dans certains secteurs et les synergies à
mettre en place.
IV. Chemin vers une économie circulaire
48
IV. Chemin vers une économie circulaire
17. Mutualiser l’information, assurer le suivi des actions, renforcer la coordination et maintenir une
dynamique d’engagement des acteurs
Leviers : information, réseaux et démarches volontaires, accompagnement, numérique
47 La théorie du Donut de Kate Raworth (Université d’Oxford), s’inscrit dans une logique d’alternative aux indicateurs économiques classiques tels le PIB.
> Renforcer la coordination et l’implication
des parties prenantes de la Stratégie sur base
du mécanisme de gouvernance explicité dans le
chapitre suivant. L’importance de mettre en place
une coordination et d’assurer les échanges et la
cohérence dans les initiatives menées a été mise
en avant à plusieurs reprises et notamment dans
la résolution adoptée par le Parlement wallon
le 3 mai 2019. Les trois instances mises en place
pour l’élaboration de la Stratégie ont permis
de commencer la dynamique de coordination.
Celle-ci sera consolidée lors de la mise en œuvre
de la Stratégie au travers des instances présentées
dans le chapitre dédié à la gouvernance.
> Renforcer et dynamiser l’écosystème écono -
mique de l’économie circulaire au travers
d’un groupe spécifique au sein de la Plateforme
économie circulaire, explicitée dans le chapitre
gouvernance.
> Mettre en place un tableau de bord de
déploiement de l’économie circulaire en
Wallonie. Proposer et mettre en place un set
d’indicateurs pour le suivi de l’état et de l’évo -
lution de l’économie circulaire en Wallonie,
en capitalisant sur les indicateurs de suivi du
Plan wallon des déchets-ressources, les bonnes
pratiques d’autres régions, les travaux européens
et les groupes de travail multi-acteurs tels que
celui lancé par ACR+ et l’Agence européenne de
l’environnement, et en s’inspirant de la théorie du
Donut.47 Une attention particulière sera portée à la
quantification des réductions d’émissions de gaz à
effet de serre résultant des actions de la stratégie.
> En coopération avec l’AdN, organiser les contenus
au niveau une plateforme collaborative virtuelle
rattachée au site web economiecirculaire.
wallonie.be. Celle-ci permettra un travail colla -
boratif, en fédérant les parties prenantes autour
d’un portail ; de la veille, pour détecter, organiser
et exploiter l’information stratégique au service
de projets en économie circulaire ; de la gestion
des connaissances, afin de capitaliser, partager et
développer les savoir-faire, les expériences et les
compétences dédiées à l’économie circulaire.

Afin de rassembler les informations relatives aux différentes initiatives publiques en matière d’économie circulaire, le Service
Public de Wallonie a développé en 2019 un site web spécifique economiecirculaire.wallonie.be. Ce site centralise l’information
relative à la politique wallonne en la matière, aux initiatives et outils développés et renvoie vers les différents acteurs de
l’économie circulaire. Il sera amélioré dans le cadre de la stratégie de communication de Circular Wallonia.
MISE EN PLACE D’UN SITE WEB DÉDIÉ À L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE EN WALLONIE

49
IV. Chemin vers une économie circulaire
QUATRIÈME AXE

Gestion des déchets-ressources
50
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
L
’inscription dans le droit wallon de la
hiérarchie des déchets, du tri et de la
valorisation des déchets (désormais
compris comme des matières ou
ressources à part entière) et de la
responsabilité élargie des producteurs, a au fil du
temps fait évoluer une politique des déchets initiale-
ment axée sur le développement d’exutoires pour le
contenu des poubelles vers une approche du cycle de
vie dans sa globalité, offrant de nouvelles perspec -
tives, et promouvant de nouvelles responsabilités.
Cette évolution s’est également marquée au travers
de la succession de plans déchets jusqu’au Plan
wallon des déchets-ressources (PWD-R) 48 adopté
par le Gouvernement wallon le 22 mars 2018.
Le PWD-R fixe le cadre planifié de la politique des
déchets-ressources et définit les mesures néces -
saires à l’atteinte des objectifs. À travers ce plan,
la Wallonie continuera d’agir, notamment sur les
axes suivants, qui permettent d’évoluer vers une
économie circulaire :
> Réduire la production des déchets et leurs
impacts sur l’environnement, la santé humaine
et la propreté publique par la transformation
des pratiques à tous les niveaux de la chaîne :
conception, production, transformation, distri -
bution et consommation/utilisation de biens
ou services. Les aspects liés à la production et la
consommation de biens et services circulaires sont
traités dans les axes 1 et 2 de Circular Wallonia ;
> Limiter l’élimination des déchets et utiliser le
mieux et le plus possible les déchets ou matières
comme des ressources, de préférence à l’échelon
régional. A cet effet, créer les conditions propices à
l’émergence de marchés, de filières et d’infrastruc-
tures de réemploi, de collectes sélectives, de tri
et de recyclage pour une série de matières et de
flux de déchets ;
> Assurer la participation de toutes les parties
prenantes, notamment celles du secteur de l’éco -
nomie sociale, au réemploi et à la gestion des
déchets. Cette participation est également un
des axes de Circular Wallonia (troisième axe –
Mobilisation de tous les acteurs) ;
48 Le PWD-R est pris en exécution du décret relatif aux déchets, en tenant compte des exigences évolutives de l’Union européenne. Les objectifs et mesures qu’il comporte au travers de
cinq cahiers, à l’instar de la directive cadre relative aux déchets qu’il exécute, ont pour but de protéger l’environnement et la santé, mais, également de faire de la prévention et de la
gestion des déchets une source de développement social et économique pour la Wallonie. Le PWD-R est en cours de mise en œuvre. Certaines actions sont finalisées, d’autres actions
sont en cours ou en préparation.
> Améliorer la traçabilité des flux, ainsi que la
collecte et l’exploitation des données utiles,
notamment à des fins prédictives et prospectives ;
> Renforcer le rôle d’exemple et d’impulsion des
autorités publiques et la gouvernance des systèmes
de reprise de certains déchets ;
> Aborder les enjeux environnementaux du
numérique, à travers le traitement et le recyclage
des déchets électroniques.
Les actions du PWD-R visent prioritairement, parmi
les fractions de déchets-ressources à prévenir, réem-
ployer, recycler ou valoriser :
> Les emballages (papiers, cartons, plastiques,
métaux,...)  ;
> Les matières organiques  ;
> La fraction encombrante des déchets  ;
> Les matériaux et déchets de construction et de
démolition, en ce compris les terres excavées  ;
> Les équipements électriques et électroniques, en
ce compris les piles et accumulateurs ;
> Les textiles  ;
> Les déchets de bois  ;
> Les véhicules hors d’usage  ;
> Les déchets industriels banals (déchets non
ménagers non dangereux) ;
> Les sédiments  ;
> Les déchets dangereux  ;
> Les matières premières critiques dont les terres
rares.
Les ambitions et la sélection d’actions retenues dans
cet axe renvoient au PWD-R et sont mises en œuvre
dans ce cadre. La stratégie d’économie circulaire vise
à renforcer l’efficience des actions du plan, notam -
ment par la mobilisation des leviers pertinents de la
politique économique, d’innovation et d’emploi-for-
mation et le renforcement des collaborations entre
acteurs. Elle tient aussi compte du PWD-R dans la
définition des actions pour les chaînes/boucles de
valeurs.
Conjointement, la stratégie d’économie circulaire et
le PWD-R participeront aussi à l’atteinte des objec -
tifs de gestion des déchets définis dans la DPR, à
savoir :
51
IV. Chemin vers une économie circulaire
> Renforcer les priorités de l'échelle de Lansink49 en
matière de gestion des déchets-ressources ;
> Atteindre à l’horizon 2027 une diminution de
l'incinération des déchets de minimum 50 % par
rapport au niveau de 2019 ;
> Poursuivre une ambition forte de réduction des
déchets mis en décharge afin de s’inscrire à terme
dans un objectif de suppression complète de la
mise en décharge.
49 Cf. Glossaire
La mise en application optimale de certaines actions
du PWD-R dépend d’une collaboration étroite entre
les acteurs publics et privés de la gestion des déchets
et les acteurs publics du secteur de l’économie, qui
se trouve renforcée par Circular Wallonia. Cela
concerne en particulier différentes actions du
cahier 4 du PWD-R relatives à la gestion des déchets
industriels.
Les mesures de cet axe permettront de contribuer, à l’horizon 2025, aux objectifs opérationnels
suivants du PWD-R :
> Réduire de 5,6 % le gisement total des déchets ménagers ;
> Atteindre, conformément aux objectifs de la directive 2008/98/CE, les objectifs de collecte sélective
de certains types de déchets ménagers, indiqués dans le tableau ci-après :
Tableau 4 : Objectifs chiffrés en matière de collecte sélective des déchets ménagers à l’horizon 2025, par type de déchets
Objectifs de collecte en vue de
la préparation au réemploi et au recyclage
Gisement 2013
(tonnes)
Prévision collectes
sélectives 2025
(tonnes)
Taux de collecte
sélective 2013
Prévision
taux 2025
Fraction fermentescible des ordures
ménagères brutes (FFOM) sans les langes
303.255 160.006 14% 53%
Papier-carton (recyclable) 205.184 194.925 86% 95%
Verre (emballages) 113.019 107.368 86% 95%
PMC et P+MC (hors résidu) 115.061 89.792 43% 78%
Textile 40.269 30.202 55% 75%
Huiles et graisses de friture 6.479 3.211 34% 50%
Piles 1.414 706 48% 50%
52
IV. Chemin vers une économie circulaire
AMBITION 8 FAIRE DE LA PRÉVENTION DES DÉCHETS UNE OPPORTUNITE
POUR TOUS
Afin de favoriser la transition vers une économie circulaire, la hiérarchie des déchets et la prévention quan -
titative et qualitative des déchets s’imposeront à tous.
Mesures et Actions :
18. Soutenir la démarche de transition zéro-déchets (prévention des déchets) au travers notamment
du cadre normatif et de subsidiation, d’accords de branche ainsi que d’appels à projets
thématiques.
Leviers : normes et réglementations, démarches volontaires et financement
Les actions liées à cette mesure suivront les objectifs
suivants :
> Développer l’éco-conception des produits, la dématé-
rialisation et l’économie de la fonctionnalité. Cette
action est détaillée dans l’axe 1 de la Stratégie ;
> Réduire les pertes et le gaspillage (non)alimen -
taire et favoriser le compostage de qualité ;
> Lutter contre le suremballage et développer les
emballages réutilisables ;
> Lutter contre l’obsolescence programmée ;
> Maintenir les produits et équipements en service
plus longtemps, et favoriser le réemploi et la
réparation. Des actions à ce sujet sont également
présentes dans l’axe 2 de la Stratégie ;
> Adapter les seuils de quantités maximales par an
et par habitant (seuils de prélèvement-sanction)
au-dessus desquels les communes sont
sanctionnées, en tenant compte des critères
existants de taille des communes ;
> Encourager la facturation des déchets au poids,
notamment par la diminution du forfait sur le
service minimum et la révision des services
complémentaires ;
> Développer et généraliser la déconstruction
sélective ;
> Développer la valorisation des sous-produits.
> Établir une concertation avec la Fédération
Wallonie-Bruxelles afin d’améliorer l’intégration
de la prévention des déchets au sein des cursus
scolaires, ainsi qu’au niveau de l’organisation de la
collecte des déchets résiduels au sein des établis -
sements scolaires.
19. Favoriser la prévention et le réemploi au travers des aides et outils économiques et numériques
Leviers : financement, numérique
En complément de la sensibilisation des différents
publics cibles mise en œuvre dans le cadre de l’axe
Mobilisation des acteurs. Il s’agira notamment
> D’évaluer les systèmes existants et leurs poten -
tiels, notamment les bourses déchets/matériaux ;
> De développer en concertation avec les entreprises
une approche favorisant la prévention des déchets
ainsi que le réemploi des matériaux au sein des
entreprises ;
> De développer un mécanisme incitatif au réemploi
d’outils de production.
IV. Chemin vers une économie circulaire
53
IV. Chemin vers une économie circulaire
Des études et diagnostics sont réalisés dans différents secteurs pour évaluer les pertes de matières et le potentiel de prévention
des déchets : industrie alimentaire, horeca, distribution, ménages, etc. Les rapports et recommandations sont ensuite diffusés
au travers du portail environnement.wallonie.be et des fédérations participantes.
RÉALISATION D’ÉTUDES ET DIAGNOSTICS
A côté des subventions organiques accordées aux communes
et associations de communes pour mener des actions de
prévention des déchets, des appels à projets sont préparés
et des moyens mobilisés par le Département du Sol et des
Déchets du SPW sur différents thèmes :
• L’économie de fonctionnalité
• La transition zéro déchets des commerces et de l’horeca ;
• La prévention et le tri des déchets d’emballages lors
d’événements;
• La réutilisation et la réparation.
APPELS À PROJETS

54
IV. Chemin vers une économie circulaire
AMBITION 9 AMÉLIORER LES CONNAISSANCES RELATIVES AUX DÉCHETS-RESSOURCES
Le respect de la hiérarchie des déchets et le développement de la circularité des ressources nécessitent une
bonne connaissance des flux de matières produites et traitées à l’échelon individuel, des organisations, des
communes et de la Région. Les mesures et actions suivantes du PWD-R sont notamment concernées.
Mesures et Actions :
20. Améliorer la connaissance quantitative et qualitative des flux de matières produites et traitées
Leviers : numérique, information, démarches volontaires et réseaux
Il s’agit notamment de :
> Poursuivre et accélérer la digitalisation des
processus de communication de données ainsi
que l’exploitation des données liées à l’économie
circulaire ;
> Favoriser la réalisation de diagnostics déchets et
de diagnostics de circularité ;
> Développer le dialogue entre acteurs de la chaîne
pour l’évaluation des besoins et possibilités
d’actions ;
> Elaborer et mettre en place des indicateurs
appropriés afin d’évaluer les progrès réalisés
dans la circularité, et dans le découplage entre la
production des déchets, les impacts environne -
mentaux associés et la croissance économique.
21. Poursuivre le financement d’études de faisabilité sectorielles, de prototypes industriels, de
nouvelles filières de valorisation de déchets ou d’outils innovants de réinsertion des résidus
dans le circuit économique, en mobilisant le réseau de compétences régional et international,
pour produire un effet d’entraînement dans différents secteurs économiques
Leviers : démarches volontaires et réseaux, communication et accompagnement, financement
Il s’agit notamment de :
> Favoriser l’émergence de projets industriels
rentables par la rencontre entre l’offre et la
demande ;
> Mener des actions d’animation économique sur le
terrain en vue d’inciter les entreprises à créer des
partenariats d’échange de sous-produits dans des
zones territoriales cohérentes et soutenir la mise
en place de synergies ;
> Encourager les projets multi-acteurs de biométha-
nisation de matières organiques.
Une attention particulière sera apportée aux déchets
issus du curage et du dragage des voies hydrauliques,
dans une optique d’industrialisation du traitement
et de dépollution spécifique, afin d’en récupérer
l’énergie et les matières premières valorisables (par
exemple le phosphore, l’azote ou l’aluminium) qu’ils
contiennent.
IV. Chemin vers une économie circulaire
55
IV. Chemin vers une économie circulaire
Plusieurs actions relatives à la collecte des données sur les flux de déchets sont mises en place en Wallonie.
Les analyses de la composition de la poubelle tout-venant des ménages wallons et de différents flux de déchets collectés
sélectivement (tels que papier carton, encombrants) ainsi que des déchets sauvages réalisées par le Département du Sol et des
Déchets fournissent des indicateurs utiles et alimentent les prises de décisions régionales, en matière notamment de nouvelles
collectes sélectives ou de responsabilité élargie des producteurs. Les rapports sont publiés sur le portail environnement de la
Région wallonne www.environnement.wallonie.be.
Dans le cadre des obligations de reprise instaurées pour certains déchets, les organismes de gestion sont tenus de collecter
et de rapporter pour le compte des producteurs différentes données ayant trait à la mise sur le marché des produits et à la
gestion des déchets, permettant notamment d’établir l’atteinte des objectifs de collecte et/ou de traitement de différents
types de déchets. Le Département du Sol et des Déchets établit tous les deux ans un rapport par flux, disponible sur le
portail environnement. L’organisme Valipac, chargé de la mise en œuvre de l’obligation de reprise des déchets d’emballages
industriels, collecte non seulement des données relatives à différentes fractions de déchets d’emballages, mais également des
données sur le tri en entreprises d’autres fractions de déchets, en collaboration avec les Régions et les entreprises de gestion de
déchets. Les données relatives aux déchets d’emballages ménagers et industriels sont disponibles pour la Belgique sur le site
de la Commission interrégionale de l’emballage.
Au travers de l’enquête intégrée REGINE, la Wallonie collecte des données relatives aux émissions atmosphériques, à l'air, l'eau,
les déchets, les dépenses environnementales et l'énergie en vue de répondre aux obligations légales et de suivre les politiques
de gestion mises en place. Une méthodologie d’évaluation de la circularité des entreprises est en cours d’établissement dans
cette enquête intégrée environnement.
COLLECTES DES DONNÉES RELATIVES AUX DÉCHETS
Les programmes du Pôle
Greenwin subsidiés par le
SPW ARNE sous les noms de
Waloscrap I et II ont permis de
travailler à l’identification et
la quantification de déchets
et matières secondaires
exploitables en Wallonie,
pour lesquels des projets de R&D et d’investissement peuvent
être proposés et obtenir l'accompagnement de Greenwin.
Les gisements de matières qui ont été étudiés durant la
période 2016-2018 sont, par ordre de priorité :
• Les déchets plastiques et composites ;
• Les déchets réfractaires ;
• Les déchets bitumineux ;
• Les déchets organiques ;
• Les déchets de construction et démolition (C&D).
L’identification de ces gisements a servi de base de travail
à GreenWin pour ses activités de pôle et de mise en réseau
des acteurs afin de permettre aux acteurs de se regrouper
et de développer des projets concrets. La plateforme PEPIT
- Polymers Ecocircularity Platform for an Industrial Transition
– constitue ainsi une initiative démarrée dans le cadre de
la subvention Waloscrap II, et a permis la mise en place
d’une dynamique collaborative entre pôles (GreenWin et
MecaTech), le cluster Plastiwin et des Centres de Recherche
actifs dans le secteur des plastiques. Cinq projets ont été
labellisés et suivis par le pôle GreenWin dans le cadre de
Waloscrap II. Le projet et l’unité pilote industrielle REPLIC
pour la valorisation de déchets et chutes de plâtre issus des
activités de construction et de démolition est l’un de ces
projets.
Le dispositif sera renforcé en 2021 sous le nom de Wallace
—Wallonia Advanced Circular Economy.
WALOSCRAP I ET II

56
IV. Chemin vers une économie circulaire
AMBITION 10 AMPLIFIER LA POLITIQUE DE TRI À LA SOURCE ET LE MEILLEUR TRAITEMENT DES
DÉCHETS
Le tri à la source et la collecte séparée des biens et des déchets constituent une étape clé pour maximiser les
possibilités de réemploi, le recyclage et d’autres formes de valorisation des déchets triés, et réduire ainsi l’éli-
mination des déchets. L’ensemble des modes de traitement doivent être priorisés selon l’échelle de Lansink50.
Les actions suivantes du PWD-R rencontrent cet objectif.
50 Cf. glossaire.
Mesures et Actions :
22. Maximiser les possibilités de réemploi, de recyclage et d’autres formes de valorisation des déchets
Leviers : normes et réglementations, financement, accompagnement
Il s’agit des actions suivantes du PWD-R :
> Étendre le tri et la collecte sélective à de nouvelles
fractions de déchets tels que les déchets organiques,
les plastiques, les matelas usagés, les meubles et
équipements réutilisables, les panneaux photovol-
taïques usagés, certains déchets de construction ;
> Renforcer les contrôles, en particulier au niveau
des pratiques et des filières illégales (free riders) ;
> Soutenir la démarche de tri, de collecte et de logis-
tique innovante au travers notamment d’appels à
projets et de la mise en place de matériauthèques ;
> Privilégier le recyclage de qualité ;
> Soutenir le développement et l'amélioration
des techniques de dépollution, d’extraction de
matières et de traitement ;
> Evaluer et planifier les besoins en infrastructures
de collecte et de traitement des déchets ;
> Concrétiser l'interdiction de mise en centre
d’enfouissement technique (CET) et d’inciné -
ration de déchets recyclables ;
> Réviser le système de responsabilité élargie des
producteurs en accordant une attention particu -
lière à la compétitivité des entreprises wallonnes ;
> Mettre en œuvre et optimiser la législation relative
aux sous-produits et à la fin du statut de déchets ;
> Affiner la politique régionale en matière de
coût-vérité pour mettre en place des meilleures
pratiques en matière de tarification, afin que le
citoyen ait un avantage financier à trier ;
> Adapter le cadre normatif et les outils fiscaux
afin de maximiser les possibilités de réemploi, de
recyclage et d’autres formes de valorisation des
déchets.
> Soutenir le développement des ressourceries
sur le territoire wallon en collaboration avec la
Fédération Ressources.
23. Dynamiser la gestion des déchets au sein des zones d’activités économiques, des zones rurales
ou pour des flux spécifiques afin d’augmenter le taux de captage des déchets à recycler
Leviers : financement, normes et réglementations, accompagnement
Il s’agit notamment :
> De recenser les initiatives et de les évaluer ;
> De faire des appels à projets ciblés
> D’évaluer les projets-pilotes et, le cas échéant, de
les étendre;
> De rendre obligatoire de nouvelles approches de
gestion de déchets dans les zones industrielles.
IV. Chemin vers une économie circulaire
57
IV. Chemin vers une économie circulaire
Un accord de branche entre le secteur de la construction et le Gouvernement wallon, conclu en 1994, a permis de déployer un
éventail d’actions pour améliorer la gestion des déchets de construction et de démolition de bâtiments et de voiries dans le
cadre des chantiers publics et privés : adaptation des cahiers des charges, prises de participation pour l’impulsion d’un réseau
d’installations de recyclage de déchets inertes, information et formation continue des acteurs du secteur au travers notamment
du projet MARCO et d’un soutien financier à la Confédération Construction wallonne.
ACCORD DE BRANCHE ENVIRONNEMENT CONSTRUCTION
En collaboration avec les acteurs de plusieurs secteurs, les
conditions d’activation des statuts de sous-produits et de fin
de statut de déchets ont été définies pour plusieurs types de
matières (comme le bois). Ces nouveaux statuts encadrés par
la législation relative aux déchets permettront la circulation
et l’utilisation de matières en toute sécurité juridique, sans
l’étiquette et les contraintes liées au statut de déchets.
DÉFINITION DES STATUTS DE SOUS-PRODUITS ET DE FIN DU STATUT DE DÉCHETS
Le Département du Sol et des Déchets du SPW prépare des appels à projets :
• Avec Fost-Plus, en matière de tri et de collecte sélective des déchets d’emballages ménagers générés hors domicile
• En matière de tri et de collecte sélective des déchets d’entreprises, notamment pour la fraction organique.
APPELS À PROJETS EN MATIÈRE DE COLLECTE SÉLECTIVE
58
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
CINQUIÈME AXE
Chaînes de valeur prioritaires
59
IV. Chemin vers une économie circulaire
C
ertaines chaînes de valeur constituent
un défi important en termes de durabi-
lité et d’impact climatique pour lequel
des actions coordonnées sont néces-
saires.
Tel qu’explicité dans la note préparatoire de la Stratégie
et dans l’état des lieux, les acteurs économiques clés de
l’économie circulaire en Wallonie sont les industries
des secteurs de la collecte et du traitement des déchets,
de la construction, de l’industrie chimique, dont
celle des plastiques et de la fabrication de produits
métalliques. L’eau et les textiles ont également
été identifiés comme des secteurs importants. Ces
chaînes de valeur présentent de nombreux atouts et
avantages. Par ailleurs, le nouveau Plan d’action euro-
péen pour une économie circulaire met l’accent sur
certaines thématiques caractérisées par une utilisa -
tion importante de ressources et dont le potentiel de
contribution à l’économie circulaire est élevé : le maté-
riel électronique et TIC, les batteries et les véhicules,
les emballages, les matières plastiques, les textiles, la
construction et les bâtiments, les denrées alimentaires,
l’eau et les nutriments.
Dans une volonté de renforcer la compétitivité de la
Wallonie à travers les synergies et complémentarités
interrégionales et d’activer les leviers européens, la
sélection des chaînes de valeur prioritaires pour la
Stratégie wallonne de déploiement de l’économie
circulaire s’est opérée au croisement des théma -
tiques européennes avec les forces et ambitions de
la Wallonie.
Ainsi, des mesures coordonnées ont été définies avec
les acteurs concernés pour les six chaines de valeur
suivantes:
> La construction et les bâtiments ;
> Les matières plastiques ;
> La métallurgie et les batteries (en ce compris les
métaux rares/critiques) ;
> L’eau ;
> Les textiles ;
> L’industrie alimentaire et les systèmes alimen -
taires.
Ces mesures thématiques viendront également
renforcer la coopération avec d’autres régions euro-
péennes en poursuivant les efforts entamés par la
Wallonie dans la définition de stratégies de coopéra-
51 Par exemple à travers la « Vanguard Initiative » et/ou les « Plateformes S3 » de la Commission européenne.
52 Un DIS est un ensemble cohérent et ambitieux d’activités innovantes, de portée régionale, à fort impact économique et à contribution sociétale, capitalisant sur une combinaison de
ressources et forces distinctives wallonnes et centré sur l’humain. Un DIS contribue à la fois au renforcement de l’économie et de l’emploi, et à la réponse aux défis sociétaux. Il posi-
tionne la Wallonie en leader international.
tion afin d’atteindre une masse critique plus large51.
Ces dynamiques de collaboration interrégionale
permettront de positionner les acteurs wallons dans
les chaînes de valeur et d’approvisionnement euro-
péennes dans un objectif de cohésion économique,
sociale et territoriale.
Les mesures identifiées pour les chaînes de valeur prio-
ritaires veilleront notamment à créer un cadre favorable
pour une logistique intelligente en mettant l’accent
sur les industries de la mobilité durable, connectée
et intelligente. Elles favoriseront la circularité et la
neutralité climatique. Par ailleurs, des synergies avec
les programmes Industrie du Futur (Made Different)
de la stratégie Digital Wallonia et ceux liés à l’accom-
pagnement des PME en économie circulaire seront
prévues afin d’assurer une transition numérique.
Les actions définies pour les chaînes de valeur seront
dynamiques, suivant l’approche flexible prévue pour la
Stratégie, seront périodiquement mises à jour compte
tenu notamment de l’évolution de l’industrie, des
entreprises et de la spécialisation régionale (S3), ainsi
que d’autres facteurs tels que l’évolution des législa-
tions et des modes de consommation. Par conséquent,
des nouveaux secteurs à impact économique et circu-
laire accru pourraient être inclus.
D’ailleurs, le processus de renouvellement de la
Stratégie de Spécialisation intelligente (S3 )
Wallonne a mené à l’identification et à la sélection
de ‘Domaines d’Innovation Stratégiques’ (DIS 52)
qui constitueront l’épine dorsale de la nouvelle S3 .
Cinq DIS ont été sélectionnés et validés par décision
du Gouvernement wallon au mois d’octobre 2020 :
1) « Matériaux circulaires » ; 2) « Innovations pour
une santé renforcée » ; 3) « Innovations pour des
modes de conception et de production agiles et sûrs » ;
4) « Systèmes énergétiques et habitat durables » ;
5) « Chaînes agro-alimentaires du futur et gestion
innovante de l’environnement ». Des feuilles de route
seront définies pour chacun des DIS dont la plupart
ont un lien prégnant avec la circularité. D’une part, ces
feuilles de route s’appuieront sur les travaux des chaînes
de valeur prioritaires de la Stratégie d’économie circu-
laire et d’autre part, elles viendront enrichir les actions
de soutien à l’innovation de celle-ci. Les synergies avec
les Alliances Emploi-Environnement Construction
durable et Alimentation seront également maximi-
sées.
60
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
Une taskforce spécifique par chaîne de valeur, composée des principales parties prenantes a été mise en place pour
l’élaboration des actions. Pour chacune de celles-ci, un expert sectoriel a été chargé de coordonner l’élaboration des
actions :
• Pour la construction et bâtiments : le pôle de compétitivité Greenwin ;
• Pour les plastiques : le pôle de compétitivité Greenwin ;
• Pour la métallurgie et les batteries : le pôle de compétitivité Mecatech;
• Pour l’eau : la Société Publique de Gestion de l'Eau (SPGE) ;
• Pour l’alimentation : le pôle de compétitivité Wagralim ;
• Pour les textiles : le centre scientifique et technique de l'industrie textile belge Centexbel.
Le recours à ces experts externes a permis d’asseoir la démarche sur une maîtrise technique et un panel représentatif
d’acteurs de terrain. Chaque taskforce regroupait les acteurs clés et pionniers sur lesquels s’appuyer pour renforcer ou
initier des projets et identifier les mesures à développer et les leviers financiers (publics et privés) à mobiliser. Ainsi, des
tables rondes de co-construction des actions ont été organisées entre septembre et novembre 2020 avec la collaboration
du Creative Lab, laboratoire d’innovation public au sein du SPW.
Pour la phase de mise en œuvre de Circular wallonia, la mission de suivi et de coordination des actions liées aux
chaînes de valeur prioritaires est confiée aux experts sectoriels ayant présidé les travaux des taskforces. 
PROCESSUS D’ÉLABORATION ET DE COORDINATION DES ACTIONS DES CHAÎNES DE VALEUR

61
IV. Chemin vers une économie circulaire
Plus précisément,Plus précisément, la mission des coordinateurs des chaines de valeur vise notamment à : la mission des coordinateurs des chaines de valeur vise notamment à :
• • s’assurer de l’opérationnalisation des actionss’assurer de l’opérationnalisation des actions
de la chaîne de valeur concernée, principalement en de la chaîne de valeur concernée, principalement en
favorisant le réseautage et les synergies industrielles, favorisant le réseautage et les synergies industrielles,
faciliter l’échange de bonnes pratiques et en offrant un faciliter l’échange de bonnes pratiques et en offrant un
appui technique aux porteurs de projets ;appui technique aux porteurs de projets ;
• • assurer une cohérence et une synergie avec les mesures assurer une cohérence et une synergie avec les mesures
et les actions déjà programmées et/ou mises en œuvre et les actions déjà programmées et/ou mises en œuvre
dans le cadre d’autres plans, programmes ou stratégies dans le cadre d’autres plans, programmes ou stratégies
déjà mises en place en Wallonie ;déjà mises en place en Wallonie ;
• • contribuer à la contribuer à la collecte des données nécessairescollecte des données nécessaires à à
la réalisation du tableau de bord de Circular Wallonia, à la réalisation du tableau de bord de Circular Wallonia, à
la réalisation du reporting et au monitoring d’indicateurs la réalisation du reporting et au monitoring d’indicateurs
pertinents ;pertinents ;
• • réaliser le réaliser le monitoring de la mise en œuvre des monitoring de la mise en œuvre des
actions et proposer une actualisation annuelle ;actions et proposer une actualisation annuelle ;
• • participer à la réunion annuelle de la participer à la réunion annuelle de la Plateforme Plateforme
Economie circulaireEconomie circulaire et assurer un et assurer un échange régulier échange régulier
avec le Comité de pilotage ;avec le Comité de pilotage ;
• • se charger de se charger de l’animationl’animation du réseau d’entreprises, du réseau d’entreprises,
de centres de recherches, d’universités, etc. afin de de centres de recherches, d’universités, etc. afin de
faire émerger des opportunités commerciales, des faire émerger des opportunités commerciales, des
investissements dans des projets industriels et de R&D ;investissements dans des projets industriels et de R&D ;
• • favoriser la participation des acteurs wallons liés favoriser la participation des acteurs wallons liés
aux 6 chaînes de valeur à des aux 6 chaînes de valeur à des projets et actions projets et actions
au niveau européenau niveau européen (Horizon Europe, Appels Green (Horizon Europe, Appels Green
Deal, Plateformes S3, IPCEI, Pilotes de la Vanguard Deal, Plateformes S3, IPCEI, Pilotes de la Vanguard
Initiative, …), notamment à travers une coordination Initiative, …), notamment à travers une coordination
étroite avec le SPW EER (alignement stratégique UE/étroite avec le SPW EER (alignement stratégique UE/
Wallonie, cofinancements) et avec le NCP Wallonie Wallonie, cofinancements) et avec le NCP Wallonie
(soutien au montage de projets) ;(soutien au montage de projets) ;
• • identifier, sur base des retours des Taskforces identifier, sur base des retours des Taskforces
sectorielles, les sectorielles, les besoins en études spécifiques besoins en études spécifiques
(études prospectives, études de focus sectoriel, études (études prospectives, études de focus sectoriel, études
de métabolisme, etc.) ainsi qu’en termes d’études de de métabolisme, etc.) ainsi qu’en termes d’études de
faisabilité technico-économiques afin de cibler les faisabilité technico-économiques afin de cibler les
niches et opportunités de compétitivité en Wallonie niches et opportunités de compétitivité en Wallonie
et ainsi assurer la mise à jour d’informations sur les et ainsi assurer la mise à jour d’informations sur les
chaînes de valeur.chaînes de valeur.
• • fournir toutes lesfournir toutes les informations pertinentesinformations pertinentes dans la dans la
cadre de demandes d’informations sur les chaines de cadre de demandes d’informations sur les chaines de
valeur et la Stratégie Circular Wallonia.valeur et la Stratégie Circular Wallonia.
• • collaborer à tout collaborer à tout exercice d’évaluation externeexercice d’évaluation externe de de
la mission ; à cet effet, les coordinateurs s’engagent la mission ; à cet effet, les coordinateurs s’engagent
à mettre à disposition les données qualitatives et à mettre à disposition les données qualitatives et
quantitatives nécessaires à cet exercice.quantitatives nécessaires à cet exercice.
Une Une Communauté des coordinateurs des chaînes de valeurCommunauté des coordinateurs des chaînes de valeur sera mise en place au sein de la Plateforme en Economie sera mise en place au sein de la Plateforme en Economie
circulaire, sous l’égide de la Cellule de coordination de la Stratégie en Economie circulaire. Cette Communauté aura un circulaire, sous l’égide de la Cellule de coordination de la Stratégie en Economie circulaire. Cette Communauté aura un
double objectif : l’échange d’informations et de bonnes pratiques entre coordinateurs et la mise en œuvre de synergies double objectif : l’échange d’informations et de bonnes pratiques entre coordinateurs et la mise en œuvre de synergies
opérationnelles entre chaînes de valeur, là où cela s'avère pertinent.opérationnelles entre chaînes de valeur, là où cela s'avère pertinent.
62
IV. Chemin vers une économie circulaire
Les mesures des chaînes de valeur contribuent aux 10 ambitions de Circular Wallonie.
Ce lien est illustré ci-après.
CONSTRUCTION
Développer des outils
permettant de concevoir
en amont le bâtiment de
manière circulaire
Structurer des filières
circulaires dans la construction
y compris par la mise en place
d'un véritable pôle wallon du
« minéral » - REMIND WALLONIA
(REverse MINeral INDustry)
Mettre en place des
projets démonstrateurs
en construction
circulaire
Mettre en place des
dispositifs d’accompagnement
des acteurs de l’offre et de
la demande en construction/
rénovation circulaire
Lancer des appels à projets
pour des bâtiments au
travers de chantiers,
produits et services
circulaires
Augmenter la visibilité
des systèmes réversibles
et des matériaux
circulaires
AMBITION 4
Mettre en capacité
les consommateurs
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 1
Etre une Région avec un
écosystème économique
et industriel engagé dans
l’économie circulaire
AMBITION 1
Etre une Région avec un écosystème
économique et industriel engagé dans
l’économie circulaire
AMBITION 6
Informer, éduquer et former tous les
acteurs à l’économie circulaire
AMBITION 5
Faire de la Région un acheteur
exemplaire
AMBITION 3
Etre une Région qui gère ses
ressources naturelles de manière
circulaire
AMBITION 4
Mettre en capacité
les consommateurs
AMBITION 5
Faire de la Région un acheteur
exemplaire
IV. Chemin vers une économie circulaire
63
IV. Chemin vers une économie circulaire
IV. Chemin vers une économie circulaire
PLASTIQUES
Connaître et faire connaître
les écosystèmes et les
zones de chalandise de
l’amont à l’aval de la chaîne
de valeur
Améliorer la séparabilité dans
les produits multi matériaux et
les techniques de purification
dans le recyclage
Proposer des critères
pour des marchés
publics circulaires
Améliorer la connaissance
des stakeholders/parties
prenantes concernant
les plastiques sur leur
cycle de vie
Développer des guides en
vue de l’écoconception
(produits et publics cibles
à définir)
Optimisation de la
chaîne logistique pour
augmenter la quantité
et collecte
AMBITION 1
Etre une Région avec un
écosystème économique et
industriel engagé dans l’économie
circulaire
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 1
Etre une Région avec un écosystème
économique et industriel engagé dans
l’économie circulaire
AMBITION 1
Etre une Région avec un écosystème
économique et industriel engagé
dans l’économie circulaire
AMBITION 6
Informer, éduquer et former tous les
acteurs à l’économie circulaire
AMBITION 6
Informer, éduquer et former tous les
acteurs à l’économie circulaire
AMBITION 4
Mettre en capacité
les consommateurs
AMBITION 5
Faire de la Région un acheteur
exemplaire
64
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
MÉTALLURGIE
Portefeuille de projets
d’innovation collaboratifs
Stimuler la recherche en
économie circulaire des
métaux par la mise en œuvre
d’un portefeuille d’actions
soutenant la recherche en
amont de la valorisation
industrielle.
Cartographie intelligente
des ressources et des
besoins
Circular design
Capter les financements
européens (Horizon Europe,
Green Deal, …) et les rendre
accessibles aux entreprises
Créer de la valeur en
Wallonie en valorisant
son capital d’innovation
et sa position
géographique
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 9
Améliorer les connaissances
relatives aux déchets-ressources.
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 1
Etre une Région avec un
écosystème économique
et industriel engagé dans
l’économie circulaire
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et leader
au niveau européen
AMBITION 6
Informer, éduquer et former tous les
acteurs à l’économie circulaire
AMBITION 3
Etre une Région qui gère
ses ressources naturelles
de manière circulaire

IV. Chemin vers une économie circulaire
65
EAU
ReUse – Réutiliser des eaux
issues du traitement des
eaux usées dans les stations
d’épuration (STEP) ou dans
les processus industriels
(ex.: agro-alimentaire) afin
de les intégrer à nouveau
dans des processus agricoles
et industriels.
Recharger les nappes
d’eau souterraines
Rechercher les fuites
au niveau des réseaux
de distribution
Sensibiliser aux bons
gestes
Réseau de savoir du secteur
de l’eau
SMART water dans
les bâtiments (utilisation
intelligente de l’eau dans
les bâtiments)
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 1
Etre une Région avec un écosystème
économique et industriel engagé dans
l’économie circulaire
AMBITION 6
Informer, éduquer et former tous les
acteurs à l’économie circulaire
AMBITION 6
Informer, éduquer et former tous les
acteurs à l’économie circulaire
AMBITION 3
Etre une Région qui gère ses
ressources naturelles de manière
circulaire
AMBITION 3
Etre une Région qui gère ses
ressources naturelles de manière
circulaire
AMBITION 3
Etre une Région qui gère ses
ressources naturelles de manière
circulaire
AMBITION 6
Informer, éduquer et former
tous les acteurs à l’économie
circulaire
Récupérer les ressources
présentes dans les eaux
usées
AMBITION 3
Etre une Région qui gère ses
ressources naturelles de manière
circulaire
Développer des « zonings
verts » à proximité des
Stations d’Épuration afin
de réutiliser les eaux usées
traitées
AMBITION 1
Etre une Région avec un écosystème
économique et industriel engagé dans
l’économie circulaire
66
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
Réseautage et business
development
AMBITION 7
Mettre en place une dynamique
pérenne avec les acteurs de la Région
TEXTILES
Développer l’offre en
ressources en fibres
naturelles, recyclées
et biobasées (fibres
synthétiques biosourcées
et artificielles)
Le Tri- l’utilisation
Inciter les prescripteurs
publics et privés à utiliser
des fibres locales issues
du recyclage ou de ressources
naturelles
Favoriser l’éco-design à
travers le développement
des connaissances
techniques et la
sensibilisation
Le Tri- la matière
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 1
Etre une Région avec un
écosystème économique
et industriel engagé dans
l’économie circulaire
AMBITION 6
Informer, éduquer et former
tous les acteurs à l’économie
circulairecirculaire
AMBITION 5
Faire de la Région un acheteur
exemplaire
AMBITION 6
Informer, éduquer et former
tous les acteurs à l’économie
circulaire
AMBITION 6
Informer, éduquer et former
tous les acteurs à l’économie
circulaire
AMBITION 5
Faire de la Région un acheteur
exemplaire
67
IV. Chemin vers une économie circulaire
ALIMENTATION
Développer des filières
agroalimentaires ancrées
localement et porteuses
pour l’ensemble de la
chaîne et permettant une
valorisation maximale et
circulaire
Mise en place d’une banque
de données des matières
organiques issues du système
agroalimentaire et réalisation
d’investissements permettant
leur valorisation optimale
Réutiliser des eaux issues
du traitement des eaux
usées dans les stations
d’épuration (STEP) ou dans
les processus industriels
(ex.: agro-alimentaire) afin
de les intégrer à nouveau
dans des processus
agricoles et industriels et
récupérer et revaloriser
le phosphore et l’azote
Stimuler les pratiques
circulaires au sein des
acteurs du système
agroalimentaire
AMBITION 1
Etre une Région avec un
écosystème économique
et industriel engagé dans
l’économie circulaire
AMBITION 2
Etre une Région pionnière dans
les innovations circulaires et
leader au niveau européen
AMBITION 1
Etre une Région avec un
écosystème économique
et industriel engagé dans
l’économie circulaire
AMBITION 3
Etre une Région qui gère ses
ressources naturelles de manière
circulaire
AMBITION 6
Informer, éduquer et former tous les
acteurs à l’économie circulaire
68
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
W
LA CONSTRUCTION ET LES BÂTIMENTS
Etat des lieux et des opportunités
53 Le multiplicateur de production représente une mesure du degré d’intégration des branches de production entre elles. Cela veut dire que chaque million d'euros de demande finale
adressée à la production intérieure (wallonne) génère 1,7 million d’euros de production au total (autres secteurs inclus). Source : Bureau fédéral du plan.
ENJEUX DU SECTEUR DE LA CONSTRUCTION
L’économie circulaire peut s’appliquer et s’applique
déjà à la construction notamment au travers de
nouveaux modèles économiques ou des manières diffé-
rentes de construire.
La construction circulaire propose d’envisager les
bâtiments (existants et futurs) comme des stocks de
matériaux. Alors que l’approche actuelle considère
la valeur résiduelle des stocks bâtis comme néga -
tive, puisque la démolition a un coût, l’économie
circulaire envisage la valeur des éléments construits
selon leur potentiel de déconstruction, de réemploi,
de refabrication ou de recyclage.
Concevoir et réaliser une construction circulaire
ne se résume pas à construire et déconstruire sans
déchets, mais bien à transformer la notion de
déchets en ressources. Cela signifie qu’il faut
premièrement prévenir la production de déchets,
tant dans la création des produits que lors de leur
mise en œuvre sur chantier en évitant la surpro -
duction, les surstocks, les transports inefficaces, le
travail redondant, les temps d’attente, les défauts et
les rejets de produits, et les mauvaises exécutions.
Deuxièmement, cela signifie qu’il faut trouver des
opportunités pour transformer un déchet en
ressource.
Le secteur de la construction en Wallonie fait partie
des poids lourds de l’économie avec, en 2016, plus
de 80.000 emplois directs et 4,8 milliards d’euros de
valeur ajoutée, soit 5,44 % du PIB. Au-delà de son poids
absolu, il génère une valeur ajoutée indirecte impor-
tante en raison de ses liens avec les autres secteurs
productifs régionaux. Le secteur est également forte-
ment créateur d’emplois, mais la tendance est à la
baisse depuis 2013. Le secteur wallon de la construction
se démarque en outre par de moindres performances
en termes de productivité par rapport au reste du pays.
Les liens entre le secteur de la construction et les
secteurs « limitrophes » (rénovation, démolition et
préparation de sites, promotion immobilière, travaux
d’installation de plomberie, d’électricité, etc.) sont
importants, avec un multiplicateur de production
intrarégional de 1,7 pour la Wallonie53, et un multi -
plicateur d’emplois de 10,2 (1 million d’euros investi
génère 10,2 emplois). En outre, chaque million investi
dans ce secteur en Wallonie génère 0,5 million
d’euros de production dans les autres régions belges
et 2,32 emplois dans les autres régions. Il y a donc
une forte relation entre les différentes régions dans
le domaine de la construction. Malgré la complémen-
tarité observée entre Bruxelles et la Wallonie, c’est
entre ces régions que les liens sont les plus faibles.
LE SECTEUR DE LA CONSTRUCTION WALLONNE ET
L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
Dans le champ de l’économie circulaire, la construc-
tion a été identifiée par la Wallonie en 2017 comme
l’un des secteurs avec le plus haut potentiel de créa-
tion de valeur ajoutée et d’emplois.
D’un point de vue environnemental, le secteur de la
construction est le secteur qui produit, en tonnage,
la plus grande quantité de déchets (après le secteur
de l’excavation de terres en Wallonie et de l’industrie
en Belgique). Par ailleurs, les impacts comptabilisés
lors de la construction d’un bâtiment représentent
une proportion croissante, souvent plus de 50%, de
l’impact total du cycle de vie des constructions.
69
IV. Chemin vers une économie circulaire
Les émissions de gaz à effet de serre résultant de
l’extraction des matériaux, de la fabrication de
produits de construction, de la construction et de la
rénovation des bâtiments représentent 5 à 12 % des
émissions nationales (pour les pays de l’Europe).
Une utilisation plus efficace des matières premières
permettrait d’éviter 80 % de ces émissions.
Aujourd’hui, ce poids lourd économique et envi -
ronnemental peut jouer un rôle décisif en matière
d’efficience énergétique en Région wallonne à travers
54 Le 12 novembre 2020, le Gouvernement wallon a pris acte de la stratégie de rénovation à long terme qui vise à rendre le bâti régional existant plus efficace énergétiquement, tant pour
les logements que pour les bâtiments tertiaires publics et privés. L’Alliance emploi environnement « construction durable » a notamment pour objectif d’être un point de rencontre pour
toutes les initiatives autour de la construction et l’économie circulaire.
la rénovation massive du bâti 54 et/ou la construc -
tion selon des préceptes éco-innovants. De plus, il
est au seuil d’une transformation profonde portée
par deux lames de fond que sont la transformation
numérique et l’économie circulaire. C’est pourquoi,
en économie circulaire, il est l’un des secteurs à haut
potentiel qui, depuis quelques années, développe
activement des partenariats d’innovation s’appuyant
sur des expertises internationalement reconnues,
des centres de recherche et laboratoires belges et
étrangers.
Mesures et Actions :
24. Développer des outils permettant de concevoir en amont, de manière circulaire, le bâtiment et
les infrastructures et favoriser la déconstruction sélective et le réemploi des matériaux
Leviers : numérique, information, collaboration
> Intégrer la circularité dans l’outil TOTEM : même
si l’outil TOTEM permet aujourd’hui d’aborder
les aspects liés à la rénovation, il y a lieu d’y ajouter
des indicateurs de circularité et de réversibilité.
Cela permettrait de concevoir, le plus en amont
possible, des construction/rénovation réversibles
et circulaires. L’utilisation de TOTEM devrait être
généralisée aux projets publics afin de garantir que
ces projets aient une empreinte environnementale
la plus limitée possible.
> Développer un outil permettant de réaliser un
inventaire pré-déconstruction, dans le cadre
des obligations liées à la transposition des direc -

70
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
tives « déchets » en droit wallon : cet outil est à
développer en parallèle ou conjointement aux
outils existants tels que l’inventaire des déchets
et l’inventaire des déchets dangereux. Il permet
d’identifier avant déconstruction / rénovation les
éléments à préserver ou à réutiliser.
> Valoriser les plateformes de réemploi et structurer
les acteurs wallons en s’inspirant des réalisations de
l’asbl Rotor au travers du site web www.Opalis.eu.
A terme la Région wallonne s’assurera que ces
plateformes (catalogue en ligne) présentent l’offre
en matériaux de réemploi de façon optimale et
qu’elles permettent des échanges entre les acteurs
du réemploi. Il s’agit d’une priorité essentielle
pour encourager la circularité dans le secteur de
la construction. Pour ce faire, il est indispensable
que les administrations puissent s’appuyer sur
les opérateurs de terrain afin d’aboutir à un outil
adapté.
25. Mettre en place des dispositifs d’accompagnement auprès de l’offre et de la demande en
construction/rénovation circulaire
Leviers : marchés publics, sensibilisation, formation, collaboration belge, financement
> Mise en place d’un dispositif de facilitateurs et
de financement pour les concepteurs et maîtres
d’ouvrages (publics et privés) :
Dans le cadre du renforcement de la dynamique
existante en matière de marchés publics circulaires
(cf. Ambition 5), la Région intégrera des principes
de l’économie circulaire dans les travaux publics
de construction, de démolition, d’entretien et de
rénovation de la Région ainsi que dans les travaux
similaires subsidiés par la Région. Les pouvoirs
adjudicateurs seront soutenus notamment par la
mise en place d’un service d’accompagnement via
des facilitateurs ou du conseil.
• Les pouvoirs publics seront accompagnés par
des facilitateurs dans la conception du projet,
la rédaction des cahiers des charges et l’exécu -
tion. Ils orienteront notamment les pouvoirs
adjudicateurs vers une performance/service/
fonctionnalité à délivrer plutôt que vers un
produit, et ainsi à progressivement trouver un
équilibre entre le critère prix et les critères liés à
la qualité et la performance.
• Une attention particulière sera portée à la simpli-
fication des cahiers des charges des marchés
publics s’adressant à des PME.
• Le cahier des charges « Qualiroute » et le Cahier
des charges type bâtiments (CCTB) seront
adaptés afin d’y intégrer l’économie circulaire,
notamment sur base des critères pertinents
ressortis des expériences avec les facilitateurs.
• Les outils nécessaires seront mis à la disposi -
tion des pouvoirs adjudicateurs, par exemple
TOTEM qui évoluera pour prendre en compte la
déconstruction.
• Une réflexion sera menée sur la définition
d’un taux de matières recyclées à exiger dans
les marchés de travaux et sur les modalités pour
le rendre réglementaire.
> Mise en place de conseillers pour les entreprises
Un accompagnement des producteurs et des
entreprises de construction sera mis en place afin
de les aider à développer des pratiques davantage
circulaires (idées d’innovations, soutien à l’obten-
tion d’agréments techniques, mise sur le marché
de produits). Des informations relatives au déve -
loppement de marchés seront également mises à
disposition.
Les conseillers devront offrir une assistance
technique (cadre technique, normes, agréments
techniques (ATG), matériaux biosourcés, maté -
riaux de réemploi, etc.), mais également réorienter
les entreprises vers d’autres sources de soutien et
d’informations (par exemple en réorientant vers
les référents économie circulaire et la SOWALFIN
pour le soutien économique et financier ou vers
les facilitateurs pour les concepteurs et maitres
d’ouvrage). Ces conseillers réaliseront également
des diagnostics d’entreprises désirant évoluer vers
plus de circularité.

71
IV. Chemin vers une économie circulaire
26. Mettre en place des projets démonstrateurs en construction circulaire
Leviers : innovation, information et sensibilisation, financement, accompagnement, numérique
La mise en place de projets pilotes exemplaires en termes de circularité permettra de tester de nouveaux
systèmes constructifs réversibles, des nouveaux matériaux, de tester des réalisations liées à la déconstruc -
tion /rénovation et nouvelles constructions, ainsi que des pratiques d’éco-construction et de tri sélectif des
déchets, et ainsi de favoriser leur mise en place à plus grande échelle dans la Région.
> Un appel à projets démonstrateurs visant à
accroître la circularité dans la construction sera
lancé afin de sélectionner 5 projets démonstra -
teurs. Une communication et des évènements
autour des projets sera seront organisés afin de
transmettre les enseignements et inciter d’autres
acteurs à suivre leurs démarches.
> En complément, des soutiens en Recherche,
Développement et Innovation (RDI) viendront
renforcer le développement de nouvelles solutions
via le développement de pilotes démonstrateurs
afin de faire progresser le TRL des technologies
émergentes.
27. Lancer des appels à projets pour des bâtiments au travers de chantiers, produits et services
circulaires
Leviers : innovation, financement, accompagnement, réseaux
Un accompagnement et une incitation des acteurs sont nécessaires en vue de l’émergence de nouveaux
produits de construction circulaire (y compris d’éco-construction), voire même une approche de type service
(économie de la fonctionnalité) et de la mise en place de chantiers circulaires. Les appels à projets couvri -
ront la phase d’exécution du chantier, de mise en production d’un produit de construction circulaire ou
l’offre d’un service circulaire.
> Lancement annuel d’un appel à projets
« Chantiers Circulaires  » avec deux catégories
distinctes : Chantiers circulaires (construction
neuve et rénovation, avec au moins 1 lauréat
dans chacune des sous catégories) et Produits
et services circulaires. Les projets lauréats
pourraient par ailleurs accéder aux services
d’Easy Green (financement et relais des référents
bas-carbone et circulaire).
> Recensement des bonnes pratiques issues des
appels à projets.
> Selon les enseignements des projets, des modifi -
cations réglementaires pourront être envisagées.
28. Structurer des filières circulaires dans la construction
Leviers : innovation, financement, accompagnement, réseaux
> Mettre en place un véritable pôle wallon du
« minéral » - REMIND WALLONIA (REverse
MINeral INDustry)
Cette action consiste à construire un programme
de recherche sous la forme d’appel à projets. Il
s’agirait de mettre en place un véritable pôle
wallon du «  minéral  », porté par les acteurs
industriels et réunissant également les opérateurs
de recherche concernés. L’objectif de cette action
est de créer, en Wallonie, une plateforme d’excel -
lence industrielle, technologique et scientifique
en recyclage, créatrice de valeur ajoutée et d’em -
plois et reconnue au niveau international. Quatre
axes de travail thématiques ont été identifiés pour
les minéraux :
• Développer des matériaux et des procédés à
partir de déchets d’isolants utilisés dans le
secteur de la construction ;
• Développer des matériaux de construction recy-
clés à haute valeur ajoutée ;
• Créer de nouvelles boucles innovantes de circu-
larité des matières minérales industrielles ;
• Former les travailleurs et développer des chaines
industrielles.
72
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
Les projets pourraient être structurés dans le cadre
d’un Partenariat d’innovation.
> Développer des filières de réemploi
Développer et produire des matériaux compatibles
avec des processus de construction réversibles
est essentiel dans le cadre du réemploi. Pour ce
faire, il faut sensibiliser les fédérations profes -
sionnelles des producteurs et négociants de
matériaux en vue de sensibiliser leurs membres à
l’importance du réemploi parallèlement à une offre
de matériaux neufs. Certains fabricants wallons
montrent déjà un intérêt ou des ambitions dans le
développement de produits circulaires et/ou des
assemblages réversibles favorisant le réemploi.
Certains réfléchissent aussi à l’intégration d’une
filière « réemploi  » de leurs propres produits.
Il est donc important de sensibiliser l’ensemble des
producteurs et les encourager à entamer de telles
démarches. Cette démarche relève aussi des maîtres
d’ouvrage qui devront y être sensibilisés et formés.
Il importe de prendre en compte dans ces filières
par exemple le réemploi du bois et de ses produits
dérivés tels que portes, châssis, bois de coffrage.
> Mettre en place une filière de revalorisation/
recyclage du béton
Le béton est un matériau inerte. De plus, sa fabri -
cation est très productrice d’émissions de gaz à
effet de serre. Il est donc essentiel de mettre en
place des filières de revalorisation et recyclage.
Une filière devra être mise en place en passant
notamment par des exigences auprès des maîtres
d’ouvrage pour organiser le tri et la valorisation
des déchets de leurs chantiers.
> Mettre en place une filière de matériaux biosourcés
pour l’éco-construction.
En 2018, la construction en bois a représenté
un peu plus de 10% du total des constructions
en Belgique, et bien que ce chiffre augmente
légèrement chaque année, le potentiel est
largement sous-exploité. La production d’éco-ma -
tériaux, entre autres les enduits intérieurs et
extérieurs, les peintures naturelles, les blocs de
chaux chanvre, les isolants à base de gazon, paille ou
laine de mouton utilisent des matières premières
locales. L’argile constitue par ailleurs un matériau
de premier ordre pour recouvrir les murs. Des
argilières existent en Wallonie et leur exploitation
pourrait être améliorée. Vu l’empreinte environne-
mentale positive des matériaux biosourcés, il est
essentiel de soutenir la mise en place des filières
de matériaux biosourcés pour l’éco-construction.
Finalement, il est utile de rappeler que le dévelop-
pement de l’utilisation de matériaux biosourcés
passe également par l’adaptation des cahiers des
charges des marchés de construction édités de
tout type de pouvoir public (mesure 13).
29. Structurer et prioriser l’offre de formations en matière de circularité dans la construction
Leviers : formation, sensibilisation, accompagnement
Il est essentiel de développer un socle de compétences afin de faciliter la transition vers une économie circu-
laire du secteur de la construction. Cela se fera au travers d’un renforcement des matières liées à la circularité
dans les cursus existants (cf. Ambition 6), de formations continues et spécialisées réalisées en collaboration
avec les entreprises du secteur actives dans l’économie circulaire et au travers d’un soutien à l’accès à la
formation des travailleurs.
> La mise en place de ce socle de compétences
nécessite une structure et priorisation de l’offre
de formations afin de définir le programme
minimal, notamment sur base des remontées du
terrain. Cette structuration permettra aux acteurs
du secteur de la construction d’avoir une vision
simplifiée du paysage de la formation. Un observa-
toire de la formation et un catalogue de formations
pourraient être mis en place à cette fin.
> Les matières liées à la circularité seront renforcées/
développées dans les cursus existants (dans toutes
les formations universitaires, Hautes Ecoles) ainsi
que dans le cadre de formations continues.
> Une formation spécifique sera développée et
mise en place pour les agents des services publics
(Région, UAP, Provinces, Communes) qui rédigent
les cahiers des charges. Elle pourra être donnée
par les facilitateurs « clauses circulaires » expli -
cités ci-avant.
73
IV. Chemin vers une économie circulaire
30 Augmenter la visibilité des systèmes réversibles et des matériaux circulaires
Leviers : sensibilisation, information
Il est important de développer une image fédératrice autour de l’économie circulaire dans la construction qui
pourra être communiquée envers les publics cibles pertinents. Cette image permettra notamment de lutter
contre la perception négative du recyclage et du réemploi dans le secteur de la construction. Ces actions
de communication seront réalisées dans le cadre de la stratégie de communication de Circular Wallonia en
partenariat avec les acteurs pertinents du secteur.
> Mettre en place un concours autour de la
construction circulaire.
> Recenser les bonnes pratiques issues du concours
et les entreprises wallonnes actives dans l’éco -
nomie circulaire sur le site economiecirculaire.
wallonie.be. La liste des entreprises sera réalisée
sur base des listes existantes et avec les parties
prenantes et sera reprise dans l’outil « Digital
Monitoring Tool » ;
> Etablir un annuaire des modes de revalorisation
des déchets ressources issus de la construction/
rénovation, ainsi qu’une base de données
recensant les entreprises wallonnes actives dans la
construction circulaire. (cf. mesure 2 de l’ambition 1
– Digital Monitoring tool)
> Réaliser des visites de chantiers exemplaires ou
remarquables.
74
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
L’EAU
Etat des lieux et des opportunités
55 COM/2019/640 final in https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?qid=1588580774040&uri=CELEX:52019DC0640
56 « Cahier de prospective de l’IWEPS n°4 », IWEPS, 2020, p.8 + indicateurs de l’état de l’environnement wallon (http://etat.environnement.wallonie.be/contents/indicatorsheets/RESS%202.html)
57 Les considérants de ce règlement indiquent que « L’Union pourrait améliorer sa capacité de réaction face aux pressions croissantes qui s’exercent sur les ressources en eau, en réuti-
lisant plus largement les eaux usées traitées, en limitant les prélèvements des masses d’eaux de surface et des masses d’eaux souterraines, en réduisant l’impact des rejets d’eaux
usées traitées dans les masses d’eau et en favorisant les économies d’eau par de multiples usages des eaux urbaines résiduaires, tout en garantissant un niveau élevé de protection de
l’environnement ».
L’eau est un bien commun fondamental et indis-
pensable au développement humain. Sa logistique
est un service essentiel à la collectivité, dont la
maîtrise a permis les progrès de nos sociétés. Cette
importance est reconnue par différentes instances
internationales55.
Quoique l’eau intervienne au niveau des transports
ainsi que dans la plupart des procédés de fabrication
industrielle et que la gestion du cycle naturel soit
également pourvoyeuse d’emplois, deux activités
maîtresses sont identifiées comme prioritaires pour
la Wallonie dans la chaîne de valeur stratégique
«  eau  »: la gestion du cycle anthropique de l’eau et la
production brassicole et minéralière.
Le secteur public de l’eau est un acteur économique
important, qui représentait, en 2019, 4% de l’emploi
industriel wallon (5.400 emplois), et 5 % de la valeur
ajoutée brute industrielle wallonne (625 millions €).
Au-delà de cette importance directe, il est égale -
ment un vecteur indispensable du développement
des secteurs manufacturiers. Chaque année, près de
378 millions m3 d’eau souterraine et 1.596 millions m3
d’eau de surface sont prélevés56.
La conviction des synergies nécessaires entre objec-
tifs économiques et environnementaux conduit
naturellement à viser un modèle d’économie circu -
laire.
DES ENJEUX SOCIÉTAUX ET ENVIRONNEMENTAUX
D’un point de vue financier, les coûts de la crois -
sance des besoins d’eau, de l’offre d’un service
universel, ainsi que les exigences du traitement des
pollutions sont répercutés dans le « coût-vérité » de
l’eau. Celui-ci doit être constamment maîtrisé afin
de conserver un prix accessible.
Des équilibres entre offre et demande, tant sur
le plan temporel que géographique, doivent être
trouvés face aux besoins accrus induits dans
certaines régions lors de périodes de sécheresse,
ou pour répondre à des besoins de développement
économique sur le territoire wallon.
De plus, de nombreuses infrastructures de produc -
tion, de distribution, de collecte et de traitement des
eaux, tant potables qu’usées, arrivent en fin de vie. De
nouveaux polluants émergents sont découverts. Selon
leur impact, de la recherche pourrait être nécessaire
ainsi que le développement de nouveaux modes de trai-
tement de l’eau potable et de dépollution des eaux usées.
Le changement climatique et les besoins accrus
en eau tant en Wallonie que dans les régions limi -
trophes mettent sous tension certaines ressources
en eau wallonnes. En 2020, l’Europe a adopté un
règlement relatif aux exigences minimales appli -
cables à la réutilisation de l’eau57.
OPPORTUNITÉS DE DÉVELOPPEMENT
DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
De nombreuses opportunités peuvent être exploi-
tées pour déployer pleinement l’économie circulaire
dans le secteur de l’eau. Par définition, la gestion du
cycle anthropique de l’eau n’est pas délocalisable. Le
volume annuel d’investissements publics est stable,
ce qui offre une assise solide pour l’économie.
Les opportunités économiques de mise en œuvre
de l’économie circulaire restent importantes, que
75
IV. Chemin vers une économie circulaire
ce soit par l’inclusion dans les cahiers des charges
des donneurs d’ordre sectoriels, que dans les méca -
nismes économiques de primes, fiscalité et taxation,
qui doivent être repensés de manière à promouvoir
les modèles circulaires et pénaliser les modèles sans
circularité. Par ailleurs, de nombreux acteurs écono-
miques ignorent les opportunités en matière de
réutilisation des eaux usées assainies (« re-use »).
Il existe une possibilité importante de développe -
ment à l’international pour les activités économiques
liées à l’eau. Le savoir-faire wallon en la matière reste
encore largement à exploiter et à exporter.
L’innovation est une opportunité sous-exploitée,
notamment du fait d’une insuffisance d’échange entre
les différents acteurs. Il faut oser étudier, tester et
déployer de nouvelles solutions technologiques et de
nouveaux modèles environnementaux et économiques
pour protéger notre ressource en eau et assurer sa
pérennité. Des modèles hybrides s’imposent à l’heure
où les approches uniformes ont atteint leurs limites.
Des opportunités de mettre en œuvre l’économie
circulaire résident également dans l’adaptation de
certaines législations et dans le développement
de normes communes.
Ces projets devront être intégrés dans les plans
et programmes déjà en vigueur en Wallonie dans
le secteur de l’eau, notamment dans le Schéma
Régional des Ressources en eau et dans les Plans
de Gestion par District Hydrographique, afin d’en
renforcer la cohérence.
Moyennant la mise en œuvre de ses opportunités, la
chaîne de valeur stratégique de l’eau peut contribuer
à mettre en œuvre une utilisation plus efficace
des ressources, à pérenniser et créer des emplois,
à réduire l’impact de la production et consom -
mation sur l’environnement et contribuer ainsi à
la transition de la Wallonie vers une économie circu-
laire qui renforcera sa compétitivité.
Mesures et Actions :
31. ReUse – Réutiliser les eaux issues du traitement des eaux usées dans les stations d’épuration (STEP)
ou dans les processus industriels (ex.: agro-alimentaire) et les eaux issues du démergement afin de
les intégrer à nouveau dans des processus agricoles et industriels.
Leviers : La démonstration, l’innovation, l’information, les normes et les réglementations, le financement
Ces techniques de réutilisation sont déjà mises en œuvre dans de nombreux pays pour offrir des ressources
alternatives et compenser les sécheresses et les déséquilibres causés par le changement climatique. Ce projet
76
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
préserve les ressources naturelles et offre un avantage compétitif aux entreprises agricoles, agroalimentaires
et industrielles wallonnes. Cette action essentielle est ressortie dans la chaîne de valeur « eau » et la chaîne
de valeur « alimentation ». Sa mise en œuvre intégrera les parties prenantes des deux chaînes.
> Réaliser une étude de marché évaluant les
besoins, gisements, technologies, contraintes
qualitatives et quantitatives, ainsi que le modèle
économique envisagé, en collaboration avec les
producteurs/distributeurs d’eau et les clients à
l’échelle du territoire.
> Réaliser une étude qualitative s’assurant des
normes à respecter selon les usages envisagés,
en relation avec les garants du respect des normes
(AFSCA, SPF, SPW, etc.) et les opérateurs agricoles,
agroalimentaires et les industriels.
> Réalisation de plusieurs pilotes et/ou démons -
trateurs sur le territoire afin de tester un modèle
de réutilisation au niveau agricole (par exemple
pour du maraîchage) ainsi que dans des processus
industriels fort consommateurs.
32. Récupérer les ressources présentes dans les eaux usées
Levier : La démonstration, l’innovation, l’information, les normes et les réglementations, les marchés publics
La Région développera un processus d’industrialisation du traitement des déchets issus de l’assainisse-
ment des eaux usées (boues d’épuration) et de la production d’eau potable afin de récupérer l’énergie et les
matières premières valorisables (ex.: phosphore, azote, potassium, aluminium) qu’ils contiennent. Ce déve-
loppement permettra de diminuer les besoins énergétiques du secteur et leurs impacts environnementaux,
mais également de renforcer la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) concernées, l’indépendance et
la résilience de la Wallonie (ex.: raréfaction des ressources en phosphates). En même temps, il permettra d’an-
ticiper de futures législations européennes (contraintes sur l’épandage agricole des boues d’épuration), tout
en développant le potentiel économique d’entreprises wallonnes. De telles techniques sont déjà largement
utilisées à l’étranger pour prévenir les stress hydriques, par exemple en Israël, où 80 % des eaux usées sont
réutilisées, ou aux USA. Cette action essentielle est ressortie dans la chaîne de valeur « eau » et la chaîne de
valeur « alimentation ». Sa mise en œuvre intégrera les parties prenantes des deux chaînes.
> Réaliser, par rapport aux boues d’épuration, une
étude afin de recenser les éléments récupérables
et les technologies existantes, avec les différents
industriels, fédérations (ex.: Valbiom, FEBA)
et centres de recherche wallons (AQUAPOLE,
CEBEDEAU…).
> Développer un démonstrateur dans le cadre des
boues de potabilisation avec différents parte -
naires wallons en vue de produire des Matériaux
Autocompactants Réexcavables (MAR) utilisables
pour le remblayage de tranchées.
> Étudier les législations et normes applicables
et proposer les adaptations opportunes pour
considérer les ressources récupérées comme des
matières premières à part entière et en assurer la
certification au regard des normes en vigueur.
33. Recharger les nappes d’eau souterraines
Levier : La démonstration, l’innovation, l’information
Recharger les nappes d’eau souterraines en réutilisant les eaux pluviales, les eaux de démergement et
les eaux usées épurées. Une telle recharge, qui peut entrer dans un plan de compensation de l’imper -
méabilisation des sols due à l’essor urbanistique et de lutte contre les inondations, permet de maximiser
la conservation des ressources en eau en Wallonie et d’assurer leur pérennité. En même temps, cette
démarche améliore l’efficacité des stations d’épuration en réduisant la dilution des eaux traitées, ce qui
permet une meilleure maîtrise du prix de l’eau et un accès pour tous. De telles techniques sont déjà large -
ment utilisées à l’étranger pour prévenir les stress hydriques, par exemple en Israël, où 80% des eaux usées
sont réutilisées, ou aux USA.
77
IV. Chemin vers une économie circulaire
> Réaliser une étude de faisabilité détaillée en
amont du projet et un comparatif des projets déjà
réalisés ;
> Développer un projet démonstrateur utilisant les
eaux de démergement, les eaux pluviales et/ou les
eaux usées épurées et la capacité épuratoire des
sols ;
> Développer des recherches de traitements spécifiques
selon les différentes origines des eaux (toiture, voirie,
parking, etc.) avant leur réinjection dans les sols.
34. Réseau de savoir du secteur de l’eau
Levier : les réseaux et les démarches volontaires, la collaboration et la représentation au niveau belge, européen et
international, l’information et la sensibilisation
Mettre en relation et animer un réseau de contacts des acteurs du secteur de l’eau (entreprises, administra -
tion, universités, chercheurs, etc.) afin d’échanger des informations, réaliser des études de marché, surveiller
l’évolution de la connaissance et de la production en vue d’initier des collaborations génératrices de valeur
ajoutée pour la Wallonie. Ce réseau de savoir couvrira tant les eaux de surfaces que les eaux souterraines, de
distribution, les eaux usées, etc.
> Mettre en place une gouvernance à l’échelle du
secteur afin de maximiser les effets de levier entre
acteurs ;
> Informer les stakeholders des besoins et opportu -
nités de marché du secteur public de l’eau ;
> Mutualiser des outils d’information (ex.: annuaires,
cartographies) développés par différents stakeholders
(clusters, Fédérations, Pôles de compétitivité,
intercommunales, etc.) et réaliser une veille perma-
nente centralisée des connaissances nationales et
internationales, notamment en vue d’exporter des
technologies ;
> Animer le réseau par des événements permettant
le réseautage et l’échange d’informations afin
d’inciter à l’investissement ;
> Assurer le pilotage de la connaissance en Wallonie
par la mise en réseau des différents chercheurs
dans le secteur de l’eau, et initier des partenariats
et développements conjoints en R&D .
35. Développer des «  zonings verts  » à proximité des Stations d’Épuration afin de réutiliser les eaux
usées traitées
Levier : La démonstration, l’innovation, l’information
Le développement de « zonings verts » à proximité des stations d’épuration permettra de réutiliser les eaux
usées traitées par les stations d’épuration (STEP) en agriculture, maraîchage et fruiticulture, soit en irriguant
des zonings à proximité des STEP, soit en acheminant l’eau traitée par les STEP vers des zonings éloignés.
Cette utilisation rationnelle de l’eau (URE) permet de valoriser des terrains comme espaces de culture pour
développer une production locale et circulaire, qui bénéficie par conséquent d’un avantage compétitif grâce
à une irrigation abordable. En même temps, ce projet réduit la pression sur la ressource en eau en vue de la
préserver pour la consommation humaine.
> Réaliser une étude de faisabilité avec les acteurs
du secteur de l’assainissement des eaux, les
acteurs locaux du développement économique,
les producteurs/distributeurs d’eau et les entre -
prises. Cette étude de marché définira les besoins
réels, les disponibilités effectives (volumes d’eau
à la période souhaitée) et les normes légales à
respecter (AFSCA, SPF, SPW, etc.).
> Développer des démonstrateurs afin d’évaluer le
modèle.
78
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
36. SMART water dans les bâtiments
Levier : financement, éducation et formation, sensibilisation et communication
Gérer intelligemment l’eau dans les bâtiments en favorisant la réutilisation des eaux de pluie et des eaux
domestiques réutilisables (eaux grises), e.a. par le développement de la formation des professionnels de la
construction (architectes, sanitaristes, plombiers etc.) à cette gestion intelligente de l’eau dans les bâtiments,
qui peut être renforcée par le placement de compteurs intelligents au niveau de certains bâtiments. Cela
améliore également la conformité du parc immobilier actuel sur les aspects de gestion des eaux sanitaires et
des eaux usées, car de nombreux bâtiments, même récents, ne répondent pas aux normes.
> Développer des incitants couplés avec un accom -
pagnement technique par des spécialistes agréés
(ex.: CERTIBEAU) ;
> Proposer des programmes de mutualisation des
installations à l’échelle d’un immeuble ou d’un
quartier pour les zones d’habitat dense ;
> Former les professionnels de la construction (dans
le centre de compétence des métiers de l’eau du
FOREM - Polygone de l’Eau) afin de les certifier
dans les techniques de l’eau, tant pour la réhabili -
tation que la conception des bâtiments ;
> Renforcer la communication vers la population et
les professionnels ;
> Intégrer la démarche dans le plan d’investissement
dans les logements publics wallons.
37. Rechercher les fuites
Levier : collaboration, financement, formation, innovation
Développer un programme actif de recherche de fuites. Ces pertes sur le réseau de distribution publique
d’eau représentent 80 millions de m³/an soit 64 millions d’EUR/an. Ce projet visera à inspecter le réseau
de distribution de manière proactive, pour agir sur les fuites détectées et renforcer les décisions de gestion
patrimoniale. Outre l’amélioration de l’image du service public, cette mesure vise à préserver des volumes
d’eau afin de lutter contre les stress hydriques (sécheresse, rareté locale, etc.), renforcer la maîtrise du prix de
l’eau et développer l’emploi et la formation.
> Développer un cadre afin de mutualiser les actions
des nombreux opérateurs et inclure la thématique
dans les Plans de gestion de district hydrogra -
phique (PGDH) ;
> Acquérir les équipements et logiciels nécessaires
pour former les équipes ;
> Investir (études, matériel, outil d’analyse, etc.) afin
de renforcer la gestion dynamique du réseau ;
> Mettre en place un réseau d’analyseurs de bruit en
continu, de rapatriement et d’analyse des données ;
> Effectuer les réparations subséquentes.
38. Sensibiliser aux bons gestes
Levier : sensibilisation, éducation
Sensibiliser, informer et réaliser de la prévention face aux enjeux liés à l’eau. Ceci vise à responsabiliser la
population à son impact sur l’environnement, mais également sur le contrôle de sa facture d’eau. Un tel
projet contribue à améliorer l’état des masses d’eau, protéger l’environnement wallon, garantir un accès à
l’eau en quantité suffisante, en ce compris pour les entreprises, et garantir ainsi l’attractivité du territoire
> Campagnes d’éducation et de promotion des bons gestes à l’école dès les primaires ;
> Campagnes de sensibilisation chez les jeunes ;
> Opérations de renforcement de la participation citoyenne
79
IV. Chemin vers une économie circulaire
39. Voies hydrauliques – Préserver la ressource eau et diversifier ses usages
Levier : normes et réglementations, financement, innovation, information
Les voies hydrauliques ne sont pas génératrices d’eau usée, mais régulent la majorité des eaux de surface qui
coulent en Wallonie. L’impact, déjà mesurable, du changement climatique génère un stress hydrique de plus
en plus important, que ce soit sur l’approvisionnement en eau potable comme pour les usages industriels,
énergétiques, etc. de l’eau en Wallonie. La régulation des eaux de surface permet de favoriser la « réutilisa -
tion » ainsi que le « multiusage » de l’eau, qui intègrent le principe d’économie circulaire. Plusieurs actions
sont identifiées :
> Objectivation de la ressource et priorisation des
usages : un marché d’analyse des ressources en
eau à l’échelle du territoire wallon va être lancé par
le SPW MI, et permettra d’objectiver les besoins,
et de prioriser les usages. Ces thématiques sont
liées au Schéma régional des ressources en eau
(SRRE).
> Réutilisation de l’eau dans le stockage d’énergie.
La Wallonie, grâce à son relief, permet le stockage
d’énergie (sous forme d’énergie potentielle) dans
des bassins, et de générer de l’énergie électrique
très modulable et réactive, pour compenser les
pics de consommations sur le réseau électrique :
c’est le principe des stations de pompage-tur -
binage, comme à Coo (Engie) ou à la Plate-Taille
(SPW MI). Cette faculté a d’autant plus d’intérêt
que le pourcentage d’énergie renouvelable inter -
mittente se développe dans le mix énergétique
belge et wallon. Or, ce type d’infrastructure n’est
pas favorisé, réglementairement parlant. Le réseau
hydraulique peut ensuite faire l’objet d’une étude
de valorisation pour cibler des sites à développer
(le pompage-turbinage entre biefs, ou entre un bief
et un bassin naturel sur un plateau à proximité,
etc.) ou à upgrader (sites existants).
Les eaux de surface offrent aussi l’avantage d’être utilisables à différentes finalités en même temps. L’eau
des réserves des barrages sert par exemple à la distribution d’eau potable, mais aussi pour produire de l’hy -
droélectricité, à soutenir la navigation, pour des activités de loisirs, pour la biodiversité, etc. Développer
le multiusage de l’eau est une manière de consacrer son importance, dans le contexte de raréfaction de la
ressource.
80
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
LA MÉTALLURGIE
(EN CE COMPRIS MÉTAUX RARES ET BATTERIES)
État des lieux et opportunités
La "relance verte" de l’Europe reposera notamment
sur le leadership industriel dans la production de
batteries, de véhicules électriques, de panneaux
solaires et d’éoliennes. Toutefois, cet objectif est
compromis par notre dépendance croissante à
l’égard de la Chine et d’autres régions pour l’appro -
visionnement en volumes plus importants des
métaux et des minéraux nécessaires à ces techno -
logies - des matières premières essentielles (par
exemple, le cobalt, le lithium, le silicium, les terres
rares), de celles pour lesquelles l’Europe dispose
d’une base industrielle durable, mais affaiblie (par
exemple, l’aluminium, le cuivre, le nickel). En
outre, l’augmentation de la demande mondiale en
matières premières a engendré une augmentation
importante du prix des métaux et des minéraux
industriels, imposant des coûts supplémentaires
considérables pour l’ensemble de l’industrie
européenne. Dans le même temps, l’Europe est un
exportateur important de ferrailles, de v éhicules en
fin de vie et de déchets d’ équipements électriques
et électroniques (« DEEE »). Ceux-ci représentent
un flux de métaux significatif quittant le territoire
européen à destination de l’ étranger. À l’heure
actuelle, les taux de recyclage de produits en fin de
vie pour de nombreux métaux sont très faibles en
Wallonie.
Toutefois, la gestion de certains types de déchets
contenant des métaux (DEEE, piles et accumula -
teurs, batteries de traction des véhicules hybrides et
électriques, panneaux photovoltaïques, véhicules
hors d’usage…) est soumise au système de respon -
sabilité élargie des producteurs (REP). Dans ce
cadre, diverses conventions environnementales
liant la Région et les organismes de gestion des
obligations de reprise (FEBELAUTO, PV Cycle…)
viennent d’être élaborées ou renouvelées pour une

81
IV. Chemin vers une économie circulaire
durée de deux ans. Ces conventions visent à renforcer
la prévention, la collecte sélective et le recyclage
de ces types de déchets, et à déterminer les modes
d’organisation, de mise en oeuvre et de financement
de l’obligation de reprise. Elles constituent dès lors
un moteur pour développer de nouvelles filières de
recyclage en Wallonie.
L’économie circulaire représente un enjeu important
pour la filière métallurgique en Wallonie. Celle-ci
s’appuie sur un grand savoir-faire industriel, techno -
logique et scientifique ainsi que sur des compétences
multiples. Elle repose sur un maillage d’entreprises
(fournisseurs, sous-traitants, clients) qui a permis la
création et le développement des industries de base
et de transformation « du minerai aux produits finis
ou semi-finis ». Cette expertise est à présent mise
au service de la filière inverse, de la valorisation du
produit fini usagé à l’élaboration de nouvelles matières
de base, constituant à leur tour les “minerais” de nos
industries de transformation. C’est la « métallurgie à
l’envers », la «  Reverse Metallurgy  ».
Le potentiel de valorisation des métaux présents au
sein des déchets est très important. D’une part les
gisements de métaux existent localement et sont ou
ont été g énérés par nos propres modes de consom -
mation en produits finis ou semi-finis et par les
fabrications des industries wallonnes. Les métaux
à revaloriser se trouvent dans nos centres d’enfouis -
sement techniques, centres de récupération divers,
terrils, flux issus de nos fabrications industrielles,
etc. D’autre part, à ce flux interne s’ajoute un flux très
important résultant de la balance import-export de
déchets divers contenant des métaux.
Le recyclage et la maîtrise du cycle de l’efficience
des matières constituent un moyen clé pour réduire
la dépendance de la Wallonie à un approvision -
nement extérieur actuellement synonyme de facteur
impactant négativement la performance d’un secteur
industriel important en Wallonie.
Mesures et Actions :
Les actions ont été construites selon un schéma global identifiant les acteurs et les interactions nécessaires au
déploiement d’une stratégie d’économie circulaire dans la chaîne de valeur « Métallurgie, transport et batteries ».
L’élément central est l’innovation collaborative (action 1) permettant la mise en œuvre de solutions industrielles
à haute valeur ajoutée.
Afin d’alimenter le secteur industriel en innovation et technologie, il est important d’investir dans une recherche
en amont sur le long terme, à travers l’action 2.
82
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
L’action 3 traite non seulement de la connaissance
des ressources (offre potentielle de matière) qu’il est
essentiel de maîtriser, mais également la question
de la valorisation via une meilleure connaissance de
l’utilisation des matières premières des industries
wallonnes (demande en matière) afin d’identifier au
mieux les matières à recycler et à valoriser.
Une approche circulaire doit intervenir dès la
conception d’un produit (selon l’adage : «   le meil -
leur déchet est celui qu’on ne produit pas   ») en vue
de diminuer par le design et l’éco-conception, la
consommation des matières, faciliter son démantè -
lement, sa réparation ou sa réutilisation (l’action 4).
L’économie circulaire ne se limite pas aux frontières
de la Wallonie et doit se concevoir à l’échelle inter -
nationale. De nombreux programmes européens
intègrent l’économie circulaire comme priorité stra-
tégique. Il est dès lors nécessaire de déployer des
ressources spécifiques afin d’augmenter la participa-
tion des acteurs wallons à ces différents programmes
(action 5).
Enfin, pour créer de la valeur en Wallonie, il faut
également être en mesure de valoriser son capital
d’innovation et sa position géographique à l’interna-
tional. L’action 6 propose une action de promotion
et de détection d’investisseurs étrangers dédicacés
pour cette chaîne de valeur.
40. Portefeuille de projets d’innovation collaboratifs à ancrage wallon en économie circulaire dans le
domaine de la métallurgie et des batteries au service de la transition vers une société bas carbone
Leviers : réseaux et démarches volontaires, financement, accompagnement, démonstration, innovation et numérique
Mise en œuvre d’un portefeuille de projets d’innovation collaboratifs: partenariats d’innovation, démons -
trateurs et pilotes industriels. La Wallonie est pionnière dans l’économie circulaire, notamment en ce qui
concerne celle des métaux avec la création du premier portefeuille de projets d'innovation intégrés au sein
de la plateforme Reverse Metallurgy.
Forte de cette première expérience, la Wallonie
est en capacité de mettre en œuvre un programme
de soutien à l’innovation et à l’industrialisation
en économie circulaire dans le domaine de la
Métallurgie et des batteries au service de la transi -
tion énergétique et digitale qui constituent des axes
importants de sa réindustrialisation.
Cette action consiste à construire un programme
de recherche sous la forme d'appels à projets qui
devront s’inscrire dans la roadmap construite avec
les différentes parties prenantes de l’écosystème
(entreprises, centres de recherche, universités) sous
la coordination du Pôle MecaTech. Les technologies
telles que l’hydrométallurgie, la pyrométallurgie,
l’intelligence artificielle, la robotique, l’additive
Manufacuring seront mobilisées autour des maillons
de la chaîne de valeur: collecte-tri-traitement-valori-
sation et l’optimisation de la chaîne de production
(diminution des déchets produits, augmentation
de la durée de vie, design for recycling,…). Un focus
particulier sera mis sur la demande en métaux et
alliages nécessaires aux industries wallonnes et aux
marchés internationaux des matières premières
dans les champs de l’énergie, la mobilité et du digital.
41. Stimuler la recherche en économie circulaire des métaux par la mise en œuvre d’un portefeuille
d’actions soutenant la recherche en amont
Leviers : information, sensibilisation, éducation, formation, réseaux et démarches volontaires, financement, accom-
pagnement, démonstration, innovation et numérique, collaboration et représentation au niveau belge, européen et
international.
Cette action vise à soutenir la recherche en amont (TRL L’initiative TRAIL en Intelligence Artificielle
pourrait également être une source d’inspi -
ration, notamment par l’inclusion des centres de
recherche agréés.
83
IV. Chemin vers une économie circulaire
> LABEX2158 vise à proposer une démarche intégrée
sur la connaissance, la valorisation et la gestion
environnementale des ressources naturelles
en métaux stratégiques pour le 21 e siècle. Les
principaux axes d’actions sont :
• Redéfinir la notion de ressource tout en inté -
grant l’impact écotoxicologique et la gestion
environnementale ;
• Sécuriser l’approvisionnement des matériaux
stratégiques, notamment pour des applications
électroniques et énergétiques ;
• Accompagner la recherche ainsi que la politique
économique et technologique de la France et de
58 (https://ressources21.univ-lorraine.fr/ - Ranking ULorraine dans ces matières : 11e mondial)
l’Union européenne, dans le domaine de l’appro-
visionnement de matériaux stratégiques ;
• Développer des nouvelles approches péda -
gogiques et de valorisations basées sur
l’expérimentation scientifique et le transfert vers
l’industrie, grâce à une interaction forte entre
étudiants, enseignants, chercheurs, doctorants,
ingénieurs et partenaires industriels ;
• Mettre en place de partenariats industriels avec
des grandes entreprises nationales particulière -
ment concernées par ce domaine.
42. Cartographie intelligente des ressources et des besoins
Leviers : information, sensibilisation, éducation, formation, numérique
L’objectif de cette action est d' obtenir une cartographie intelligente (en lien avec le Digital Monitoring Tool-
Mesure 2 de l’ambition 1):
> Des ressources potentiellement/économiquement
recyclables en Wallonie (pays limitrophes, princi-
palement) ;
> Des besoins de l’industrie wallonne (p. ex.
fonderies, fabrication métallique présente et
future – Additive Manufacturing) en métaux issus
du recyclage ;
> Des opportunités internationales de valorisation
des gisements urbains en métaux critiques et
stratégiques
43. Circular Design et éco-conception
Leviers : information, sensibilisation, éducation, formation, réseaux et démarches volontaires, financement,
accompagnement, démonstration, innovation  et numérique
Sensibiliser, former et accompagner les acteurs sur la recyclabilité et le cycle de vie des produits qu’ils mettent en
œuvre: analyse du cycle de vie (ACV), analyse des flux des matières (AFM), choix des matériaux, technologies de
démontage/désassemblage, technologies de mise en œuvre de la matière, recyclabilité.
> Campagne de communication (success stories,
études de cas, …)  ;
> Création d’un label et outils de certification
(par exemple la certification du type QA-CER
« recycled content »)  ;
> Workshop, séminaire, formation-action en
entreprise pour un large public (école de design,
d’ingénieur, formation continue, …)  ;
> Intégration d’un volet « circular design » dans
toutes demandes de subsides à la recherche et
développement (ACV, AFM, taux de recyclabilité)  ;
> Création d’un challenge « Metallurgy go green and
circular » qui viserait à définir des grands défis liés
à l’économie circulaire dans le domaine de biens
de consommation utilisant des métaux (p. ex. Fair
Phone, …). Ces défis serviraient de base pour le
lancement d’un appel à projets à destination des
PME et start-up. Les entreprises sélectionnées
bénéficieraient d’un soutien financier et d’un
accompagnement sur mesure.
84
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
44. Capter les financements européens et les rendre accessibles aux entreprises qui n’ont pas les
ressources et les compétences en interne pour monter ou intégrer des projets européens
Leviers : information et la sensibilisation, éducation et la formation, réseaux et démarches volontaires, financement,
accompagnement, démonstration, l’innovation et le numérique, collaboration et la représentation au niveau belge, euro-
péen et international.
Cette action a pour objectif de mobiliser de moyens mutualisés dédicacés à la Circularité des Métaux et des
Batteries en rassemblant les responsables de projet de chaque partie prenante associée (universités, centre de
recherche, entreprises, pôles). Ces parties prenantes seront soutenues par le Pôle MecaTech (en sa qualité de
coordinateur de la feuille de route de la chaîne de valeur Métallurgie et Batteries attribuée par le Gouvernement
Wallon), en étroite collaboration avec le NCP Wallonie et le SPW.
Ces parties prenantes partageront les objectifs
suivants :
> assurer la participation de la Wallonie à l’EIT
Raw Materials (Institut européen d’Innovation
et de technologie dédié aux matières premières)
et à l’ERMA (Alliance européenne des matières
premières) ;
> réaliser la veille sur les opportunités de finan -
cement (en étroite collaboration avec le NCP
Wallonie) ;
> organiser des événements communs (dont
un European Raw Materials Event localisé en
Wallonie) (en étroite collaboration avec le NCP
Wallonie et le SPW) ;
> partager des outils et des bonnes pratiques ;
> définir des projets structurants (pour alimenter le
SPW dans les étapes de comitologie et pour viser
la coordination de projet).
45. Créer de la valeur en Wallonie en valorisant son capital d’innovation et sa position géographique
Leviers : information et la sensibilisation, collaboration et la représentation au niveau belge, européen et interna-
tional.
Le succès économique dans le domaine des métaux (primaires/mines ou secondaires/recyclage) repose sur
une massification des flux couplée à l’utilisation de technologies de pointe. A ce titre, la Wallonie, par sa situa-
tion géographique, ses hubs logistiques et ses compétences technologiques doit assurer la promotion de son
savoir-faire. Ceci pourrait se faire par l’intégration d’un volet « Circular Value Chain » aux missions de l’équipe
sectorielle « Mechanical Engeneering » de l’AWEX, en lien étroit avec l’équipe Greentech pour les impacts en
Développement durable et par la création d’un programme de promotion et de détection d’investisseur étranger
dédicacé pour la chaîne de valeur « Métallurgie et Batteries ».
Dans ce cadre, les principales missions de ces équipes sectorielles seront :
> Renforcer la chaine de valeur en agissant sur les
maillons manquants et cruciaux (identification –
recherches – montage de projets) ;
> Travail sur les relocalisations de filières straté -
giques structurantes et en lien avec la feuille
de route de la chaîne de valeur « Metallurgie et
batteries » ;
> Travail sur la création de nouvelles filières à valeur
ajoutée pour la Région wallonne (local sourcing,
local manufacturing, nouveaux modèles)  ;
> Participation à des séminaires et actions diverses
(orateur, rendez-vous avec des entreprises à
l’étranger)  ;
> Mise en œuvre de conférences spécialisées /
actions très spécifiques.
85
IV. Chemin vers une économie circulaire
LES TEXTILES
État des lieux et opportunités
59 Expression qui désigne le renouvellement, le plus rapide possible, des collections d’articles de la mode vestimentaire. Le but est de traduire dans les meilleurs délais les tendances
perçues de la mode à un instant T, en proposant à la vente des produits représentatifs et accessibles, afin d’inciter au maximum au renouvellement de la garde-robe du client
60 A new textiles economy: redesigning fashion’s future ; Fondation Ellen Macarthur, novembre 2017
61 A new textiles economy: redesigning fashion’s future ; Fondation Ellen Macarthur, novembre 2017
62 6 Mapping clothing impacts in Europe: the environmental cost ; ECAP, décembre 2017.
Les produits textiles et les vêtements en particulier
sont des biens de consommation courante. Ils sont
également utilisés dans une large gamme d’applica -
tions techniques (domaine médical, équipements de
protection individuels, routes et bâtiments, jouets,
transport, emballage, ameublement). Le système
actuel de production, de distribution et d’usage est
presque entièrement linéaire avec des externalités
négatives environnementales et sociales à toutes les
étapes de la chaîne de valeur. La production de vête-
ments a doublé ces 15 dernières années sous l’effet
de la fast fashion 59 et de l’augmentation des classes
moyennes60. Dans un contexte de baisse des prix dans
le secteur de l’habillement, les distributeurs misent
sur l’augmentation des volumes de vente pour main-
tenir leur chiffre d’affaires, augmentant également les
stocks résiduels. Le volume de vêtements achetés a
ainsi augmenté de 40% au cours de la période 1996-
2012.
En termes d’impact, la production de textiles sollicite
différentes ressources, à commencer par l’eau pour la
culture du coton et les processus de teinture. D’autre
part, le secteur textile est fortement dépendant des
énergies fossiles, puisque les fibres synthétiques sont
issues du pétrole. L’industrie textile génère également
diverses pollutions lors de la production des fibres
(usage de pesticides et fertilisants pour le coton)
pendant la production (eaux de teinture chargées de
produits toxiques) et pendant l’usage (microfibres
plastiques). Cette forte tension sur les ressources et
les pollutions associées vont s’aggraver puisque la
production de vêtements devrait tripler d’ici à 205061.
Par ailleurs, le recyclage des textiles est difficile. Un
vêtement est un produit complexe, construit à base
de matières différentes (naturelles, artificielles,
synthétiques), d’accessoires en métal, et qui subit des
traitements (teinture, apprêts). Cette complexité ne
facilite pas le recyclage en cours de production et en
fin de vie. 80 % des textiles utilisés dans l’Union euro-
péenne ne sont pas recyclés62.
Les solutions existantes de recyclage ne permettent
pas actuellement de compenser les dommages
environnementaux causés par l’industrie textile.
Il est urgent de ralentir l’extraction de matières
et de repenser l’usage des ressources mobilisées.
L’économie circulaire apporte des réponses aux
défis auxquels l’industrie textile est confrontée. Elle
propose des solutions permettant à l’industrie textile
de relever le défi environnemental sans renier ce qui
fait sa spécificité : la créativité, le design et le bien-
être des usagers.
Au niveau wallon, l’enjeu se situe en amont de la
chaîne de valeur : favoriser des initiatives innovantes
liées à l’économie de la fonctionnalité, la réparation,
l’upcycling (création de nouveaux produits en textile).
Mais également en aval : faire émerger des filières
liées à de nouveaux modes de valorisation des textiles
collectés, notamment grâce à la mise en place d’une
obligation de reprise des textiles usagés en Wallonie,
dans le cadre de l’application du système de la respon-
sabilité élargie des producteurs (REP) défini par les
nouvelles réglementations européennes en matière
de déchets.
86
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
Les actions63 proposées dans le cadre de cette chaîne
de valeur se concentrent sur l’« inner circle » de l’éco-
nomie circulaire, c’est-à-dire les nouveaux modes de
conception, de production (eco-design, symbiose
63 Dans ce contexte il est important de tenir compte des éléments suivants :
• La directive « Eco-design » sera très probablement élargie vers d’autres groupes de produits tels que les textiles et les plastiques
• Il n’est pas exclu que la Commission européenne introduise des systèmes de Responsabilité Elargie du Producteur
• La mise en œuvre du « Passeport Produit » par la Commission européenne est très probable
industrielle, économie de la fonctionnalité, etc.), et
de consommation plus sobres et efficaces (la réuti -
lisation, la réparation, le remanufacturing, etc.). Le
recyclage, quant à lui, sera moins ciblé.
La structuration des actions par rapport à l’économie circulaire est reprise dans le schéma ci-dessous.
Eco-conception
Conception
Entreprise
circulaire
Passeport
produits
Sensibilisation
grand public
Recycler
Recycler
RéparerIntensification
de l’usage
Augmentation de
la durée de vie
Revendre / Reconditionner
Ré-utiliser
La veille
Production
du textile
Confection
des vêtements
Distribution Utilisation Collecte Tri Incinération
Conception
Le tri & étiquette
pour le tri

87
IV. Chemin vers une économie circulaire
Mesures et actions
46. Développer l’offre en ressources en fibres naturelles, recyclées et biobasées (fibres synthétiques
biosourcées64 et artificielles)
Leviers : information, sensibilisation, éducation, formation, réseaux et démarches volontaires, financement,
accompagnement ,marchés publics
64 Certaines fibres synthétiques sont parfois biosourcées . C’est le cas par exemple du polyester fabriqué à partir d’éthylène dérivé de la canne à sucre
Dans un premier temps, il s’agira de cartographier
pour ensuite sécuriser l’approvisionnement des
ressources (cf. Ambition 1, mesure 2 – Digital monito-
ring Tool). À travers la mise en place de collaborations,
plateforme et groupes de travail, des ponts seront
créés entre utilisateurs et producteurs/fournisseurs.
Une attention particulière sera portée à la mobi -
lisation de financements wallons et européens de
soutien à l’innovation.
Les marchés publics seront également un levier
important à mobiliser. Les pouvoirs publics seront
sensibilisés à travers divers outils de communication,
afin de les inciter à utiliser les produits locaux -
exemple : isolation par produits à base de laine
(cf. Ambition 5, action 10)
Une collaboration avec les écoles de design sera
également proposée.
47. Réseautage et business developement
Leviers : information et la sensibilisation, éducation et la formation, réseaux et démarches volontaires, accompa -
gnement, collaboration et la représentation au niveau belge, européen et international.
Cette action a pour objectif de mettre en place un
Business Developper qui aidera à faire fonctionner
la chaîne de valeur, de montrer les bonnes pratiques,
de concrétiser des projets et d’établir un inventaire
de production, ainsi que des produits invendus.
Une plateforme numérique reprenant notam -
ment les «  success stories  » sera intégrée au sein
des outils de communication numériques de
Circular wallonia. Le recours aux médias sociaux
sera également optimisé.
Il s’agira ainsi de connecter plus facilement l’offre
et la demande, de permettre une meilleure visibilité
entre acteurs du textile et en dehors du secteur.
Un des objectifs est de pouvoir centraliser l’informa-
tion utile aux acteurs économiques et d’établir un
point de contact privilégié pour optimiser l’entrée
dans le circuit circulaire (mise en contact et iden -
tification de normes pouvant constituer des freins
législatifs). A terme, cela permettra d’identifier les
carences de la chaîne de valeur et développer les
maillons manquants.
48. Le tri - l’utilisation
Leviers : information et la sensibilisation, financement, accompagnement, démonstration, l’innovation  et le numérique
L’objectif est de développer les filières de
Remanufacturing en Wallonie et d’optimiser le
produit textile. Un appel à projets sera organisé à
destination des PME, des startups et jeunes entre -
preneurs afin d’identifier des projets innovants.
Les entreprises sélectionnées bénéficieront d’une
subvention et d’un accompagnement sur mesure.
Cet appel visera à soutenir des projets de produits et
de business models circulaires favorisant l’utilisation
de matériaux naturels et locaux, la réutilisation, et le
remanufacturing de textiles collectés (notamment
via la Fédération "Ressources » ou la récupération de
chutes de production).
88
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
49. Le tri- la matière
Leviers : financement, accompagnement, démonstration, innovation  et numérique
L’ambition est d’améliorer le tri sélectif, le déman -
tèlement pour répondre aux besoins des entreprises
du recyclage. L’évolution vers un tri plus perfor -
mant des vêtements et des textiles complexes sera
notamment soutenue grâce au développement d’un
étiquetage permanent comprenant des informations
relatives à la composition des vêtements. L’action
visera d’une part, la préparation et le lancement de
projet(s) de recherche sur le tri et le démantèlement
(en ce compris, un état de l’art) et d’autre part, le
développement d’un étiquetage via NBN, c’est-à-
dire un programme de label environnemental de
type I volontaire pouvant être géré par un opérateur
sectoriel et s’appliquer sur le plan régional.
50. Inciter les prescripteurs publics et privés à utiliser des fibres locales issues du recyclage ou de
ressources naturelles
Leviers : information et la sensibilisation, réseaux et démarches volontaires, financement, accompagnement,
démonstration, l’innovation et le numérique, marchés publics, collaboration et la représentation au niveau belge,
européen et international.
> Des analyses d’offres seront réalisées pour des
filières spécifiques (ex : vêtements professionnels).
> La Région visera à soutenir le développement de la
filière à travers des marchés publics en intégrant
davantage de critères circulaires, et en privilé -
giant les matériaux recyclés, biodégradables.
La Région soutiendra également les solutions
innovantes à travers le lancement de marchés
publics innovants et/ou pré-commerciaux
(cf. Ambition 2). Un guide pour aider les acheteurs
publics dans leur recherche d’informations sur
les textiles sera réalisé. Il compilera également un
ensemble de bonnes pratiques au niveau européen.
> Une réflexion sera menée sur l’adaptation de
certains dispositifs de soutien RDI afin de veiller à
y couvrir la thématique "textiles", dans le domaine
de l’eco-design entre autres. Il sera notamment
utile de pouvoir réfléchir aux champs d’application
de dispositifs d’aide en matière de recherche et
développement.
> Une attention particulière sera portée au renfor -
cement de l’implication des acteurs wallons dans
des programmes et réseaux européens (Horizon
Europe, notamment) permettant de favoriser les
projets innovants, maximiser les partenariats et
financements européens.
51. Favoriser l’éco-design à travers le développement des connaissances techniques et la sensibilisation
Leviers : information, sensibilisation, éducation, formation, réseaux et démarches volontaires, collaboration et
représentation au niveau belge, européen et international
> La Région, en collaboration avec la Fédération
Wallonie-Bruxelles, favorisera le développement
des connaissances techniques dans le cadre des
formations de designers (matières premières,
recyclage, matériaux bio-composites), et à travers
les formations spécifiques, proposées par divers
organismes (IFAPME, etc.). Pour ce faire, la Région
veillera à mettre en place une sensibilisation des
acteurs de la formation.
> Des actions de sensibilisation envers le "grand
public" seront déployées afin d’informer sur les
différentes filières de récupération et notamment
quant aux vêtements, en mauvais état.
> Des études sur l’impact environnemental des
nouveaux matériaux seront menées, en prenant
en compte les travaux européens en cours et à
venir, notamment dans le cadre du Green Deal.
> Une matériauthèque physique verra le jour. Elle
permettra de rassembler en un même lieu des
échantillons de matériaux, des vidéos, photos,
bonnes pratiques. Cela constituera une base de
données de matériaux reprenant les caracté -
ristiques physico-chimiques. Ce lieu offrira un
support pédagogique de qualité.
> Une veille technique sera mise en place,
notamment plus spécifiquement sur les nouveaux
matériaux afin de déterminer à qualité équiva -
89
IV. Chemin vers une économie circulaire
lente, leurs caractéristiques techniques (balance
entre performance technique et éco-circularité),
de définir des critères de durabilité pour les
nouveaux matériaux (cf. travaux européens en
cours - Eco-design Directive et catégories à suivre,
règlements par catégories de produits à venir).
> La Wallonie veillera à prendre part aux travaux
européens sur l’économie circulaire et l’impact
de ceux-ci sur la réglementation à venir. Une
présence wallonne (administrations, UAP, etc.)
sera assurée et coordonnée dans les différents
groupes de coordination, et réseaux d’experts au
niveau européen et international. Les informa -
tions seront ensuite échangées au sein des organes
de gouvernance de Circular Wallonia.
90
IV. Chemin vers une économie circulaire IV. Chemin vers une économie circulaire
65 Communication de la Commission européenne au Parlement européen, au Conseil, au Comité économique et social européen et au Comité des régions : Une stratégie européenne sur
les matières plastiques dans une économie circulaire https://eur-lex.europa.eu/legal-content/EN/TXT/?qid=1516265440535&uri=COM:2018:28:FIN
66 Afin de pouvoir concrétiser ces ambitions, la Directive (UE) 2019/904 du 5 juin 2019 vise à interdire, d’ici juillet 2021, la mise sur le marché des plastiques oxo-dégradables et d’une
dizaine de produits en plastique à usage unique (SUP), dont les récipients en PSE. Par ailleurs, la directive comprend des objectifs de collecte et de recyclage des bouteilles en plastique
de 90 % d’ici 2029, ainsi qu’une imposition en termes de teneur en matériaux recyclés de 25% en 2025 et 30% en 2030, dans les bouteilles en PET pour boissons.
67 AGORIA/ESSENSCIA, 2019 « The Belgian Plastics Industry and the circular economy »
LES MATIÈRES PLASTIQUES
État des lieux et opportunités
Depuis le siècle dernier, les matières plastiques ont
permis le développement d’innombrables objets aux
fonctionnalités nouvelles dans des domaines variés :
emballage alimentaire, habillement, mobilier, santé,
transports, TIC, électronique, bâtiment. Cette
ubiquité s’explique par des propriétés très spéci -
fiques (résistances, légèreté), la facilité et la rapidité
de mise en oeuvre pour des formes complexes, la très
grande variété de résines, compounds et composites
pour répondre aux besoins et innover, et enfin une
certaine abondance des matières premières fossiles
à l’origine de cette chimie. Cependant, ce développe-
ment a des conséquences sur l’environnement, tant
la dispersion de déchets plastiques de toutes tailles
dans le monde impacte durablement les écosys -
tèmes. Prévenir, réutiliser et collecter davantage font
partie de la solution. Mais les enjeux environnemen-
taux sont aussi liés aux émissions de substances
toxiques lors de la synthèse, la mise en forme, l’usage
ou au stade de déchet sur terre ou dans l’eau, les
émissions de CO2 en cas d’incinération, et l’épuise -
ment des ressources fossiles. Les déchets plastiques
non évitables deviennent ainsi un gisement à mieux
valoriser notamment en Europe.
Face à ces constats, l’Europe s’est dotée en janvier
2018 d’une stratégie sur les matières plastiques 65.
Cette stratégie vise essentiellement la recyclabi -
lité intégrale de tous les emballages plastiques en
Europe d'ici à 2030 et la réduction des plastiques à
usages uniques et des microplastiques 66, au travers
d’une approche circulaire d’interdiction de mise sur
le marché, de transformation des modes de produc -
tion, de conception, de fabrication, d’utilisation et
de recyclage.
Au niveau belge, selon les données communiquées
par les Fédérations Agoria et Essenscia pour l’année
201867, plus de 70% des 30.000 emplois du secteur de
la chimie sont liés à la production de produits plas -
tiques sur base de matières premières. La Belgique
exporte par ailleurs plus de 50% de sa production
de matières plastiques. Les secteurs de l’emballage,
de la construction et de l’automobile représentent
respectivement 45%, 23% et 8% de la demande belge
en matières plastiques en 2018.
Selon la même source, plus de 50% des produits
ou pièces en plastique (hors partie emballages) ont
une durée de vie oscillant entre 2 et 5 ans. La quan -
tité de déchets plastiques post-consommation ainsi
générée en 2018 (610kT) représenterait la moitié de
la quantité de plastiques consommés (1220 kT), indi-
quant de facto que le stock de matières plastiques
immobilisé ne ferait que croître. Parmis ces déchets,
34% sont envoyés en filière de recyclage (dont 77%
effectivement recyclés dans des filières locales
(160 kT)), 64% sont valorisés énergétiquement en
incinération, 2% en Centre d’enfouissement tech -
nique (CET) et moins de 1% en recyclage chimique.
Ces déchets plastiques proviennent principalement
des emballages (57% - 43% effectivement recylés), de
la construction (8% - 29% effectivement recyclés) et
des appareils électriques et électroniques (8% - 28%
effectivement recyclés). Au final, l’utilisation de
plastique recyclé ne représente donc actuellement
que 6% des matières premières utilisées, essentiel -
lement dans des applications en emballage (28%) et
en construction (44%).
91
IV. Chemin vers une économie circulaire
La Belgique est reconnue comme l’un des meilleurs
recycleurs d’Europe pour les emballages ménagers
et a atteint un taux de « recyclage » de 85,3% en 2019.
Le recyclage des plastiques d’emballages, quant à lui,
représente encore pas mal de défis, le taux de « recy-
clage » atteint étant de 42,4%68. Néanmoins, malgré ses
compétences indéniables en matière de gestion des
déchets, la Belgique n’a pas complètement développé
son industrie du recyclage et exporte actuellement
les 2/3 de ses déchets plastiques hors de ses fron -
tières, le reste étant pour la majeure partie valorisé
en énergie par incinération69, ce qui ne constitue pas
une solution durable. Compte tenu de ces constats,
la transition vers une économie circulaire du plas -
tique visant à limiter au maximum l’utilisation de
plastiques à (très) courte durée de vie et à accroître
fortement la recyclabilité et les taux de recyclage et
de réutilisation des plastiques non évitables est une
vériable nécessité de même qu’une opportunité.
68 Selon le SPW-DSD, il est cependant attendu que le changement de la méthode de calcul en 2020 (définie par l’UE) ait pour effet de diminuer le taux de recyclage.
69 Selon les estimations de la fédération DENUO.
Au-delà du recyclage, l’utilisation plus efficace des
matières premières, l’allongement de la durée de
vie des produits, l’eco-design, la réparation, la réuti-
lisation ou même la refabrication des produits, le
développement de nouveaux modèles d’entreprise
peuvent permettre aux entreprises de la filière d’évo-
luer vers plus de circularité et de réaliser une plus
grande valeur ajoutée.
Au niveau wallon, l’enjeu est de pouvoir s’aligner
sur les ambitions européennes, mais également de
pouvoir bénéficier des leviers de soutien à l’innova -
tion y afférents (Horizon Europe, appels du Green
Deal) afin de faire émerger des filières permettant de
positionner des acteurs wallons dans des chaînes de
valeur et d’approvisionnement européennes.

92
IV. Chemin vers une économie circulaire
Mesures et Actions
52. Connaître et faire connaître les écosystèmes et les zones de chalandise de l’amont à l’aval de la
chaîne de valeur
Leviers : information, sensibilisation, réseaux et démarches volontaires, financement
Des études de métabolisme (industriel, urbain, territorial) doivent permettre de caractériser les flux de
ressources, connaître leurs origines et leurs destinations, les cartographier afin d’identifier des synergies,
identifier les maillons manquants dans les chaînes de valeur et raccourcir les boucles d’échanges - en lien avec
la mesure 16 de l’ambition 7.
53. Améliorer la séparabilité dans les produits multi matériaux et les techniques de purification dans le
recyclage
Leviers : financement, accompagnement, démonstration, innovation et numérique, collaboration et représentation
au niveau belge, européen et international
Il s’agira d’aboutir à une proposition de normes et réglementations visant à un engagement des acteurs de la
chaîne de valeur à concevoir les matériaux/produits de telle manière qu’une séparation (mécanique ou autre)
des constituants puisse être effectuée à un coût acceptable de manière à permettre leur réutilisation/recyclage.
Et ce, à travers 3 leviers :
> La recherche
Les dispositifs de soutien à la recherche, au déve -
loppement et à l’innovation sur cette thématique
seront renforcés, notamment via les appels des
pôles de compétitivité et les dispositifs d’aide
à la recherche. Les aspects «  fin de vie  » et
«  éco-conception  » bénéficieront d’une attention
particulière.
Un guide pratique ou une plateforme rassemblant
l’ensemble des solutions existantes à l’interna -
tional sera établi (cf mesure 2 de l’ambition 1
– Digital Monitoring tool)
> La formation
Des formations sur les multi-matériaux seront
proposées aux centres de tri. L’ambition est
d’améliorer la connaissance des multi-matériaux
(y compris leur valeur économique potentielle et
leurs impacts environnementaux).
> Le « passeport produit » et la responsabilité élargie
du producteur
Il s’agira de soutenir une meilleure labellisation
des matériaux facilitant le tri (différenciant le type
de matières et le type de technique de recyclage).
Une cartographie des flux, mapping des diffé -
rents matériaux qui ne sont actuellement pas
recyclables sera établie, en collaboration avec les
centres de tri, notamment. (en lien avec le Digital
Monitoring Tool-Mesure 2 de l’ambition 1).
54. Proposer des critères pour des marchés publics circulaires
Leviers : information et sensibilisation, réseaux et démarches volontaires, financement, accompagnement, démons-
tration, innovation et numérique, normes et réglementations, marchés publics
Cette action visera à s’accorder sur les clauses techniques, environnementales, légales à intégrer dans les
marchés publics de manière à limiter l’utilisation de plastiques (à courte durée de vie notamment) quand
des alternatives plus écologiques existent et garantir une approche circulaire. Une attention particulière sera
portée quant à l’accès à ces marchés pour les TPE et PME.
Une réflexion sera menée quant au développement de marchés publics pré commerciaux et innovants (à
travers notamment les Partenariats d’Innovation) – en lien avec la mesure 4 de l’ambition 2.
IV. Chemin vers une économie circulaire
93
IV. Chemin vers une économie circulaire
55. Améliorer la connaissance des stakeholders/parties prenantes concernant le cycle de vie des
plastiques
Leviers : information, sensibilisation, réseaux et démarches volontaires
Les plastiques occupent actuellement une place
très importante dans la société et dans l’industrie.
L’objectif visé est d’identifier les fonctions vis-à-vis
desquelles aucun substitut n’est actuellement iden -
tifiable, pour des raisons sanitaires, techniques,
économiques et de communiquer à ce sujet.
En ce qui concerne les fonctions vis-à-vis desquelles
des substituts existent ou peuvent être développés,
il conviendra de définir les conditions techniques /
économiques / environnementales sous-jacentes et
de développer et soutenir les filières permettant la
production, la distribution et l’utilisation des alter -
natives aux plastiques.
56. Développer des guides en vue de l’écoconception (produits et publics cibles à définir)
Leviers : information et sensibilisation
L’action se concentrera sur les emballages à usage
unique (construction, textiles, secteur agricole)
pour lesquels des guidelines spécifiques seront
développées par secteur d’activité et par type de
produit. Un guide spécifique par secteur sera établi,
mettant également en avant les alternatives liées à la
fonctionnalité et non plus à la matière (à travers une
consolidation d’informations existantes, notam -
ment).
En outre, une réflexion sera menée pour créer une
porte d’entrée unique pour chacune des théma -
tiques visées.
57. Optimisation de la chaîne logistique pour augmenter la quantité et la collecte
Leviers : accompagnement, démonstration, innovation et numérique
Cette action est dans une logique d’appui et de
renforcement du PWD-R. Il s’agit de mettre en place
des centres d’apports volontaires dans les Zonings
industriels de manière à centraliser les flux de
déchets pour lesquels un tri sélectif est imposé (dont
les plastiques).
L’opportunité de mise en œuvre d’approches de
logistique inverse sera étudiée sur certains flux
très spécifiques (ex : Derbigum, Clean site system).
(Cf digital Monitoring Tool - Ambition 1 - mesure 2)
94
IV. Chemin vers une économie circulaire
IV. Chemin vers une économie circulaire
L’INDUSTRIE ALIMENTAIRE ET LES SYSTÈMES ALIMENTAIRES
État des lieux et opportunités
70 Cette définition est issue des différentes parties prenantes du secteur qui ont contribué à l’élaboration des actions de cette chaîne de valeur.
71 Stratégie destinée à rendre le système alimentaire plus durable qui a été financée par la Wallonie et portée par Wagralim ainsi que les 4 fédérations BFA, FWA, FEVIA et COMEOS.
ENJEUX ET OPPORTUNITÉS
L’économie circulaire appliquée au système agroali-
mentaire peut être définie de la manière suivante :
« L’économie circulaire est un processus de préservation,
de récupération et de valorisation des matières (nutri -
ment et matières organiques, emballages, co-produits) et
des flux (énergie, eau, chaleur) qui permet de créer de la
valeur tout en contribuant à un système agroalimentaire
efficient et durable, en s’appuyant sur la collaboration,
les synergies et l’innovation70 .»
Le secteur alimentaire est déjà circulaire par
nature, mais il reste un potentiel d’amélioration
conséquent, tel qu’au niveau des intrants agricoles,
du cycle de l’eau, de la récupération d’énergie, des
emballages, de la conservation des aliments ou
de la valorisation de co-produits non ou peu valo -
risés. Afin d’y arriver, il faudra notamment mettre
en place des symbioses industrielles, des filières
locales, mutualiser les équipements, de nouvelles
solutions pour l’eau, mobiliser les consommateurs.
ETAT DU SECTEUR WALLON
Le système alimentaire wallon est un système
complexe qui fait interagir de nombreux acteurs « de
la fourche à la fourchette », partant de l’agriculture,
de l’élevage, en passant par la transformation (indus-
trie alimentaire) et la distribution. De nombreux
intermédiaires prennent part au système, ainsi que
de nombreux fournisseurs (intrants, emballages,
produits d’hygiène etc.).
L’industrie alimentaire représente le premier secteur
industriel en termes d’emploi (23.000 emplois
directs, 37.000 emplois indirects). Sur la période 2018-
2019, le secteur a investi pour plus de 450 millions
d’euros, a représenté un chiffre d’affaires de 8,5
milliards d’euros (dont la moitié à l’exportation) et
une valeur ajoutée de 4,5 milliards d’euros.
En Wallonie, un large processus participatif a
été mené en 2017-2018 et a permis d’aboutir à
une vision commune et partagée de l’alimenta -
tion durable, matérialisée par le Référentiel “Vers
un système alimentaire durable en Wallonie”. La
Stratégie “Manger Demain” donne un cadre métho-
dologique visant à accélérer l’atteinte des objectifs
de ce référentiel. Par ailleurs, comme prévu dans
la Déclaration de Politique régionale, la volonté du
Gouvernement wallon d’accélérer la transition vers
un système agro-alimentaire durable s’est égale -
ment traduite par la nomination des 40 membres
du Collège wallon de l’Alimentation Durable le
15 octobre 2020, dont un des objectifs sera d’éla -
borer une Alliance Emploi-Environnement pour
l’Alimentation.
En parallèle, le défi de la réduction des pertes et
du gaspillage alimentaire a fait l’objet du plan
REGAL. Toutefois, pour rendre le système alimen -
taire circulaire, il faudra renforcer l’innovation et la
collaboration. Ceci est l’une des conclusions de la
Démarche D’Avenir71.
En matière d’innovation, le Pôle Wagralim, actif
depuis 2006, développe un portefeuille de projets
d’innovation pour atteindre un « Système agroali -
mentaire durable et circulaire », en suivant 3 axes
stratégiques  :  «  Système agroalimentaire inter -
connecté et durable  », «  Industrie efficiente et
transparente   », «    Nutrition et consommateur   ».
95
IV. Chemin vers une économie circulaire
Par ailleurs, dans le cadre de la nouvelle stratégie
de spécialisation intelligente, le Gouvernement
wallon a défini un domaine d’innovation straté -
gique dédié aux Chaînes agro-alimentaires du futur
et à la gestion innovante de l’environnement.
Par conséquent, le déploiement de l’économie circu-
laire au sein de la chaîne de valeur Alimentation
prend place dans un contexte régional et européen
favorable, et visera à contribuer aux objectifs du
Référentiel alimentation durable, en cohérence
avec les autres dispositifs et stratégies de la Région.
Mesures et Actions :
58. Développer des filières agroalimentaires ancrées localement et porteuses pour l’ensemble de la
chaîne et permettant une valorisation totale et circulaire.
Leviers : innovation, information, démarches et réseaux volontaires
Cette action a pour objectif de reconnecter des
maillons du système alimentaire qui ne le sont plus,
ou pas suffisamment. Plus précisément il s’agit de
relocaliser des filières agroindustrielles, qui parfois
produisent les matières premières sans les valoriser
dans la Région, et en parallèle doivent importer
d’autres matières premières pour l’industrie locale.
Or, une relocalisation des filières est une des
manières de mettre en place la circularité, car elle
peut permettre de mieux gérer les flux à refaire
circuler. De plus, certaines matières premières
agricoles manquantes trouveront leur place au sein
des rotations, faisant ainsi recirculer des matières
azotées. C’est le cas des légumineuses, et notam -
ment du pois protéagineux. D’autres exemples sont
valables, comme la filière panifiable.
La filière de la protéine végétale sera développée
grâce à la définition d’un plan de protéines régional,
de la recherche agronomique et le développement
des itinéraires techniques pour la culture des
légumineuses (pois protéagineux, féverole), et de
la recherche industrielle. Sa mise en œuvre sera
compatible avec le respect des objectifs en matière
de changements climatiques, de protection de la
biodiversité et de qualité de l’air, de l’eau et des sols.
Cette action relèvera également de l’Alliance
Emploi-Environnement alimentation. Les outils
financiers de la Région wallonne seront également
impliqués.
V. Gouvernance
96
IV. Chemin vers une économie circulaire
59. Mettre en place une banque de données des matières organiques issues du système agroalimen-
taire et réalisation d’investissements permettant leur valorisation optimale
Leviers : numérique, innovation, démarches et réseaux volontaires, information
Un enjeu pour la circularité dans les systèmes
alimentaires est d’identifier les matières organiques
qui aujourd’hui sont dispersées sur le territoire et
non valorisées, ou insuffisamment.
Il s’agit de développer une banque de données
intégrant une plateforme d’échanges (mots clés,
caractérisation) destinée aux industriels afin de
visualiser la quantité et la qualité des matières orga-
niques disponibles (ex.: co-produits), ainsi que de
réaliser des investissements mutualisés (ex.: unité
de séchage) qui permettent de stabiliser les co-pro -
duits dans le temps et de les valoriser.
La banque de données fera appel à l’outil de monito-
ring digital (cf. mesure 2 de l’Ambition 1).
60. Réutiliser des eaux issues du traitement des eaux usées dans les stations d’épuration (STEP)
ou dans les processus industriels (ex.: agro-alimentaire) afin de les intégrer à nouveau dans des
processus agricoles et industriels et récupérer et revaloriser le phosphore et l’azote
Leviers : Démonstration, innovation, information, normes et réglementations
L’objectif est double. D’une part, il s’agit de récu -
pérer et de réutiliser l’eau mise en œuvre dans les
procédés industriels, à la fois dans l’usine ou pour
un retour vers l’agriculture. Et d’autre part, il s’agit
de récupérer et de revaloriser les composés tels que
le phosphore et l’azote qui accompagnent ces eaux
usées (par exemple sous forme d’engrais).
Tous les observateurs sont conscients que les
ressources en eaux sont mises à contribution et
qu’un risque de raréfaction est bien réel. De plus
les précipitations tendent à être irrégulières, et les
épisodes de sécheresse deviennent récurrents.
Par conséquent, au-delà d’une utilisation ration -
nelle de la ressource eau, il est primordial de
réutiliser les flux qui peuvent l’être, et de traiter les
eaux chargées, tout en revalorisant les matières.
Cette double action est définie de manière plus
détaillée dans la chaîne de valeur « eau  ». Leur mise
en œuvre associera les acteurs des deux chaînes de
valeur.
61. Stimuler les pratiques circulaires au sein des acteurs du système agroalimentaire
Leviers : information, communication, sensibilisation, numérique, collaboration
L’information et la sensibilisation des acteurs du
système agroalimentaire est un élément clé pour
les inciter à modifier leurs pratiques pour plus de
circularité.
> Réaliser un benchmark afin de trouver des
pratiques intéressantes en dehors de la Région
wallonne et ainsi accélérer le déploiement de
l’économie circulaire. Il s’agit donc d’alimenter
les acteurs économiques en idées, potentiel de
réalisation etc. Ces bonnes pratiques interna -
tionales pourront être diffusées également à
l’occasion d’une foire régionale ou internationale
qui rassemblera également les acteurs wallons.
Durant celle-ci, des trophées de l’économie
circulaire pour les acteurs de la chaîne de valeur
pourraient être remis afin de soutenir les bonnes
pratiques et leur essaimage.
97
V. Gouvernance
5
GOUVERNANCE
98
V. Gouvernance V. Gouvernance
L
a gouvernance de Circular Wallonia, explicitée ci-après, a pour objectif de permettre une
mise en œuvre efficace et agile des mesures. En effet, les évolutions rapides de l’éco -
nomie circulaire nécessitent que la Wallonie adopte un processus interactif et flexible qui
intègre les cycles d’apprentissage par les parties prenantes. Une évaluation sera effectuée à
intervalle régulier et pourra mener à des ajustements et/ou des propositions de nouvelles actions.
Les instances de gouvernance de la Stratégie
Trois instances ont été activées durant la phase
d’élaboration de la Stratégie : un Comité de pilotage,
une Plateforme intra-administrations et un Comité
d’orientation. La Direction du Développement
Durable (Secrétariat Général du SPW) était en
charge de la coordination et du secrétariat, en
collaboration avec la Direction de la Politique
économique (Département de la compétitivité et de
l’Innovation du SPW Economie).
Afin d’assurer une mise en œuvre efficace de la
Stratégie, ces instances nécessitent d’être modifiées
et complétées. Elles seront toujours au nombre de
trois :
> Un Comité de pilotage ;
> Un Conseil de l’économie circulaire ;
> Une Plateforme d’économie circulaire.
Le schéma ci-dessous illustre les interactions entre ces 3 organes.
Figure 3 : Gouvernance de la Stratégie de déploiement de l’économie circulaire
Gouvernement
Wallon
Conseil
de l’Economie
Circulaire
Comité de
pilotage
Cellule
de coordination
Communauté
des acteurs
publics
Communauté
des coordinateurs
des ‘Chaînes
de valeur’
Communautés/GT
thématiques
Plateforme Economie circulaire
99
V. Gouvernance
LE COMITÉ DE PILOTAGE
Le Comité de Pilotage, assisté d’une Cellule de
coordination, assure le suivi stratégique de la mise
en œuvre de la Stratégie, veille à la circulation de
l’information, la cohérence, et à la bonne coopéra -
tion des parties prenantes.
Le Comité de pilotage est un organe de décision
et de suivi stratégique qui se déclinera en Comité
de pilotage restreint et élargi. Le Comité de pilo -
tage sera élargi lorsque des points concernant les
compétences d’autres acteurs seront discutés, par
exemple avec le SPW Economie — Département de
la Recherche et du Développement Technologique,
les outils financiers de la Région, le SPW environ -
nement — Département du Sol et des Déchets, etc.
LE COMITÉ DE PILOTAGE
PRÉSIDENCE Le Vice-Président de la Wallonie et Ministre de l’Économie
SECRÉTARIAT Cellule de coordination - Direction du Développement Durable (SPW-SG) et Direction de la Politique Economique (SPW-
EER)
COMPOSITION
(Comité restreint)
Le cabinet du Ministre de l’Économie
Le cabinet de la Ministre de l’Emploi et de l’Économie sociale
Le cabinet de la Ministre de l’Environnement
À l’initiative d’un de ses membres, peuvent être invités des experts, des chefs de projets d’actions, etc.
COMPOSITION
(Comité élargi)
Le cabinet du Ministre de l’Économie
Le cabinet de la Ministre de l’Emploi et de l’Économie sociale
Le cabinet de la Ministre de l’Environnement
Les outils financiers régionaux (SRIW, SOWALFIN, W.Alter, cellule de veille de la SGOEPA)
La Cellule de coordination - Direction du Développement Durable (SPW-SG) et Direction de la Politique Economique
(SPW-EER)
Le SPW ARNE – Département du Sol et des Déchets
MISSIONS • Affecter les ressources pour la mise en œuvre de la stratégie •
• Décider des actions prioritaires et opérer les arbitrages nécessaires
• Piloter, orienter et soutenir la Plateforme d’Économie circulaire
• Valider les documents soumis à la Plateforme d’Économie Circulaire
• Superviser la mise en œuvre et le suivi de la Stratégie
• Prendre en compte les recommandations émises par le Conseil de l’économie circulaire
• Soumettre pour approbation au Gouvernement les propositions éventuelles de réorientation de la Stratégie
• Soumettre, pour approbation, au Gouvernement les nouvelles propositions d’actions
• Prendre acte des rapports de suivi produits par la Plateforme économie circulaire (GT transversal ou thématique ou
task forces)
• Rendre compte au Gouvernement de l’avancement de la mise en œuvre de la Stratégie (tableau de bord de suivi)
• Assurer une cohérence et une transversalité dans la gestion des budgets (planification, lancement d’appels d’offres,
• Coordonner les actions de la Stratégie avec les autres plans et stratégies de la Région
• Mettre en place des liens et synergies avec les stratégies en économie circulaire des Régions bruxelloise et flamande
et de l’Etat fédéral sur base des opportunités identifiées par la Plateforme d’Économie circulaire
• Valider les positions de la Wallonie au niveau national et international
• Préparer une évaluation à mi-parcours de la mise en œuvre de la Stratégie wallonne de déploiement de l’économie
circulaire en vue de la présenter au Gouvernement d’ici au 30 juin 2023
Le Comité de pilotage se réunit autant de fois que nécessaire et délèguera certaines tâches à travers un
mandat clair à la Cellule de coordination. Le Comité de pilotage élargi se réunit lorsque des questions en
lien avec le financement et l’accompagnement des entreprises sont discutées ou lorsque des questions en
lien avec des aspects réglementaires sont discutées, notamment.
100
V. Gouvernance
LA CELLULE DE COORDINATION
La Cellule de coordination est formée de la Direction du Développement Durable (SPW-SG) et de la
Direction de la Politique Economique (SPW-EER).
LA CELLULE DE COORDINATION
COMPOSITION Direction du Développement Durable (SPW-SG) et Direction de la Politique Economique (SPW-EER)
MISSIONS • Préalablement à toute réunion du Comité de pilotage, se coordonner avec le Département du Sol et des Déchets,
pour toute matière relevant du PWD-R et de la législation wallonne et européenne en matière de déchets, avant de
prendre des mesures et remonter des propositions au niveau du Comité de pilotage.
• Préparer les réunions du Comité de Pilotage
• Assurer le secrétariat du Comité de Pilotage, de la Plateforme d’Économie Circulaire et du Comité de coopération
• Superviser les actions d’animation et de communication envers les membres de la Plateforme
• Superviser, soutenir et coordonner les pilotes de projet dans la mise en œuvre des actions
• Réunir auprès des membres de la Plateforme les données nécessaires à la réalisation du tableau de bord, à la
réalisation de reportings et au monitoring d’indicateurs pertinents
• Rapporter au Comité de pilotage sur les éventuels points de blocage ou manquements dans la mise en œuvre des
actions
• Soumettre au Comité de Pilotage les nouvelles propositions d’actions
• Contribuer aux positions de la Wallonie au niveau national et international
• Contribuer à l’échange d’expériences avec les administrations en charge des stratégies en économie circulaire des
Régions bruxelloise et flamande et de l’Etat fédéral
LE CONSEIL DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
Ce Conseil a pour mission d’élaborer chaque année
des recommandations quant à la mise en œuvre
de la stratégie et à l’actualisation des feuilles de
route sectorielles. Etant composé d’experts issus du
monde entrepreneurial, académique et de la société
civile, il doit permettre d’apporter un regard externe
sur la Stratégie wallonne alimenté au travers d’avis
de personnalités ancrées dans la réalité de terrain,
et ainsi de veiller à ce que l’avancement des travaux
au sein de la Stratégie corresponde aux besoins des
acteurs de terrain.
Ce groupe agira à la fois :
> Comme un vigile du Gouvernement pour veiller
à ce que les travaux en matière d’économie circu-
laire avancent suffisamment rapidement ;
> Comme un garant que les actions et travaux
menés par les pouvoirs publics correspondent
aux besoins observés sur le terrain.
Ce Conseil remettra un avis global chaque année sur la mise en œuvre de la stratégie et pourra également
rédiger des avis d’opportunité de sa propre initiative.
Le Conseil est un organe indépendant.
LE CONSEIL DE L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
PRÉSIDENCE Un des membres
SECRÉTARIAT Cellule de coordination
COMPOSITION 6 à 10 personnes qui seront désignées par le Gouvernement wallon
Chaque membre est plus spécifiquement en charge d’un thème
• Veille à la pertinence et la cohérence des décisions prises et actions menées dans le cadre de la Stratégie
• Emet des avis et des recommandations au Gouvernement via le Ministre de l’Économie
• Identifie les enjeux majeurs liés à l’économie circulaire, identifie les pratiques internationales les plus pertinentes
et dégage les mécanismes vertueux à mettre en place pour stimuler l’économie circulaire en Wallonie.
V. Gouvernance
101
V. Gouvernance
LA PLATEFORME D’ÉCONOMIE CIRCULAIRE
La Plateforme d’Économie circulaire est un organe
participatif à configuration flexible. Elle vise à faci-
liter la collaboration entre les différentes parties
prenantes impliquées dans la mise en œuvre de la
Stratégie. Elle permet également de recueillir les
suggestions des parties prenantes afin notamment
d’améliorer la mise en œuvre de la stratégie.
Elle se réunit sous sa forme plénière au moins
une fois par an. Ce momentum annuel sera axé sur
les progrès, résultats et développements à venir. Il
pourra être ouvert à un public plus large, tels que
les citoyens ou autres acteurs intéressés par la tran-
sition vers une économie circulaire.
Dans l’intervalle, afin d’assurer une interaction et
une collaboration efficace entre les parties prenantes,
une plateforme collaborative virtuelle rattachée
au site web economiecirculaire.wallonie.be sera mise
en place. Plusieurs configurations sont possibles afin
de regrouper les acteurs autour de sujets communs,
notamment les acteurs publics (au niveau d’une
Communauté d’acteurs publics), les acteurs des 6
chaines de valeurs, les acteurs impliqués au niveau
de groupes de travail thématiques.
LA PLATEFORME
PRÉSIDENCE Vice-Président de la Wallonie et Ministre de l’Économie
SECRÉTARIAT & ANIMATION Cellule de coordination
COMPOSITION
(LISTE NON EXHAUSTIVE)
Les cabinets du Ministre de l’Économie, de la Ministre de l’Environnement, de la Ministre de l’Emploi et de
l’Économie sociale
Les membres de la plateforme intra-administrations mise en place lors de l’élaboration de la Stratégie
Les fédérations, notamment UWE, UCM, Agoria, Essencia, Fevia, Ressources, Denuo, FEB, EDORA, COPIDEC
Des acteurs associatifs, notamment IEW et Concertes
Des acteurs locaux, notamment UVCW, APW, Wallonie Développement, les ADT et les intercommunales
Des représentants de syndicats
Des représentants des travailleurs ainsi que d’entreprises déjà actives en économie circulaire
Les pôles de compétitivité et clusters concernés
La Plateforme se réunira en communautés / taskforces / groupes de travail afin de discuter de thématiques
spécifiques
MISSIONS • Permettre un échange d’informations entre les différents acteurs liés à l’économie circulaire et ainsi favoriser
le développement de synergies entre les parties prenantes
• Constituer des groupes de travail ou communautés pour la mise en œuvre de certaines actions de la Stratégie
qui nécessitent des collaborations étroites
• Contribuer à la collecte des données nécessaires à la réalisation du tableau de bord, à la réalisation de
reportings et au monitoring d’indicateurs pertinents
• Faire le suivi de la mise en œuvre de la Stratégie et faire remonter les difficultés de terrain
• Évaluer la mise en œuvre de la Stratégie et élaborer des propositions d’évolution
• Faciliter l’échange de bonnes pratiques
INTERACTIONS AVEC LE COMITÉ
DE PILOTAGE
La Plateforme d’Économie Circulaire fait des suggestions au Comité de pilotage
102
La communauté des acteurs publics est un organe de coordination créé au sein de la Plateforme d’Économie
Circulaire. Il rassemble les pouvoirs publics wallons concernés à divers titres par l’économie circulaire. La
mise en place d’un tel groupe est nécessaire étant donné les nombreux acteurs concernés par la mise en
œuvre de la Stratégie au sein des organisations publiques. La communauté se réunit au minimum deux
fois par an. Ces réunions permettront aux membres de se rencontrer et d’échanger (networking). La colla -
boration et l’échange d’informations en flux continu seront notamment assurés par l’utilisation d’outils
collaboratifs virtuels tels que Yammer et Teams.
COMMUNAUTÉ DES ACTEURS PUBLICS
PRÉSIDENCE ET SECRÉTARIAT Cellule de coordination
COMPOSITION AdN
AWAC
AWEX
FOREM
IFAPME
Les outils financiers régionaux (SRIW, SOWALFIN, W. Alter, SOGEPA, dont SPAQUE et cellule de veille)
SPGE
SPW – SG — Direction du développement durable
SPW —SG — Fonds structurels
SPW EER — Département de la Recherche et du Développement Technologique
SPW EER — Département de l’Emploi et de la formation professionnelle
SPW EER — Département de l’investissement
SPW EER — Département du développement économique
SPW EER — Département du développement économique, Direction de l’économie sociale
SPW ARNE — Département de l’environnement et de l’eau
SPW ARNE — Département de la nature et des forêts
SPW ARNE — Département du développement, de la ruralité, des cours d’eau et du bien-être animal
SPW ARNE — Département du sol et des déchets
SPW ARNE — Département de la politique européenne et des accords internationaux
SPW territoire logement patrimoine énergie — département énergie
SPW Mobilite et Infrastructure
SPW Budget, Logistique et Technologies de l'Information et de la Communication -Département des Technologies
de l'information et de la communication (TIC)
WBI
MISSIONS • Assurer une cohérence entre la Stratégie et les autres projets de leurs administrations respectives
• Favoriser le développement de synergies entre actions transversales et sectorielles
• Préparer les positions de la Wallonie au niveau belge et international
• Faire de nouvelles propositions en vue de faire évoluer la Stratégie
• Identifier les liens et synergies avec les stratégies en économie circulaire des Régions bruxelloise et flamande et
de l’Etat fédéral
INTERACTIONS AVEC LE COMITÉ
DE PILOTAGE
• La communauté des acteurs publics fait des propositions au Comité de pilotage
• La communauté des acteurs publics rapporte au Comité de pilotage notamment pour le suivi de la mise en œuvre
V. Gouvernance
103
DES GROUPES THÉMATIQUES
Des groupes composés des acteurs clés seront mis
en place afin d’une part, de soutenir la coordina -
tion dans l’identification des actions pertinentes
à mener pour l’évolution de la Stratégie et d’autre
part, dans la recherche de synergies et des besoins
de transversalité entre les thématiques. Ces groupes
permettront aussi d’optimiser la coordination de la
mise en œuvre des actions des différents axes de la
Stratégie.
Un dispositif efficace et collaboratif de soutien à
la mise en œuvre des actions sera développé par le
COPIL. Pour chaque action, un acteur pilote sera
identifié. Un degré d’autonomie est attendu de
ces pilotes pour la mise en œuvre de ces actions.
Des réunions semestrielles avec les pilotes des
projets seront notamment menées par la Cellule
de coordination en vue d’identifier les synergies
ou les besoins de transversalité des actions en
cours.
Au sein des groupes thématiques, il y a aura notam-
ment un groupe de travail d’identification et de
levée des barrières à l’économie circulaire ainsi
qu’un groupe de travail dédié au financement.
Une communauté rassemblant les entreprises
de la Région engagées dans l’économie circu -
laire sera mise en place. Cette communauté
d’entreprises motivées et innovantes sera un lieu
d’échanges et d’inspiration sur les bonnes pratiques
et solutions innovantes. Elle facilitera les parte -
nariats et symbioses. Les entreprises membres
pourront également faire remonter les barrières et
les opportunités pertinentes au développement de
l’économie circulaire en Wallonie.
Une approche qui favorise l’animation, la mobilisation, et le networking
La mise en œuvre de la Stratégie va impliquer
un nombre important d’acteurs, directement ou
indirectement. Un important travail de diffusion
d’informations, de transparence, de mutualisation
et de networking sera nécessaire. Les synergies avec
les organes de gouvernance de la S3 et des Alliances
Emploi-Environnement Construction durable et
Alimentation seront maximisées.
Plutôt qu’un processus administratif lourd, il
s’agira d’envisager comment des outils digitaux
collaboratifs souples et conviviaux peuvent être
mobilisés pour appuyer les acteurs dans ce travail
(ex : Groupes Yammer, Equipes Teams, plateforme
collaborative de gestion de projets avec visualisa -
tion des échéances, rôles de chacun).
La volonté est de mettre en place une dynamique
participative afin d’assurer une collaboration effi -
cace de l’ensemble des acteurs concernés par la
Stratégie. Pour qu’une telle gouvernance partici -
pative fonctionne de manière efficace et soit viable,
un cadre est nécessaire. Il sera défini en se basant
sur les valeurs que veut faire vivre cette Stratégie et
celles de chacune des parties prenantes. Ce travail
de définition des valeurs sera mené au sein d’un
groupe de travail émanant de la Plateforme d’Éco -
nomie Circulaire au début du processus de mise en
œuvre. Seront ainsi définis :
> Les valeurs (charte de la Plateforme) : c’est-à-dire
la manière dont chacun doit se comporter au sein
du groupe. Ces valeurs sont indispensables pour
entretenir de bonnes relations entre les membres
de la Plateforme et développer des méthodologies
de travail pertinentes.
> Le pourquoi : quel est l’intérêt pour chacun et
pour le groupe d’entretenir un tel comportement.
À côté des outils collaboratifs virtuels utilisés par
les acteurs de la Plateforme d’Économie Circulaire
pour faciliter la mise en œuvre de la Stratégie, les
actions de l’axe mobilisation de la Stratégie mettront
en place des dispositifs de communication élargie
à destination des membres de la Plateforme, mais
également de l’ensemble des acteurs régionaux et
du grand public, notamment :
> Un site internet relatif à la mise en œuvre de la
Stratégie (via economiecirculaire.wallonie.be) ;
> Des séminaires thématiques ;
> Une campagne d’information et de sensibilisa-
tions ;
> Un répertoire interactif des acteurs de l’éco -
nomie circulaire en Wallonie en lien avec le site
economiecirculaire.wallonie.be.
V. Gouvernance
104
Monitoring de la Stratégie et du déploiement de l’économie circulaire en Wallonie
72 https://doughnuteconomics.org/about-doughnut-economics.
Les objectifs stratégiques et opérationnels définis reflètent les ambitions de la Région wallonne présentée
plus haut dans le document. Dans certains secteurs, des indicateurs d’éco-efficience et de coût/efficacité
seront également définis.
Des indicateurs de réalisation des mesures, permettant d’assurer le suivi et l’évolution de la Stratégie
seront développés en partenariat avec les porteurs de projets.
Le suivi du déploiement de l’économie circulaire en Wallonie sera effectué au travers d’un tableau de bord.
Il est fait ici référence à la mesure 17 (mettre en place un tableau de bord de déploiement de l’économie
circulaire en Wallonie) de la Stratégie. Ce tableau de bord de l’économie circulaire mettra en lumière le
déploiement de l’économie circulaire en Wallonie en intégrant des éléments relatifs aux limites plané-
taires, à la logique des échelles de Lansink et de Moerman, aux impacts climatiques (en particulier
aux émissions de gaz à effet de serre) et à à l’équité sociale et de genre (cf. l’économie du Donut72).
105
GLOSSAIRE
Allongement de
la durée d’usage
Recours à la réparation, à la vente ou don d’occasion, ou à l’achat d’occasion dans le cadre
du réemploi ou de la réutilisation.
Approvisionnement
durable
Cela concerne le mode d’exploitation/extraction des ressources visant une exploitation
efficace des ressources en limitant les rebuts d’exploitation et en limitant l’impact sur
l’environnement, notamment dans l’exploitation des matières énergétiques et minérales
(mines et carrières) ou dans l’exploitation agricole et forestière tant pour les matières/
énergies renouvelables que non renouvelables
Biobasé Se dit d’un produit ou d’un matériau entièrement ou partiellement fabriqué à partir de matières
d’origine biologique.
Biodiversité Diversité des organismes vivants, qui s’apprécie en considérant la diversité des espèces,
celle des gènes au sein de chaque espèce, ainsi que l’organisation et la répartition des
écosystèmes.
Biomasse La biomasse est l’ensemble de la matière organique d’origine végétale ou animale. En effet,
les matières organiques peuvent devenir une source d’énergie inépuisable. Celle-ci est extraite
des matières organiques par combustion, méthanisation et autres transformations chimiques.
Boucle fermée Le(s) produit(s) et le(s) matériau(x) utilisé(s) dans une boucle fermée pour reproduire le(s)
même(s) produit(s)
Boucle ouverte Les matériaux servent dans plusieurs boucles consécutives afin de
constituer différents produits.
BREEAM Building Research Establishment’s Environmental Assessment Method est la méthode
d’évaluation environnementale des bâtiments la plus répandue dans le monde
(115.000 bâtiments certifiés et 700.000 enregistrés).
Circuits courts Mode de production et de commercialisation qui vise à rapprocher le producteur du
consommateur, et ce, dans tous les secteurs. Il s’agit donc de réduire le nombre
d’intermédiaires afin d’assurer un revenu équitable au producteur et renforcer les liens
sociaux. A travers la proximité géographique entre les acteurs, les circuits courts permettent
également de réduire les impacts environnementaux liés au transport.
106
Consommation
collaborative
Elle repose sur le partage ou l’échange entre particuliers de biens (voiture, logement,
parking, perceuse, etc.), de services (covoiturage, bricolage, etc.), ou de connaissances
(cours d’informatique, communautés d’apprentissage, etc.), avec échange monétaire
(vente, location, prestation de service) ou sans échange monétaire (dons, troc, volontariat),
parfois par l’intermédiaire d’une plateforme numérique de mise en relation.
Consommation
responsable
La consommation responsable doit conduire l’acheteur, qu’il soit acteur économique
(privé ou public) ou citoyen consommateur à effectuer son choix en prenant en compte les
impacts environnementaux à toutes les étapes du cycle de vie du produit (biens ou service).
Cycle de vie Le cycle de vie d'un produit prend en compte toutes les activités qui entrent en jeu dans
la fabrication, l'utilisation, le transport et l'élimination de ce produit. Le cycle de vie est
généralement illustré comme une série d'étapes, depuis la production (extraction et récolte
des matières premières) jusqu'à l’évacuation finale (élimination ou valorisation), en passant
par la fabrication, l'emballage, le transport, la consommation par les ménages et les
industries et le recyclage ou élimination. C'est la base de l'éco-conception
Déchet Toute substance ou tout objet dont le détenteur se défait ou dont il a l’intention ou l’obligation
de se défaire.
Economie biobasée L’économie biobasée renvoie à l’ensemble des activités de production et de transformation de
la biomasse en produits et matériaux biobasés et/ou en bioénergies. La bioéconomie est plus large
que l’économie biobasée : celle-ci inclut en plus la production alimentaire (humaine et animale).
La transition vers une économie biobasée doit être soutenue, plus particulièrement, si elle repose
sur un ou plusieurs piliers suivant :
(1) la substitution au carbone fossile ; (2) l’innovation dans les produits, process, fonctionnalités
et/ou application ; (3) l’intégration des filières les plus localement possible ; (4) la création
d’une nouvelle valeur ajoutée socio-économique sur du court, moyen ou long terme.
Echelle de Lansink Cette échelle présente de la sorte un cadre normatif pour juger l’efficience dans l’utilisation
des ressources : la réutilisation demande moins de ressources ou d’énergie que sa réparation,
de même que la réparation demande moins de ressources ou d’énergie que son recyclage.
Lorsqu’un produit ne peut plus être recyclé, il peut être incinéré pour valoriser son potentiel
énergétique. Tout au bas de l’échelle de Lansink se trouve finalement la mise en décharge,
soit l’étape ultime d’un déchet lorsque celui-ci ne peut plus du tout être valorisé.
Echelle de Moerman Il s’agit de la déclinaison pour les produits alimentaires de l’échelle générale de Lansink.
L’échelle de Moerman indique que l'ordre à préférer est d'abord la prévention puis les dons aux
banques alimentaires. Si le produit n’a pas pu être utilisé pour l’alimentation humaine, il vaut
alors mieux l’intégrer dans un circuit agricole (nourrissage d’animaux de rente, compostage).
Si ce n’est possible, alors la perte de nourriture doit en partie être compensée en valorisant au
mieux sa valeur énergétique (biométhanisation, incinération par récupération de chaleur)
Eco-conception Intégration systématique des aspects environnementaux dès la conception et le
développement de produits (biens et services, systèmes) avec pour objectif la réduction
des impacts environnementaux négatifs tout au long de leur cycle de vie à service rendu
équivalent ou supérieur. Cette approche dès l’amont d’un processus de conception vise à
trouver le meilleur équilibre entre les exigences, environnementales, sociales, techniques
et économiques dans la conception et le développement de produits
Economie de la
fonctionnalité
L’économie de fonctionnalité consiste en la substitution de la vente d’un produit par la vente
de l’usage. La valeur d’un produit pour le consommateur réside dans la fonction, donc les
bénéfices qu’il retire de son utilisation en réponse à son besoin, et non dans la possession
du produit en question.
Economie verte /
transition verte
L’économie verte regroupe deux types d’activités : des activités classiques réalisées avec
des procédés moins polluants ou moins consommateurs d’énergie, et les éco-activités,
dont la finalité est la protection de l’environnement ou la gestion des ressources naturelles.
Ces activités s’inscrivent dans un objectif de croissance verte : il s’agit de favoriser
un développement durable et soutenable sur le long terme. Cette démarche engage
la responsabilité sociétale des entreprises qui s’y réfèrent.
Métabolisme Ensemble de flux physiques qui convertissent des matières premières, de l’énergie et du
travail en produits finis et en déchets dans un état relatif d’équilibre
Magasin de seconde
main
Récupère les objets dont les utilisateurs souhaitent se libérer. Réparés, ils sont revendus
sans but lucratif, à prix réduit. Ces magasins contribuent ainsi à la réutilisation des
produits et sensibilise le public aux gestes écocitoyens de réduction des déchets (choix de
consommation, entretien des objets, produits de seconde vie, tri, etc.). Ils permettent de créer
des emplois et particulièrement de faciliter l’insertion de personnes en difficulté.
Métaux rares Métaux pouvant entrainer des impacts industriels ou économiques négatifs importants liés
à un approvisionnement difficile, sujet à des aléas. Dès 2008, la Commission européenne a
publié une liste de ces métaux dont la production est la quasi exclusivité de quelques pays :
Chine, Brésil, Afrique du Sud et Chili, pour ne citer que les principaux.
Obsolescence
programmée
Renvoie à un ensemble de techniques visant à diminuer la durée de vie des produits et,
par conséquent, à en accélérer le renouvellement.
Repair cafés Lieu d’échange et de partage du savoir pour apprendre à réparer et / ou à connaitre les gestes
qui permettent d’éviter la panne et d’allonger la vie des objets
Services
écosystémiques
Avantage matériel ou immatériel que l'homme retire des écosystèmes. Certains services
écosystémiques sont des avantages matériels liés à des processus naturels tels que la
production de biens directement consommables, l'autoépuration des eaux, la stabilisation
des sols ou la pollinisation ; d'autres sont des avantages immatériels, comme des activités
récréatives ou culturelles
Sous-produit Une substance ou un objet issu d’un processus de production dont le but premier n’est pas
la production de cette substance ou cet objet peut être considéré comme un sous-produit
et non comme un déchet
107
108
Stratégie de
spécialisation
intelligente (S3)
Approche de sélection d’une spécialisation dans des domaines ou secteurs technologiques
spécifiques, sur lesquels prioriser et concentrer les investissements, afin d’en optimiser les
retombées économiques. Elle est une condition ex-ante à l’obtention des fonds structurels
et d’investissement européens.
Symbiose industrielle La symbiose industrielle est une démarche opérationnelle qui s’inspire des écosystèmes naturels
pour tendre vers une gestion optimale des matières et de l’énergie. Elle constitue un mode
d'organisation inter-entreprises par des échanges de flux ou une mutualisation de besoins
Terres rares Métaux précieux utilisés dans les nouvelles technologies tels que les smartphones, tablettes,
voitures électriques, technologies médicales, panneaux photovoltaïques, éoliennes, etc.
Les besoins devant fortement augmenter à l’avenir mais les réserves étant limitées,
provoquant une flambée des prix sur les marchés et de vives tensions dans certaines
parties du globe, il devient stratégique pour les constructeurs et les Etats de sécuriser
les approvisionnements par la création de filière de recyclage ou de trouver des alternatives
Technology Readiness
Level
L'échelle TRL (en anglais technology readiness level, qui peut se traduire par niveau
de maturité technologique) est un système de mesure employé pour évaluer le niveau
de maturité d'une technologie (matériel, composants, périphériques, etc.), notamment
en vue de financer la recherche et son développement ou dans la perspective d'intégrer
cette technologie dans un système ou un sous-système opérationnel.
ACRONYMES
ACV Analyse du cycle de vie
ADT Agence de développement territorial
AFM Analyse des flux de matières
ATG Analyse thermogravimétrique
AWEX Agence Wallonne à l'exportation et aux investissements étrangers
CCTB Cahier des charges type Bâtiments
CDM Cité des métiers
CEFO Carrefour Emploi Formation
DEEE Déchets d’équipements électriques et électroniques
DIS Domaine d’innovation stratégique
DMC Consommation intérieure de matières
DMI Demande directe en matières
108
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DPR Déclaration de politique régionale
FEDER Fonds européen de développement régional
FOREM Office wallon de la formation professionnelle et de l’emploi
FRS-FNRS Fonds de la recherche scientifique
GE Grande entreprise
GES Gaz à effet de serre
IFAPME Institut wallon de Formation en Alternance et des indépendants et Petites et Moyennes Entreprises
IPCEI ou PIIEC Projet Important d'Intérêt Européen Commun
NCP National Contact Point
PIT Partenariat d’Innovation Technologique
PME Petite et moyenne entreprise
PWD-R Plan wallon des déchets-ressources
RDI Recherche, développement et innovation
S3 Stratégie de spécialisation intelligente
SPAQUE Société publique d'aide à la qualité de l'environnement
SPGE Société Publique de Gestion de l'Eau
SPW Service Public de Wallonie
SPW - EER Service Public de Wallonie -Economie Emploi Recherche
SPW ARNE Service Public de Wallonie - Agriculture, Ressources naturelles et Environnement
SPW-SG Service Public de Wallonie – Secrétariat général
STEP Station d’épuration
TPE Très petite entreprise
TRL Technology Readiness Level
UAP Unité d’Administration Publique
UE Union européenne
WBI Wallonie-Bruxelles International
110
Édité en 2021
SERVICE PUBLIC DE WALLONIE
Place Joséphine Charlotte, 2
B-5100 Jambes
N° entreprise : 0316381138
Dépôt légal : D/2019/11802/73
Éditeur responsable :
Sylvie MARIQUE, Secrétaire générale
La version numérique de la Stratégie est disponible en ligne :
economiecirculaire.wallonie.be
Plus d’informations sur le PWD-R :
SPW ARNE – Département du Sol et des Déchets
SPW Secrétariat général
Direction du développement durable
SPW Economie
Direction de la politique économique
CONTACT
Cellule de Coordination Circular Wallonia
economiecirculaire@spw.wallonie.be

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